Pourquoi il faut vous rebeller au travail

Isabelle Méténier et Hamid Aguini viennent de publier "La rébellion positive" aux éditions Albin Michel. Cette attitude qui consiste à refuser les abus d’autorité concerne tous les domaines de la vie : la famille, le couple mais aussi le travail, dans les relations avec la hiérarchie. Centralien, Hamid Aguini dirige aujourd’hui un centre de bilan de compétences et intervient comme coach. Il décrypte les raisons pour lesquelles il est parfois nécessaire de dire non.

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Pourquoi il faut vous rebeller au travail

L'Usine Nouvelle - Qu’est-ce que la rébellion positive qui a donné le titre du livre que vous avez écrit avec Isabelle Méténier ?
Hamid Aguini - Le mot rébellion est connoté négativement, c’est l’opposition frontale à l’autorité, parfois sans raison. Pour nous, le rebelle a une dimension positive, il sait s’adapter et réagir aux abus d’autorité. Nous ne voulions pas promouvoir une remise en cause systématique de l’autorité, mais plutôt inciter tout un chacun à réagir aux franchissements de la ligne jaune, à ne pas tout accepter, à ne pas se perdre. On peut aller voir sa hiérarchie pour parler et si elle refuse, on peut partir. Certaines personnes ne disent rien, encaissent, mais somatisent. D’autres finissent dans le burn out. Le risque principal qu’encourent les individus c’est d’entamer le seul capital qu’ils ont in fine : l’estime de soi.

Quelles raisons vous ont amené à écrire sur ce sujet ?
Dans mon activité de coach et de dirigeant d’un centre de bilan de compétences, j’observe un mal être très important chez les personnes que je reçois. Les raisons sont bien sûr multiples. Ce que je constate, c’est un phénomène d’auto-dévalorisation important, de perte de confiance en soi. En résumé, le discours tenu est "je ne me sens pas bien dans mon travail, mais je suis incapable d’aller chercher ailleurs." Cela s’accompagne parfois de difficultés à prendre des décisions, à oser les formuler. Des personnes mécontentes de leur situation n’arrivent même plus à formuler des questions simples comme "dois-je quitter l’entreprise ou rester ?" ou "faut-il que je change de poste ou non ?"

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N’est-on pas allé trop loin aujourd’hui dans la volonté de s’épanouir à tout prix au travail ? Ne crée-t-on pas ainsi de la souffrance, quand l’acceptation du caractère contraignant de la vie professionnelle aiderait à mieux la supporter ?
N’oubliez pas que si le salarié offre un service de travail, il en attend et il a le droit d’en attendre un retour, que ce soit de la reconnaissance, un salaire, une promotion.. Les gens ne travaillent pas pour faire plaisir à leur employeur. Les problèmes apparaissent quand les gens estiment qu’ils n’obtiennent pas une compensation juste à leurs efforts.

En outre, travail et plaisir sont compatibles. Quand travailler est un plaisir, l’individu s’épanouit, il se révèle à lui-même, et d’une certaine façon il travaillera mieux. Tout le monde a intérêt à ce que l’expérience du travail ne soit pas douloureuse. Les discours du type "il faut travailler dur, c’est normal" sont contre-productifs. Un salarié qui trouve du plaisir à faire ce qu’il fait travaillera plus que demandé.

Faut-il se rebeller à la moindre alerte ?
Plus tôt on réagit, mieux c’est pour l’individu. La difficulté pour nombre de personnes tient à l’existence de peurs qu’il faut dépasser. Souvent l’éducation que nous avons reçue nous a appris qu’il faut obéir alors que cela peut être bien de se confronter à l'autre. … Dans la conjoncture actuelle, la peur de perdre son emploi entre bien sûr en ligne de compte. Dans de nombreux cas que j’ai observés, des systèmes sont mis en place dans les entreprises pour culpabiliser les personnes, avec de fortes pressions à la conformité. Prendre le risque de ne pas être conforme expose à des critiques, à des réactions. Il faut alors être fort pour résister à la pression du groupe.

Les entreprises n’auraient-elles pas intérêt à valoriser les rebelles ?
Le rebelle a plus de créativité, il veut faire bouger les choses. Il est original et spontané. Souvent les managers veulent tout le contraire : ils ne souhaitent pas de vagues, ils veulent que tout le monde soit dans les rangs. Il ne faut pas non plus accabler les managers : en période de faible croissance, ils ont la pression pour faire du profit. Avoir face à eux des personnes qui disent non leur pose problème.

Propos recueillis par Christophe Bys

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