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Pourquoi l'invasion des trottinettes électriques en libre service n’aura pas forcément lieu

Gaëlle Fleitour ,

Publié le , mis à jour le 03/07/2018 À 09H56

Vidéo Elle a, selon ses promoteurs, conquis les Etats-Unis. Et, révèle le Financial Times, la maison-mère de Google Alphabet aurait investi 300 millions de dollars dans une des start-up les plus prometteuses du secteur, Lime. Pourtant, l’arrivée de la trottinette électrique en libre-service en France n’est ni une première, ni un succès garanti d’avance.

Pourquoi l'invasion des trottinettes électriques en libre service n’aura pas forcément lieu
L’entreprise californienne Lime a débarqué en France avec ses trottinettes électriques en "free floating"
© LimeBike

Vous n’avez pas pu échapper à cette information (notamment si vous vivez à Paris ou à proximité). Vendredi 22 juin, l’entreprise californienne Lime a débarqué en France, avec ses trottinettes électriques en "free floating" - comprenez sans station et borne d’attache, à l’instar de ce qui se pratique déjà pour certains vélos et scooters électriques - et donc laissées sur le trottoir une fois arrivé à destination.

Une première en France ? Pas vraiment. Des trottinettes électriques en libre-service avaient déjà été lancées au Mans, en mars 2017, dans le cadre d’une expérimentation de quelques mois, après avoir été testées lors des 24 heures du Mans par des écuries automobiles, relatait Ouest-France à l’époque. La start-up aux manettes, SophieTrot, cofondée par un Polytechnicien, avait ensuite présenté ses produits (rechargeables automatiquement une fois rangés dans leurs casiers) au Salon Autonomy 2017 du Mans. Echangeant avec Angers, Le Havre ou encore La Rochelle pour prendre le relais. A Montpellier, c’est le promoteur immobilier nîmois Tissot, qui s’est lancé dans la trottinette en libre-service.

(Crédit: SophieTrot)

Plusieurs projets concurrents ou en gestation

A Valbonne, l’entreprise Clean Energy Planet - qui conçoit des stations de charge et sécurisation automatiques pour vélos et véhicules électriques en libre-service – s’est associée pour sa part en janvier dernier à AirLab, spécialiste français de la trottinette électrique. Un projet démarré en 2016, pour déboucher vers un démonstrateur associant sa solution libre-service à tous types d’engins à deux roues. Chez Transdev Grand Est aussi, on dit "travailler sur de nouvelles opportunités de transports doux comme la trottinette électrique".

Elles ne sont pas électriques… Mais l’an dernier, la start-up strasbourgeoise Knot avait déployé une quarantaine de trottinettes en libre-service à Montrouge et Châtillon, deux communes des Hauts-de-Seine. Une expérimentation menée durant l'été, dans le cadre d'un appel à projets lancé par la Société du Grand Paris et le Syndicat des transports d'Ile-de-France. A l’instar du système du Velib’, ces trottinettes doivent être empruntées et ramenées à des bornes fixes, localisables à partir d'une application mobile. Après que la start-up ait revu les composants de la trottinette, en particulier les freins, et résolu quelques bugs, une offre a récemment été lancée dans deux villes: Saint-Denis, aux portes de Paris, et Colmar (Haut Rhin).

De coûteuses contraintes… comme la maintenance

Mode de transport respectueux de la planète, peu onéreux, adapté à de courts trajets, flexible, alternative à des transports en commun engorgés dans les grandes villes… La trottinette en libre-service semble, sur le papier, disposer d’un gigantesque potentiel de marché dans l’Hexagone. Mais la partie est loin d’être gagnée pour autant pour les entreprises qui se lancent.

Car elles ont souvent tendance à sous-estimer les coûts de la maintenance liée aux fortes dégradations des appareils, qui a notamment récemment fait abandonner au chinois Gobee.bike son offre de vélos en free-floating en France. Et causé de nombreuses difficultés aux opérateurs du Vélib’ à Paris. Qui dit électrique, dit aussi mode de recharge bien pensé, électrifié, avec des stations suffisamment proches les unes des autres. Ou, si l’on parle de libre-service, d’employés s’occupant de ramener les équipements à bon port.

Des contraintes qui devront être prises en compte dans le modèle économique de Lime, qui se targue "du soutien des plus grands investisseurs de la Silicon Valley qui ont investi plus de 350 millions de dollars en un an", et d’employer "à ce jour plus de 200 personnes à travers le monde, dont une quarantaine de salariés et de partenaires en France".

La fronde anti-trottinette monte outre-Atlantique

Mais même aux Etats-Unis, où Lime s’est implanté dans une soixantaine de villes et campus, la fronde gronde. Plusieurs villes ont ainsi pris des mesures pour lutter contre les trottinettes électriques abandonnées en plein milieu des trottoirs, exaspérant les riverains, ou dangereuses pour les piétons. Début juin, Lime et ses concurrents Bird et Spin ont même vus leurs dispositifs de location interdits à San Francisco, en attendant l’obtention d’un permis lié au respect de règles de bonne conduite.

(Crédit: Salomé, blogueuse française testant le concurrent Bird en Californie)

"Nous avons travaillé en amont sur les solutions à apporter pour pallier aux problématiques de recharge, d’encombrement des trottoirs et de dégradations des trottinettes. Les collecter chaque soir nous permet de proposer des engins en parfait état de marche et non abîmés. A ce jour, nous sommes les seuls acteurs du free floating à être en mesure de proposer cela", estime pour sa part Arthur-Louis Jacquier, le directeur général de Lime France, qui dit par ailleurs avoir rencontré les représentants de la Mairie de Paris avant le lancement. La Loi d’orientation des mobilités (LOM), qui sera présentée au Parlement à la rentrée, pourrait néanmoins mettre de l’ordre dans toutes ces initiatives.

Pour ceux qui s’intéressent à Lime, le concept est simple : installer sur son smartphone l’application mobile, qui permet de visualiser les trottinettes disponible, les bloquer ou débloquer, contrôler le niveau de la batterie, et obtenir des tutoriels. Impossible de dépasser les 24 km/heure (et gare aux accidents, le port du casque est recommandé), pour une autonomie est de 50 km. Il faudra compter un euro par course + 0,15 centimes / minute.

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2 commentaires

Nom profil

03/08/2018 - 15h50 -

> Nous avons travaillé en amont sur les solutions à apporter pour pallier aux [sic] problématiques de recharge, d’encombrement des trottoirs et de dégradations des trottinettes. Les collecter chaque soir Problème : ces véhicules encombrent les trottoirs en journée également. Et là, quelle solution ?
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Nom profil

25/06/2018 - 11h21 -

1 euro + 0,15 par mn, c'est ultra cher. Ça fait 5,5 euros pour un trajet d'une demi heure. Soit environ 11x plus cher qu'un abonnement remboursé à 50% (à Lyon par ex). et pas encore moins compétitif par rapport aux Vélib/ Velo'v etc... Je trouve que l'idéal serait quand même des stations avec des bornes. Quand on les remet, ça se recharge. Ça ne prend pas beaucoup de place, sans doute nettement moins cher que les vélos électriques. Ils devraient se focaliser sur les axes mal desservis par les transports et surtout pour faire de l'intermodal. On va d'un endroit à la station de métro ou bus. C'est là où la trottinette électrique est sur-performante.
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