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Pourquoi l’opérateur SES opte pour Boeing et boude Thales

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L'opérateur luxembourgeois a sélectionné le constructeur américain pour fabriquer ses sept prochains satellites Internet haut débit. Un échec pour Thales Alenia Space, fournisseur historique de SES.

Pourquoi l’opérateur SES opte pour Boeing et boude Thales
En orbite à 8000 Km d'altitude, chaque satellite est capable d'offrir jusqu'à 4000 connexions Internet haut débit.
© DR

Boeing vient de frapper un grand coup. Il livrera la prochaine constellation de satellites à l’opérateur luxembourgeois de services de télécommunications SES. Soit sept satellites positionnés en orbite moyenne (à environ 8000 km d’altitude) livrés à partir de 2021. Le contrat, dont le montant n’a pas été dévoilé, a été officialisé le 11 septembre en marge de la World Satellite Business Week qui réunit à Paris plus d’un millier d’experts de l’industrie spatiale. Un échec pour Thales Alenia Space qui avait été sélectionné pour livrer les 20 premiers satellites de cette constellation dont 12 sont déjà en orbite.

Ces satellites apporteront des services de connexion Internet haut débit aux compagnies aériennes et maritimes mais également aux opérateurs de téléphonie mobile qui commencent à déployer leurs réseaux 5G. Le géant américain s’impose donc comme une source alternative pour la construction de la constellation O3B mPower capable de fournir plusieurs Terabits vers les réseaux terrestres. 

4000 faisceaux différents

Ce contrat faisait saliver toute la concurrence, le marché subissant un fort ralentissement. Seulement une poignée de satellites de télécommunications ont été commandés depuis le début de l’année contre une vingtaine en année moyenne. SES indique avoir privilégié l’offre de Boeing car elle prenait en compte la globalité de ses besoins. Boeing a placé la barre très haut avec sa dernière technologie.

Grace à la miniaturisation de l’électronique embarquée, son satellite est capable de générer 4000 faisceaux différents (contre seulement 200 pour la génération O3b précédente) soit autant de connexions haut débit à répartir dynamiquement auprès des clients. "Nous étions à la recherche d’une solution qui nous apporte le plus de flexibilité possible pour délivrer notre bande passante à très haut débit en fonction des zones géographiques et des besoins de nos clients qui peuvent varier fortement dans le temps", a expliqué Karim Michel Sabbagh, PDG de SES.

Deuxième echec pour Thales Alenia Space

Thales Alenia Space, qui avait été short-listé durant l’appel d’offres, reconnaît sa déception. "Nous sommes déçus car nous étions sur les rangs depuis le début du projet et nous avons produit un maximum d’efforts pour le remporter", indique une source chez le fournisseur. En marge de la conférence de presse, Boeing a démenti que son offre comportait une garantie d’achat de capacités satellitaires de sa part ou de la part de clients institutionnels américains à son client SES.

Après s’être imposé comme le champion des constellations en décrochant les premiers grands contrats (O3B, Iridium et Leosat), Thales Alenia Space voit lui échapper une nouvelle opportunité après le contrat géant de 900 mini satellites décroché en 2015 par le groupe Airbus auprès du client OneWeb. La guerre des constellations sera acharnée.

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