Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Pourquoi l'union d'UTC et Rockwell va bouleverser tout le secteur aéronautique

Olivier James , , , ,

Publié le

Le conglomérat américain UTC s’apprête à s’emparer de l’équipementier aéronautique Rockwell Collins. Une opération qui bouscule Airbus et Boeing, mais aussi le nouvel ensemble Safran-Zodiac.

Pourquoi l'union d'UTC et Rockwell va bouleverser tout le secteur aéronautique © rockwell collins - DR

C’est une mauvaise nouvelle pour Airbus, Safran et aussi Thales. Tout le monde a été pris de court". L’expert aéronautique ne mâche pas ses mots : l’acquisition imminente de l’équipementier aéronautique américain Rockwell Collins par son compatriote United Technologies Corp. (UTC) pour 20 milliards de dollars sonne comme un coup de tonnerre dans le secteur. Révélée par le Wall Street Journal, l’opération donnerait naissance à un géant au chiffre d’affaires de plus de 65 milliards de dollars. Inférieur au numéro un mondial Boeing (94,6 milliards de dollars en 2016), mais très proche du numéro deux Airbus (67 milliards d’euros en 2016) dont il pourrait ravir la place. Les dirigeants d’UTC et de Rockwell Collins devraient prochainement trouver un accord.

A la recherche de la valeur ajoutée

Au-delà des chiffres, cette acquisition s’inscrit dans une période marquée par de fortes consolidations pour le secteur aéronautique. UTC s’empare de Rockwell Collins alors même que ce dernier a fait l’acquisition – finalisée en avril 2017 – de B/E Aerospace. Un jeu de poupées gigognes qui fait aujourd’hui jaillir un acteur incontournable de l’aéronautique : avec les équipements de la cabine issus de B/E, l’avionique de Rockwell, les moteurs de Pratt & Whitney (qui appartient déjà à UTC) sans oublier les trains d’atterrissage et les roues de Goodrich (racheté en 2011 par UTC), le conglomérat américain possède désormais toutes les pièces nécessaires pour produire un avion.

De quoi faire de l’ombre à l’autre opération qui a marqué le secteur aéronautique en 2017 : le rapprochement des français Safran et Zodiac – acté en juin et constituant un groupe de 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires –, mû par cette même volonté de proposer aux grands avionneurs et aux compagnies aériennes une offre intégrée. Mais le périmètre UTC-Rockwell Collins est plus vaste : son équivalent français serait formé de Safran, de Zodiac, mais aussi de Thales. "A l’image des équipementiers dans le secteur automobile, ces industriels ont compris que la valeur ajoutée dans le secteur aéronautique se concentre de plus en plus dans les équipements de l’avion", résume Philippe Plouvier, consultant au sein du cabinet en stratégies Boston Consulting Group (BCG).

Un rapport de force de plus en plus tendu

Rude constat pour Airbus et Boeing : les principaux terrains d’innovation que sont les moteurs, l’avionique et la cabine leur échappent, désormais aux mains des nouveaux géants que sont UTC-Rockwell et Safran-Zodiac. Avec pour corollaire des équipementiers de rang un qui crèvent le plafond de la profitabilité – entre 10 et 15%, voire plus, pour la plupart d’entre eux – quand un Airbus reste loin de son objectif de 10% avec ses 6% de rentabilité opérationnelle enregistrée en 2016. Ce qui explique la multiplication des initiatives dans les équipements et les services de la part d’Airbus mais aussi de Boeing ces derniers mois.

Deuxième conséquence de ces rapprochements entre équipementiers : le rapport de force commercial promet de se tendre avec les avionneurs, qui cherchent chaque année à réduire les prix. "Les négociations vont peut-être devenir plus dures, prédit Jérôme Bouchard, associé aéronautique au sein du cabinet Oliver Wyman. Mais d’un autre côté, l’effet volume pourrait compenser cette baisse". Et l’expert de tempérer l’impact de l’acquisition de Rockwell par UTC. "Il faut attendre de connaître la nature de la stratégie produits du nouveau groupe pour déterminer l’impact sur les avionneurs et les compagnies aériennes. L’opération devrait quoi qu’il en soit pousser Safran et Zodiac à sortir de la phase d’alignement des gouvernances et d’atteindre une performance opérationnelle plus importante".

Réagir à cet article

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle