Pourquoi l’Europe est impuissante face à la votation suisse

Dès l’annonce de la courte victoire du "oui" à la votation suisse le 9 février, les réactions ulcérées n’ont pas tardé dans l’Union européenne. D’aucuns allant même jusqu’à prédire une remise en question des relations avec la Confédération helvétique dès lors que celle-ci aura rétabli des quotas d’immigration. Il y a fort à parier que ce n’est pas pour demain.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Pourquoi l’Europe est impuissante face à la votation suisse

Après plusieurs votations d’inspiration populiste, la Suisse a décidé, dimanche 9 février, de mettre fin à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Au lendemain de ce référendum, tout a été dit, ou presque, pour expliquer un "oui" majoritaire en voix et dans une majorité de cantons de la Confédération.

"Repli" de nos voisins synonyme d’égoïsme économique, "défiance" envers les autorités fédérales et les milieux économiques qui avaient appelé à rejeter cette initiative de l’UDC, le premier parti du pays… Contre toute attente, les Suisses, profondément divisés entre citadins et ruraux, entre romands et alémaniques, ont remis en cause une "immigration de masse" qui n’a pas peu contribué aux succès économiques de leur pays ces dernières années.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

trois ans pour restaurer des quotas à l’immigration

Le "oui" l’a emporté là où il y a le moins de travailleurs immigrés européens et le plus de chômeurs nationaux. Bien-être, compétitivité, démographie, niveau de vie : le pays cumule, certes, les premiers rangs des classements internationaux. Sa crispation identitaire ne doit pourtant pas être vue comme un problème de riches. Qu’on le veuille ou non, la Suisse nous dit par avance ce que sera le résultat des élections pour le prochain Parlement européen qui auront lieu dans tous les Etats membres du 22 au 25 mai.

Le chômage et la mutation d’économies de plus en plus globalisées fragilisent les plus faibles et incitent un nombre croissant d’électeurs à rechercher des boucs émissaires, pour, in fine, privilégier le repli plutôt que l’ouverture. Le gouvernement fédéral suisse a trois ans pour mettre en œuvre la proposition de l’UDC et restaurer des quotas à l’immigration.

Devra-t-il renégocier l’accord de libre circulation conclu en 1999 avec l’Union européenne et entré en vigueur en 2002 ? Le coup de semonce à venir des élections pour le Parlement européen incitera vraisemblablement les leaders européens à trouver un modus vivendi avec Berne. A défaut d’apporter une réponse durable à la tentation populiste !

Faut-il rappeler que l’Union européenne s’est montrée incapable, jusqu’ici, de faire entendre raison à Viktor Orban, le Premier ministre de la Hongrie, engagé dans une dérive de plus en plus autoritaire… Alors, de là à rendre caducs tous les accords avec la Suisse…

Pascal Gateaud

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS