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L'Usine de l'Energie

Quelles raffineries seront bloquées par la FNSEA du 10 au 13 juin

Sybille Aoudjhane , , ,

Publié le , mis à jour le 11/06/2018 À 15H00

Les Jeunes Agriculteurs et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles s'opposent à l'autorisation donnée à Total d'exploiter sa bioraffinerie à La Mède (Bouches-du-Rhône). Ils vont bloquer des raffineries françaises du 10 au 13 juin 2018. Patrick Pouyanné, PDG de Total, a précisé que le lancement du site était maintenu.

Quelles raffineries seront bloquées par la FNSEA du 10 au 13 juin
La Mède produira 500 000 tonnes de biodiesel par an.
© Total

L’autorisation de l’exploitation de la future bioraffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône) par le ministère de la Transition écologique, excède les différents syndicats d’agriculteurs. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs ont prévu de bloquer plusieurs raffineries dimanche 10 juin pour protester contre l'importation d'huile de palme par le site provençal. "Plusieurs sites stratégiques du pays seront bloqués comme des raffineries", explique Samuel Vandaele, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs, via des engins et tracteurs. Cette "opération coup de poing" durera trois jours, assurent-ils.

Le nombre et la localisation des sites ont été dévoilés le 7 juin dans cette carte diffusée par la FNSEA:

Côté raffineurs, l’Union française des industries pétrolières (UFIP), interrogée par L'Usine Nouvelle le 1er juin, ne savait pas encore à quoi s'attendre. L’objectif est d’"anticiper pour que les consommateurs ne se trouvent pas face à une pénurie en veillant à ce que les stations soient le mieux approvisionner", explique l’UFIP. De peur de manquer de carburant, les consommateurs pourraient s’approvisionner plus souvent que d’habitude et cela provoque des pénuries. Les groupes pétroliers se préparent en "veillant à la sécurité de leurs infrastructures", ajoute l’UFIP. Total précise dans un communiqué du 11 juin qu'un système de télémétrie installé dans les cuves permet de remplir celles à faible taux de remplissage. L'entreprise "recommande à ses clients de conserver leurs habitudes de consommation de carburant."

L'autorisation du démarrage de la bioraffinerie de La Mède a jeté de l'huile (de palme) sur le feu. "Nous faisons de véritables efforts de montée en gamme de nos produits pour qu’ils soient plus vertueux, respectueux de l’environnement.", ajoute Samuel Vandaele. "Ils vont chercher des produits qui n’ont pas les mêmes normes que les produits français, alors que nous avons assez de colza et de tournesol sur le territoire pour fournir les raffineurs. C’est de la valeur non créée", fustige le syndicaliste, céréalier en Seine-et-Marne. Les syndicats qualifient cette décision de "véritable non-sens économique et écologique".

La Mède produira 500 000 tonnes de biodiesel par an

L’autorisation du ministère permet à Total d’utiliser 450 000 tonnes d’huiles végétales brutes pour son approvisionnement pour une capacité de traitement annuel de 650 000 tonnes. Le raffineur précise qu’il "prend l’engagement de limiter l’approvisionnement en huile de palme brute à un volume inférieur à 50 % des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site, soit au plus 300 000 tonnes par an." Et d’ajouter : "Total a mis en place une équipe dédiée qui s’assurera du respect par l’ensemble de la chaine logistique des critères de durabilité, et en particulier que l’approvisionnement soit issu de producteurs certifiés Roundtable on Sustainable Palm Oil". Total est bien obligé d’anticiper une interdiction progressive de l’huile de palme que l’Europe voudrait faire passer d’ici 2021.

Par ailleurs, Patrick Pouyanné, PDG de Total, a annoncé que 50 000 tonnes de colza par an proviendront d’agriculteurs français. "On fait des efforts et franchement ces 50 000 tonnes ne sont pas les plus rentables du mix", ajoute-il. Pour le PDG, le lancement de La Mède est confirmé. Les blocages ne bloqueront pas le calendrier comme le précise Reuters : "Patrick Pouyanné a ajouté que le projet de lancer ce site de production de biocarburants juste après les vacances d'été, vers le début septembre, était maintenu en dépit de l'appel au blocage", indique le média. 

"Je défendrai ce dossier. On a fait un dossier exemplaire où, partant d'une activité déficitaire, pour préserver l'emploi en France, on a investi 275 millions d'euros pour faire cette bioraffinerie", a-t-il dit selon l'agence de presse. Pour l’entreprise, cette production de biodiesel permet de remplacer la part produite à l’étranger et importée en France : sur les 3 millions de tonnes de biodiesel consommées en France, un quart, soit 900 000 tonnes sont fabriquées à l’étranger de produits étrangers. "Avec notre production de 500 000 tonnes, nous ne venons pas concurrencer les filières agricoles mais remplacer une production étrangère par une production française", argumente Total.

Nicolas Hulot a déjà indiqué, dans ce dossier, avoir "veillé à ce que l’arrêté d’autorisation prévoit bien l’obligation d’utiliser des huiles répondant aux critères de durabilité fixés par la Commission européenne, afin de s’assurer que la production des biocarburants ne se fera pas au détriment de la biodiversité et de la protection de l’environnement".

La plateforme de La Mède produira 500 000 tonnes de biodiesel par an et emploiera à terme 250 collaborateurs. Elle se trouve sur un site où sont aussi construits un dépôt pétrolier, un centre de formation, une ferme solaire et une unité de production de réduction des émissions d’oxyde d’azote des poids-lourds.

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3 commentaires

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07/06/2018 - 10h12 -

et le prix ???? en Espagne 0.93 le gasoil en France : 1.51 !!!!! Nos voitures sont toutes hybrides 32 % de carburant et 68 % de taxes !!!! bloquez loooooooooooongtemps, ils auront trop de stock et les prix baisseront car les commandes planifiées arriveront !!!!
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04/06/2018 - 08h57 -

Voilà encore une fois la preuve que les industries mondialisées n'apportent rien de bon ni aux pays qu'elles exploitent ,ni aux pays ou elles vendent ! Parce que passer du pétrole à l'huile de palme rajoute en plus de l'exploitation à outrance des sols toutes les opérations nécessaires à la production et protection des cultures sans pour autant éviter les combustions néfastes au climat qu'il faudra rajouter au transport.
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02/06/2018 - 05h41 -

Se fournir en huile labellisée est juste du green washing. Ca augmente de toute façon la pression sur la ressource et qui dit demande accrue dit prix qui augmente et donc encore plus de culture et donc de déforestation
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