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L'Usine Aéro

Pourquoi l'Europe doute (toujours) de l'intérêt des fusées réutilisables

Hassan Meddah

Publié le

Coûts de remise à niveau, conséquences industrielles, impact pour Ariane 6...Pour Johann Wörner, le patron de l'Agence spatiale européenne (ESA), le concept de fusée réutilisable n'est pas forcément le bon choix pour l'Europe.    

Pourquoi l'Europe doute (toujours) de l'intérêt des fusées réutilisables
La fusée européenne Ariane 5
© DR

Les entreprises citées

Admiratif mais pas forcément convaincu. Johann Wörner, le directeur général de l'agence spatiale européenne (ESA) sait apprécier l'audace et la capacité d'innovation d'Elon Musk le patron de SpaceX, sans pour autant être totalement persuadé par son projet de fusée réutilisable.

"La réutilisation n'est pas automatiquement la solution définitive. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre. Il faut mesurer les avantages et les inconvénients", a expliqué le patron de l'ESA, le 10 mai 2015 devant les journalistes de l'Association des journalistes de la presse aéronautique et de l'Espace (AJPAE).

Selon lui, l'Europe spatiale ne doit pas se disperser et rester concentrée sur ses objectifs précédemment fixés. "Nous ne devons rien faire qui puisse nous empêcher de disposer d'une nouvelle famille de lanceurs en 2020", a-t-il précisé.

L'ESA mise sur Ariane 6 qui doit être disponible commercialement en 2020 pour environ 50% moins cher que la fusée actuelle et sur le lanceur Vega C capable de mettre sur orbite des charges moins lourdes. Selon lui, développer un tout nouveau lanceur réutilisable demanderait au moins dix ans d'effort.

le dilemne industriel

Le président de l'ESA n'a pas caché ses interrogations concernant le concept de fusée réutilisable.

"Nous ne savons pas pour l'instant le coût réel des lanceurs réutilisables", a-t-il expliqué. Il a ainsi rappelé l'énorme coût lié à la remise à niveau des navettes américaines (qui étaient capables d'embarquer un équipage), de l'ordre de 500 millions de dollars. Par ailleurs, la ré-utilisabilité entraîne une perte d'efficacité du lanceur non négligeable.

"Une fusée réutilisable du type de SpaceX doit embarquer 30% de son carburant pour assurer son retour. Cela réduit d'autant la charge utile", précise-t-il. Or chaque kilo emmené dans l'espace, coûte. Ainsi Stéphane Israël , PDG d'Arianespace, aime à rappeler qu'Ariane est généralement "pleine comme un oeuf" au profit de ses clients.

Mais la véritable problématique est d'ordre industrielle selon le patron de l'ESA. Que faire des usines et des emplois liés s'il n'est plus nécessaire de produire des fusées? A supposer en effet qu'une fusée Ariane serait utilisable 10 fois, l'Europe n'aurait plus besoin d'en produire qu'une par an puisqu'elle envisage une cadence annuelle de 11 lancements. Selon lui, cela entraînerait donc une remise en cause profonde de l'organisation industrielle du secteur spatial européen.

Cela n'empêche pas l'Europe de s'intéresser au concept sans toutefois copier SpaceX. Selon le directeur de l'ESA, d'autres voies technologiques existent comme l'usage d'un système de parachute, ou encore de drone intégré au lanceur capable de revenir avec les moteurs et la baie avionique du lanceur (commet avec le projet Adeline d'Airbus group).

Hassan Meddah

 

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