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Pourquoi Google peine à rattraper Amazon, Microsoft ou Salesforce dans le cloud ?

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Alors que Google dispose de l’un des cloud les plus performants, il reste à la traine sur ce marché, loin derrière Amazon, Microsoft ou Salesforce. S’il réussit à attirer les développeurs et start-up, il peine à séduire les grandes entreprises dans le segment du cloud d’infrastructure.

Pourquoi Google peine à rattraper Amazon, Microsoft ou Salesforce dans le cloud ?
Datacenter de Google cloud en Belgique
© Google

La position de Google dans l’informatique à la demande relève d’un grand paradoxe. Alors que le géant d’Internet dispose de l’un des cloud les plus performants du monde selon Olivier Rafal, analyste et consultant au cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), il reste à traine sur le marché, loin derrière les trois leaders : Microsoft, Amazon Web Services et Salesforce.

1 milliard de dollars de chiffre d'affaires trimestriel

Google est présent dans les deux grands segments du cloud : celui du logiciel à la demande (SaaS pour software as service) à travers son offre « G Suite » de communication et collaboration en ligne, et celui de l’infrastructure à la demande (IaaS pour infrastructure as a service et PaaS pour Platform as a service) à travers son offre « Google cloud platform ». Depuis septembre 2016, les deux offres sont regroupées sous la même bannière, « Google cloud ». Une intégration visant à développer plus vite cette activité.

La filiale d’Alphabet ne publie pas ses chiffres dans le cloud. Son PDG Sundar Pichai a surpris les analystes lors de la présentation des résultats 2017 en levant un coin du voile sur cette activité. Mais il s’est contenté d’indiquer que Google cloud a atteint un chiffre d’affaires trimestriel de 1 milliard de dollars. Une révélation qui donne une idée de la dynamique mais pas de la taille de cette activité en 2017. "Ce chiffre est en ligne avec nos estimations de 4,45 milliards de dollars en 2016, dont 3,2 milliards de dollars pour G Suite et 1,25 milliards de dollars pour Google cloud platform, affirme Olivier Rafal. Nous allons l’utiliser pour affiner nos prochaines évaluations pour 2017."

Retard dans le cloud d'infrastructure

Les estimations varient selon les cabinets d’études de marché. Selon les chiffres communiqués par les cabinets Canalys et Synergy Research à L’Usine Nouvelle, le cloud de Google représente un chiffre d’affaires de seulement 3,5 milliards de dollars en 2017, en bond de 84% par rapport à 2016. Ce chiffre se répartit à 1 milliard de dollars pour G Suite et 2,5 milliards dollars pour Google cloud platform. Il place Google loin derrière Microsoft (18,6 milliards de dollars), Amazon Web Services (17,4 milliards de dollars) ou encore  Salesforce (10 milliards de dollars).

Alors pourquoi un tel retard alors que Google a été pionnier sur le marché avec le lancement de l’ancêtre de sa solution G Suite en 2006 et de son offre PaaS en 2008. "Google a longtemps négligé le segment d’infrastructure IaaS, le domaine de prédilection d’Amazon Web Services, pour se cantonner aux segments SaaS et PaaS, explique Olivier Rafal. Il a du coup délaissé le marché des grandes entreprises pour se concentrer sur celui des développeurs et start-up. Il a maintenant un grand retard à rattraper sur Amazon Web Services."

Ne sait pas parler aux grandes entreprises

Seulement voilà : Microsoft a fait son entrée sur le marché de l’IaaS en 2012, presque au même temps que Google. Mais il fait aujourd’hui beaucoup mieux en s’installant comme le principal challenger d’Amazon Web Services avec 13% du marché au quatrième trimestre 2017 selon Synergy Research, contre 6% pour Google. "Microsoft dispose d’un portefeuille conséquent de clients grands comptes et sait parler aux grandes entreprises, ce n’est pas le cas de Google", note l’analyste de PAC.

Google affirme disposer parmi les clients de sa solution G Suite de nombreuses grandes entreprises dont en France Veolia, Valeo et Dalkia. "Mais il n’a pas su développer des synergies entre G Suite et Google cloud platform pour amener cette clientèle sur son offre de cloud d’infrastructure, reproche Olivier Rafal. Et en Europe, les grandes entreprises acceptent d’aller sur G Suite et le PaaS de Google même si elles ne le disent pas toujours. Mais pas sur son IaaS."

Faiblesse de l'écosystème

Enfin, Google souffre de la faiblesse de son écosystème. "Les Amazon Web Services et Microsoft disposent de réseaux de partenaires puissants avec des acteurs comme Capgemini ou Accenture pour faire entrer plus facilement leurs cloud dans les grandes entreprises, analyse Olivier Rafal. Pas Google dont les partenaires sont trop petits et dont la spécialisation ne les prédispose pas à accompagner les grands comptes de façon globale."

Peut-il dans ces conditions battre Amazon Web Services dans le cloud d’infrastructure en 2022 comme Sundar Pichai l’ambitionne ? La question se pose même si Google affiche une croissance impressionnante, deux fois plus rapide que celle d’Amazon Web Services sur ce segment. "Une chose est sûre : Google sera un acteur majeur du cloud mondial, prévoit Olivier Rafal. Il propose déjà des services sophistiqués qu’on ne retrouve pas chez ses concurrents. Techniquement, il sait faire."

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