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L'Usine de l'Energie

Pourquoi la fermeture de Fessenheim doit être exemplaire pour l'Etat comme pour EDF

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Analyse Sébastien Lecornu, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, est en Alsace ce jeudi 18 janvier pour installer un "comité de pilotage" sur la reconversion de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Il a un an pour éviter un désastre économique et social, et servir d’exemple.

Pourquoi la fermeture de Fessenheim doit être exemplaire pour l'Etat comme pour EDF © Florival fr - Wikimedia commons - c.c.

La réduction à 50 % du nucléaire dans le mix électrique français va entraîner la fermeture de 9 à 16 réacteurs, selon les scénarios du bilan prévisionnel de RTE retenus pour la préparation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2019-2023 en préparation.

La fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), calée sur la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) prévue pour fin 2018, sera donc suivie par d’autres arrêts définitifs. Et si l’échéance de 2025 a été repoussée pour achever cette transition énergétique en faveur des énergies renouvelables, la réussite de la reconversion du site, du transfert des effectifs (850 salariés et 350 intervenants extérieurs) et le renouveau de tout le tissu économique de la région va donc servir de modèle. La méthode se doit donc d’être exemplaire.

Après avoir réuni les élus de la région en novembre 2017, le secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu s’est rendu sur place le 18 janvier pour installer un comité de pilotage. Il doit rester deux jours en Alsace et un troisième jour en Allemagne, qui est aussi concernée par la fermeture de la centrale. Charge à ce comité de trouver des compensations financières aux 15 millions d'euros de recettes fiscales annuelles perçues par les collectivités locales et de trouver des solutions pour recréer près de 2000 emplois.

Réussir la reconversion industrielle

Et il y a tout à faire. Car les pistes de reconversion un temps évoquées, comme l’installation d'une usine de voitures électriques de l'américain Tesla ou d’une usine de batteries, semblent abandonnées. Quant à la création d'un site pilote de démantèlement de centrales, Jean-Bernard Levy, le PDG, a expliqué dans un entretien accordé à L’Usine Nouvelle, que "la tête de série c’est Chooz A". Et  de toute façon, "compte tenu des procédures administratives, il faut de l’ordre de cinq ans avant de pouvoir lancer la déconstruction effective d’une centrale nucléaire".

De plus, le gouvernement ayant, dans sa communication sur la transition énergétique du 7 novembre en Conseil des ministres, abandonné l’option de construire de nouvelles centrales combiné gaz, les options de reconversion industrielles dans l'énergie se réduisent comme peau de chagrin. Reste l’option d’une ferme solaire, qui pourrait s’inscrire dans le grand plan annoncé par EDF, et qui vise à installer 30 GW en France entre 2020 et 2035. EDF a d’ailleurs indiqué qu’il pourrait utiliser son foncier, notamment celui des centrales nucléaires. Mais une centrale solaire ne fournira jamais 2000 emplois.

Des mesures d'accompagnement à trouver

En Interne EDF en est bien conscient. Mais l’énergéticien français, qui vient déjà de fermer ses centrales à fioul en France, n’a plus beaucoup d’options de reconversion en interne. Il s'y attèle quand même. "L’accompagnement des ressources humaines et sociales débute à l’occasion des entretiens professionnels début 2018, expliquait à L’Usine Nouvelle Hervé Desbrosses, délégué syndical central CFE-CGC d’EDF, en novembre dernier. Il y a un questionnaire, vu par les organisations syndicales, pour que les salariés puissent se positionner sur leur perspective à l'horizon de 2 ans." Plusieurs cas de figure sont prévus : changer de métier, partir, rester après la fermeture… Mais les mesures d’accompagnement sont encore en discussion. "On est contre la fermeture, rappelle le syndicaliste. Mais dès lors qu’elle est entérinée, il faut que l’on commence à discuter."

Plus veille centrale nucléaire de France en activité, en exploitation depuis 1978, Fessenheim est devenue un symbole politique et écologique. Située sur une zone sismique, avec son réacteur 2 à l’arrêt depuis 2014 et le 1 à l'arret depuis des mois, elle est la cible régulière des écologistes. Sa fermeture décidée en 2012 par le président François Hollande est devenue un marqueur de la politique énergétique du pays et de toutes ses contradictions.

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