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L'Usine Aéro

Pourquoi l’américain Boeing installe sa première usine en Europe

Olivier James , , , ,

Publié le

Boeing inaugure à Sheffield (Royaume-Uni) une usine dédiée à la production d’actionneurs pour les 737 et les 767. Cet investissement s’inscrit dans la stratégie de réinternalisation d’équipements que l’avionneur américain met en œuvre depuis bientôt deux ans.

Pourquoi l’américain Boeing installe sa première usine en Europe
Boeing a inauguré jeudi 25 octobre à Sheffield (Royaume-Uni) sa première usine en Europe.
© Linda Bussey @ PixL

Boeing pousse ses pions sur les terres "airbusiennes". L’avionneur américain a inauguré jeudi 25 octobre sa première usine européenne à Sheffield (Yorkshire), au Royaume-Uni, pays où son concurrent européen Airbus fabrique les ailes de ses appareils.

Une première historique pour Boeing, qui a investi environ 45 millions d’euros dans ce site britannique dédié à la production d’actionneurs, les systèmes de commandes des volets des ailes, pour les familles des 737 et des 767. Annoncée en février 2017, l’usine ultra moderne de 6 200 m², qui a suscité une cinquantaine d’embauches, a livré ses premières pièces en octobre 2018 et produira dès la fin de l’année entre 7 000 et 8 000 composants. Il s'agit du douzième site de production de Boeing, également implanté, outre les Etats-Unis et le Royaume-Uni désormais, au Canada et en Australie.

Mais que vient faire Boeing au Royaume-Uni, loin de ses lignes d’assemblage final toutes concentrées sur le sol américain ? Premier élément de réponse : le groupe emploie déjà 2 200 personnes dans le pays et connaît en particulier bien la région de Sheffield pour y être installé depuis 2001 via la création de l’Advanced Manufacturing Research Centre (AMRC), un centre de recherche cofondé avec l’Université de Sheffield. La ville est réputée pour son savoir-faire dans la sidérurgie depuis le XVIII ème siècle. Un écosystème idéal pour les besoins de Boeing, dont le nouveau site sera en mesure de produire une centaines de composants métalliques différents.

Pas de menace côté Brexit : l’usine est alimentée en composants métalliques issus de 13 fournisseurs locaux. Une fois usinés, ils sont expédiés à l’usine américaine de Portland (Oregon) pour rejoindre les lignes d’assemblage final de Seattle.

Surtout, cette incursion européenne s’inscrit dans la stratégie offensive du groupe de réinternaliser certains équipements. Depuis deux ans, Boeing cherche à récupérer les éléments de l’avion jusque-là sous-traités, remettant en cause en partie le modèle d’externalisation massive qui avait prévalu pour le 787. Avant les actionneurs, Boeing avait procédé à des réinternalisations partielles concernant l’avionique, les sièges d’avion (avec l’équipementier Adient) et les auxiliaires de puissance (avec Safran). Une stratégie similaire à celle de son rival Airbus. En ligne de mire pour les avionneurs : augmenter leur rentabilité, plus faible que celle de nombre de leurs propres fournisseurs de rang un. Boeing va-t-il investir dans de nouvelles usines en Europe dans les prochaines années ? "Tout est possible", sourit Jenette Ramos, vice-présidente en charge des opérations et de la chaîne de fournisseurs.

Un parc de machines automatisées

Une reconquête industrielle qui vise à fournir des pièces pour les avions neufs mais aussi pour le très juteux marché des services, en particulier celui des pièces détachées. "Désormais, Boeing veut reprendre la main sur un certain nombre d’axes verticaux, confirmait à L’Usine Nouvelle en mars dernier Jean-Marc Fron, directeur général de Boeing France. Cela répond à deux objectifs. D’abord pour avoir des performances en termes de rentabilité au moins aussi bonnes que celles de nos fournisseurs, mais aussi pour se développer dans les services." Les services ont généré pour l’avionneur 15 milliards de dollars en 2017 et pourraient représenter 16 à 16,5 milliards de dollars de revenus en 2018. Boeing table sur 50 milliards de dollars par an d’ici dix ans. "Cette nouvelle production d’actionneurs à Sheffield vise aussi le marché des pièces détachées", confirme Jenette Ramos.

Et pour relever le défi d’une réinternalisation rentable, Boeing n’a pas le choix : il faut automatiser la production au maximum. Dans le mouvement qu’embrasse toute l’industrie aéronautique, l’usine de Sheffield est dotée d’un parc d’une dizaine de machines ultra automatisées d’usinage et multiplie les essais de technologies innovantes avec AMRC, à l’image du robot autonome qui alimentera bientôt les différents postes de production. Afin de minimiser les flux logistiques, chaque machine est capable d’assurer l’ensemble des opérations d’usinage, supervisées par les opérateurs. "Nous collectons toutes les données des machines afin de les analyser pour optimiser en permanence la production", détaille Don Hendrickdon, directeur du programme Boeing Sheffield. A terme, cette usine vitrine de Boeing devrait abriter plus de 25 machines automatisées.

A Sheffield (Royaume-Uni), Olivier James

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