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L'Usine Santé

Pourquoi la France va dégringoler à la 8ème place dans la pharma d’ici à 2020

Gaëlle Fleitour

Publié le

Il est encore le cinquième mondial. Mais le marché pharmaceutique français devrait s'effondrer à la huitième place en 2020, selon le cabinet d’étude IMS Health. Tandis que les débats sur les prix des médicaments vont se poursuivre.

Le mouvement semble inéluctable. Depuis plusieurs années, notre marché pharmaceutique décroche. A tel point qu’en 2020, l’Hexagone, qui occupe aujourd’hui le cinquième rang mondial, devrait dégringoler à la huitième place. Dépassé par le Brésil, le Royaume-Uni et l’Italie, selon les prévisions de l’étude Intelligence.360 du cabinet IMS Health, dévoilée ce mercredi 30 mars.

Doublement de la croissance du marché mondial d'ici cinq ans

Rien qu’en 2015, la France a enregistré une chute de 1,1 % des ventes de médicaments remboursables. A contrario, le marché pharmaceutique mondial progressait de de 8,9 %, atteignant 1 069 milliards de dollars. "D’ici à 2020, il devrait s’accroître de 350 milliards de dollars, soit quasiment le double de la croissance observée sur les cinq dernières années, du fait de l’introduction de nouveaux produits de marque dans les pays matures", observe Vincent Bildstein, le président d’IMS Health France. La croissance en volume sera plutôt tirée par les pays émergents, mais les Etats-Unis s’octroieront toujours 41 % du marché, contre 13% pour le top 5 européen (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Espagne) et 11% pour la Chine.  

Problème, le marché français, lui, devrait quasiment stagner. Une situation inquiétante mais qui ne surprend plus, après plusieurs années de récession durant lesquelles les cessions d’usines et les plans sociaux se sont enchaînés dans le secteur, qui détruit désormais plus d’emplois qu’il n’en crée.

"Il y a un problème d’adaptation de l'industrie à un marché français qui a changé de modèle, estime Stéphane Sclison, directeur de la stratégie d’IMS Health France interrogé par L’Usine Nouvelle. Il y a dix ans, l’accès au marché était plus facile, notamment pour les médicaments remboursables, l’effet demande (les volumes) était plus important, et il y avait une relative sécurité des prix."

Un marché contrasté dans l’Hexagone En 2015, les ventes de médicaments en pharmacies ont atteint 19,5 milliards d’euros en France, en recul de 0,87 %, selon IMS Health. Les produits remboursables dégringolant de 1,1% sous l’impact de fortes baisses de prix (dans le cardiovasculaire et le système nerveux). Les médicaments non remboursables, eux, ont progressé de 2,3%. Et les ventes en pharmacies de produits sans ordonnance – en particulier les dispositifs médicaux et compléments alimentaires – ont crû d’environ 1%. De son côté, le marché des médicaments vendus à l’hôpital a retrouvé un rythme de croissance de +2 à +3 % en valeur, atteignant 7,1 milliards d’euros en prix réels.

225 nouvelles molécules entre 2016 et 2020

Ces derniers sont régulièrement baissés par les gouvernements successifs pour alléger les dépenses de la Sécurité Sociale. Et alors qu’environ 500 millions d’euros étaient consacrés aux innovations et nouveaux produits remboursables il y a une décennie, ce montant n'est plus que de 200 millions aujourd’hui, les pouvoirs publics veillant en priorité à assurer un accès à la santé à tous dans l’Hexagone.

Sur un marché mondial confronté aux pertes de brevets de médicaments - avec 190 milliards de dollars de chiffre d’affaires concernés dans les cinq ans, selon IMS Health -, les laboratoires pharmaceutiques ripostent en lançant de nouveaux traitements, en particulier dans les domaines du cancer, du diabète, et des maladies rares.

Ainsi, 225 nouvelles molécules sont attendues entre 2016 et 2020, contre 184 entre 2011 et 2015. Problème, beaucoup seront des thérapies ciblées, certes innovantes mais dédiées à des nombres réduits de patients. Or "leur développement s’effectue de manière classique, entraînant des coûts élevés tendant à accroître leur prix", reconnaît le cabinet.

L'appel de François Hollande contre les médicaments onéreux

D’où l’appel, le 23 mars, de François Hollande à "lutter contre l'inflation des prix des médicaments et permettre qu'il y ait une régulation au plan international pour que nous puissions assurer l'accès aux soins et faire en sorte que chacun puisse bénéficier des médicaments, y compris des thérapies les plus coûteuses". Une cause qu’il entend bien défendre devant le G7 en juin, puis le G20 en septembre. Dans l’Hexagone, la fixation des règles de remboursement des médicaments onéreux pour l’hôpital, publiées le 25 mars, a déjà suscité l’ire du secteur pharmaceutique.

Comment débloquer la situation ? Stéphane Sclison prône une "réflexion sur la façon dont on paye l’innovation". Avec, pourquoi pas, l’étalement du paiement sur plusieurs années, en parallèle d’une réforme en profondeur de l’organisation des soins. Déjà, le concept du "satisfait de l’efficacité ou remboursé" pour les produits de santé a fait son apparition dans l’Hexagone. Signe d’une nouvelle ère.

Gaëlle Fleitour

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1 commentaire

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30/03/2016 - 14h00 -

Après lecture de l'article j'ai le sentiment que l'auteur de l'article s'inquiète plus de la vente de médicaments sur le marché intérieur que des performances de notre industrie nationale. Est-ce un mal que la consommation de médicament stagne en France tout en restant performant dans son outil industriel mondial via Sanofi ?
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