Pourquoi la médecine personnalisée française patauge

Développer un traitement avec un test permettant de savoir s’il sera efficace chez le patient, c’est le concept de la médecine personnalisée. Mais ces tests et leurs médicaments ne sont toujours pas évalués ensemble… en France en tout cas.

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Pourquoi la médecine personnalisée française patauge

Il y a quelques jours, deux représentants des industriels de la santé avaient rendez-vous avec un responsable de l’État pour avancer sur les mesures du Comité de filière Santé décidées le 5 juillet. Parmi elles, le "théranostic". Un nom barbare pour désigner l’association d’un médicament et du test permettant de déterminer les patients "répondeurs" (les patients sur qui le traitement est efficace). La personnalisation de la thérapie, "c’est la médecine du futur", reconnaît Dominique Giorgi, le président du CEPS, l’autorité qui fixe le prix des médicaments remboursés.

Pourtant, le dossier traîne. Un calendrier sur le sujet est attendu pour décembre, un plan d’action pour juin 2014… Or le problème est double. Les tests permettant de diagnostiquer les patients répondeurs ne disposent toujours pas d’un examen par les autorités sanitaires commun avec les thérapies qu’ils ciblent. Et n’ont pas non plus de procédure de remboursement dédiée. Sortant de leur traditionnelle discrétion, les industriels du diagnostic in vitro, représentés par leur syndicat, le Sidiv, multiplient donc les démarches auprès des autorités pour faire reconnaître ces tests, appelés aussi "compagnons diagnostic".

Obtenir le remboursement de ces tests indispensables

C’est une nouveauté pour eux. Les prix de leurs produits, représentant 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2012 (800 millions vendus aux laboratoires d’analyse médicale privés, 600 millions auprès des hôpitaux), sont généralement négociés directement avec leurs clients, sauf les tests de contrôle du diabète, les seuls à être remboursés. "Nous ne demandons pas une autorisation de mise sur le marché comme pour les médicaments, car ce serait trop lourd pour nos petites entreprises et dans un secteur aussi concurrentiel, où 25 fabricants peuvent proposer le même test", explique Yves Quinchard, le président du Sidiv et directeur des achats de Bio-Rad, un groupe américain qui a repris en 1999 l’activité diagnostic du français Sanofi Pasteur.

"Nous souhaitons simplement que ces tests soient valorisés par le remboursement pour obtenir un retour sur investissement de notre R&D, car en terme de volumes, nous réaliserons toujours plus de dépistages du HIV que de tests de médecine personnalisée !", précise Elisabeth Campagne, la déléguée générale du Sidiv. "Il faut que nous définissions la bonne procédure pour que le test compagnon soit agréé, tarifé, et qu’il arrive dans des délais compatibles à celui du médicament ", reconnaît Dominique Giorgi. Car les innovations des industriels sont prêtes, comme celles du français bioMérieux. Parmi les six grands acteurs mondiaux du diagnostic, il travaille notamment avec le laboratoire pharmaceutique anglais GSK pour détecter des mutations et mieux traiter certains cancers.

Gaëlle Fleitour

1 Commentaire

Pourquoi la médecine personnalisée française patauge

Philippe
19/11/2013 19h:10

Il est dommage que l'Usine Nouvelle ne s'intéresse qu'aux grands groupes car AB Science et Skuldtech ont déposé une demande d'AMM dans le cancer du pancréas auprès de l'Agence Européenne du Médicament dans laquelle sont associés le masitinib d'AB Science et les marqueurs (le diagnostic) de Skuldtech. Pour plus d'information: http://www.skuldtech.com/121106_Skuldtech_FR.pdf La réponse de l'EMA concernant cette demande est attendue début 2014.

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