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L'Usine Aéro

Pourquoi Guillaume Faury s’impose à la tête du groupe Airbus

Olivier James , , , ,

Publié le , mis à jour le 08/10/2018 À 18H28

Analyse [Actualisé] Guillaume Faury va succéder à Tom Enders à la tête d’Airbus en avril 2019. L’ex-patron d’Airbus Helicopters offre le visage de la stabilité et de la modernité.

Pourquoi Guillaume Faury s’impose à la tête du groupe Airbus
L'ex patron d'Airbus Helicopters devrait succéder à Tom Enders au printemps prochain à la tête du groupe Airbus.
© Airbus Group

Le dauphin s’apprête à jouer les premiers rôles. Alors que bruissent depuis plusieurs jours les rumeurs de sa nomination (Reuters, Le Figaro, le Wall Street Journal…), la désignation de Guillaume Faury à la tête du groupe Airbus a été confirmée ce lundi 8 octobre en fin d’après-midi dans un communiqué de presse. Aucune surprise dans le choix du conseil d’administration du groupe d'aéronautique et de défense : à la tête depuis six mois de la branche d'aviation commerciale représentant les trois quart du chiffre d’affaires d’Airbus, Guillaume Faury est le candidat naturel pour succéder au charismatique patron de l’avionneur, Tom Enders, lequel cèdera sa place en avril 2019.

Sur le papier, Guillaume Faury coche toutes les cases. Alors que le groupe Airbus traverse depuis plus d’un an une tempête qui aura vu nombre de ses dirigeants historiques quitter le navire – en raison de leurs âges pour certains, de leurs inimitiés en interne pour d’autres ou bien encore de leurs proximités avec des affaires de soupçons de corruption –, la nécessité de placer à la barre un homme de la maison s’est imposée.

La nomination de Guillaume Faury est d’abord un message envoyé à l’extérieur : le navire Airbus ne tangue plus, son nouveau capitaine sait parfaitement le piloter. Il a passé près dix années chez Eurocopter (ex Airbus Helicopters) ente 1998 et 2008, puis, après un passage chez PSA, a pris les rênes d’Airbus Helicopters de 2013 à 2018, date à partir de laquelle il a pris les commandes de la branche aviation commerciale. Reste que Guillaume Faury, en raison sans doute du départ attendu de Tom Enders l'an prochain et d'un calendrier resserré, n'a pas pris de décision stratégique depuis l'accession à ses nouvelles fonctions.

Issu d'une nouvelle génération

Une volonté de mobilité interne, et donc de retour au calme, dans la droite lignée des dernières grandes nominations effectuées au sein du groupe. Eric Scherer, le nouveau directeur commercial nommé en septembre qui a effectué la quasi-totalité de sa carrière chez Airbus ? Il remplace au pied levé l’éphémère Eric Schulz, venu de chez Rolls-Royce. Grazia Vittadini ? Elle est depuis avril la directrice de la technologie (CTO), succédant à l’insaisissable Paul Eremenko, venu de Google. Chez Airbus, on resserre les rangs en faisant appel aux talents internes.

Dirigeant historique de la boutique, Guillaume Faury est néanmoins jeune : il a 50 ans et ne fait pas partie de la génération de ceux qui ont bâti Airbus, tels que Tom Enders, Fabrice Brégier (ex-patron de la branche aviation commerciale), Marwan Lahoud (ex-patron de la stratégie du groupe) ou bien encore John Leahy (ex-directeur commercial). Un nouveau visage, pour mieux propulser l’avionneur dans les années 2020, loin des affaires qui ont plombé le groupe et dans lesquelles le dirigeant n’est absolument pas compromis.

Un chantier immense

Enfin, à l’heure de la digitalisation de l’industrie, Guillaume Faury a déjà fait la preuve de sa sensibilité sur ce sujet. Le dirigeant aura été moteur de la modernisation d’Airbus Helicopters dont il n’aura eu de cesse d’assurer la transformation digitale, au niveau des procédés de production comme des hélicoptères eux-mêmes. Une stratégie offensive qui n’est pas sans rapport avec son expérience passée dans l’automobile : il est resté chez PSA entre 2008 et 2013 en tant que membre du directoire et dès 2010 directeur recherche et développement. En pleine hausse des cadences de production, avant tout pour les familles A320 et A350, on sait où le nouveau patron peut trouver des sources d'inspiration.

Guillaume Faury, l’homme providentiel ? Difficile en tout cas de trouver meilleur profil en interne. Mais le nouveau patron a devant lui un chantier immense. Remettre en ordre des équipes commerciales (nécessaire suite à la dénonciation de certaines pratiques), relancer les ventes d'avions, assurer la montée des cadences de production, constituer une nouvelle génération de hauts dirigeants dans les différentes branches, développer des services dans l’aviation commerciale, s’insérer au plus vite dans le new space, prendre un rôle majeur dans l’Europe de la Défense, rester dans la course des taxis volants malgré la concurrence… Son futur bureau croule déjà sous les dossiers.

 

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