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L'Usine de l'Energie

Pourquoi Engie ne devrait pas vendre ses centrales à charbon en Allemagne

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Engie veut sortir du charbon et déroule un plan de cession d‘actifs de 15 milliards d’euros pour réaliser sa stratégie. Une étude de l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA) estime que dans le cas de ses centrales allemandes, la vente n’est pas la bonne option.

Pourquoi Engie ne devrait pas vendre ses centrales à charbon en Allemagne
Engie veut sortir du charbon et déroule un plan de cession d‘actifs de 15 milliards d’euros
© ianrthorpe - Flickr - c.c.

Au grand dam d’EDF et de l’Allemand Uniper, la France a acté la fermeture de ses quatre centrales à charbon d’ici 2022. Pour réduire les impacts économiques et sociaux, Sébastien Le Cornu, secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire, prépare des contrats de transition écologique avec les territoires qui entourent les centres de Cordemais (Loire-Atlantique), Le Havre (Seine-Maritime), de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Avold (Moselle).

L’Allemagne et les Pays-Bas ont eux aussi affiché une volonté de sortir du charbon. Le nouveau gouvernement de coalition allemand s’est même doté d’une commission de sortie du charbon. Et, si c’est une bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique, cela ne fait pas forcément les affaires d'Engie qui a pourtant lui aussi affiché son désengagement du charbon comme un des axes forts de son nouveau positionnement stratégique vers des énergies décarbonées. Un virage industriel qui s’accompagne depuis 2016 d’un plan de cession d’actifs de 15 milliards d’euros. Fin 2016, Engie a annoncé la fermeture de la centrale d’Hazelwood en Australie. Il a depuis cédé des centrales à charbon en Australie, Pologne, Indonésie et Thaïlande. 

Fermer plutôt que vendre

Le Français cherche maintenant à vendre trois centrales en Allemagne : à Farge et Wilhelmshaven, à côté de Breme, et à Zolling près de Zurich. Il cherche aussi à céder celle de Gerderland au Pays-Bas. Or une étude de l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA) estime que la vente n’est pas, financièrement, une bonne option. Engie devrait plutôt chercher à les fermer ou à vendre à un spécialiste de la fermeture d’actifs et non aux deux acheteurs les plus probables : les spécialistes tchèques dans l'achat d'actifs EPH et Seven Energy Group, dont la stratégie est d’exploiter des centrales à charbon aussi longtemps que possible pour en décaler leur date de fermeture. Mais les auteurs expliquent par exemple que la centrale électrique de Wilhelmshaven, dont Engie détient 52%, a "une valeur actualisée négative".

Selon eux, la fermeture éviterait aussi de donner aux concurrents une plus grande part de marché en Allemagne par rapport à Engie, qui pourrait investir dans des générations plus propres. "Ce choix indiquerait aussi que le groupe fait partie de la solution dans les discussions autour de la sortie du charbon en Allemagne, plutôt que du problème en revendant ses centrales à des acheteurs déterminés à les maintenir en activité", explique Gerard Wynn, co-auteur du rapport.

La même logique s’appliquerait aux Pays-Bas, où Engie a déjà mis à l’arrêt sa centrale de Gelderland d’une puissance de 592 MW. Le gouvernement a annoncé en octobre 2017 la fermeture des cinq centrales thermiques à charbon du pays d’ici 2030.

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