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Pourquoi Latécoère s'empare de l'activité câblage de Bombardier Aviation

Rémi Amalvy , , , ,

Publié le

Latécoère et Bombardier ont signé un accord selon lequel le Français va acquérir les activités de connexion et de câblage électrique (EWIS) du Canadien, situées à Querétaro, au Mexique. Latécoère continuera de fournir à Bombardier les composants susmentionnés.

Pourquoi Latécoère s'empare de l'activité câblage de Bombardier Aviation
Le site de Querétaro (Mexique) du Canadien Bombardier.
© Bombardier

L'équipementier aéronautique français Latécoère va acquérir les activités liées systèmes d'interconnexion et de câblage électrique (EWIS) de Bombardier à Querétaro (Mexique), indiquent les industriels dans un communiqué commun du 31 décembre. La transaction "permet d'établir une relation de long terme avec Latécoère et participe à l'optimisation de Bombardier". Elle devrait être finalisée au cours du premier semestre 2020.

Selon un accord d'approvisionnement à long terme également conclu, Latécoère continuera de fournir, via le site, les systèmes EWIS à Bombardier, notamment pour ses avions Global, Challenger et Learjet. L'équipementier doit également verser à Bombardier 50 millions de dollars (environ 45 millions d'euros).

L'usine de Querétaro emploie 700 personnes pour la production des systèmes EWIS. L'activité représente actuellement un chiffre d'affaires annuel d'environ 80 millions de dollars (environ 71 millions d'euros).

Le recentrage de Bombardier sur l'aviation d'affaires

L'accord ne devrait pas avoir d'incidence sur le reste des activités de Bombardier à Querétaro, comme la production du fuselage arrière de la famille d'avions d'affaires Global, composant le plus complexe fabriqué au Mexique. Le Canadien précise que "la transaction vient soutenir (sa) transformation" et recentrer ses "priorités sur ses capacités de production clés".

Ces derniers mois, Bombardier a en effet choisi de se recentrer. Après avoir cédé, en l’espace d’un an, ses programmes de moyen-courriers CSeries à Airbus et de turbopropulseurs Q400 à De Havilland Aircraft of Canada (filiale de Longview Aviation), l’avionneur canadien a vendu cet été au japonais Mitsubishi Heavy Industries ses jets régionaux CRJ pour 550 millions de dollars. Reste pour Bombardier, qui tente par là de s’extirper d’une situation financière périlleuse, au-delà du ferroviaire, sa pépite aéronautique : sa gamme d’appareils dans l’aviation d’affaires, un marché dont il détient environ le tiers.

Latécoère passé sous pavillon américain

Le français Latécoère, de son côté, a récemment changé de mains. Depuis le 4 décembre, le fonds américain Searchlight détient 62,76 % du capital de l'entreprise. Le 21 novembre, 17 députés avaient pourtant interpellé Édouard Philippe pour s’inquiéter du futur passage de l’équipementier toulousain sous pavillon américain. "Notre autonomie repose sur notre aptitude à maîtriser des compétences scientifiques, technologiques et industrielles clés", arguaient-ils. Ils souhaitaient que l’État explore des "solutions alternatives".

L'opération était pourtant qualifiée d’amicale : le nouveau propriétaire soutient l’équipe dirigeante actuelle et appuie sa stratégie. Le fonds français de gestion d’actifs Tikehau Capital conserve 5 % du capital, et rien n’indique qu’il souhaite augmenter ses parts, malgré la pression de l’État.

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