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L'Usine de l'Energie

Pourquoi EDF n'investit pas plus dans les STEP pour le stockage des énergies renouvelables

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Les stations de transfert d’énergie par pompage, ou STEP, sont une des solutions éprouvées de stockage de masse pour les nouvelles énergies renouvelables. A l’heure où EDF rénove la STEP de La Coche en Savoie, pourquoi l’électricien français n’investit-il pas dans de nouvelles installations ?

Pourquoi EDF n'investit pas plus dans les STEP pour le stockage des énergies renouvelables
EDF investit 150 millions d'euros dans la rénovation de la STEP de La Coche en Savoie.
© Christophe Huet

Pour le stockage des énergies renouvelables, il existe une solution éprouvée mais encore trop peu utilisée : les stations de transfert d’énergie par pompage ou STEP. Ces installations hydroélectriques par pompage utilisent l’électricité en surplus dans les heures creuses de consommation pour remonter de l’eau dans un réservoir supérieur pour la turbiner à nouveau lors des pics de consommation." Les STEP sont de plus en plus utiles dans des systèmes électriques qui développent des énergies intermittentes électriques", confirme Yves Giraud, directeur de la production et de l’ingénierie hydraulique d’EDF

En France, le développement des STEP a démarré dans les années 80, quand les systèmes électriques ont eu à gérer des périodes de pointe et de creux. EDF en a construit six, qui permettent de mobiliser 5 GW en moins de dix minutes, et qui fournissent 10% de la production hydro-électrique française annuelle. Selon les statistiques de France Hydro, les STEP en France représentent 18% de la puissance hydroélectrique installée qui s’élève à 25,5 GW en France continentale fin 2017.

Dans le monde, 140 GW de STEP ont déjà été installés, dont 35 GW pour lesquels EDF revendique avoir été sollicité pour son savoir-faire. L’électricien français vient d’ailleurs de décrocher un contrat d’ingénierie pour une STEP à Dubaï pour l’électricien DEWA, et participe à la construction de la première STEP en Israël.  Mais en France, pour l’instant, point de nouveau projet.

Un chantier de rénovation de 150 M€ à La Coche en Savoie

Certes, EDF a entamé la rénovation de la STEP de la Coche en Savoie, dans la vallée de la Tarentaise.  Deuxième plus important chantier hydroélectrique en France après celui de Romanche-Gavet (Isère), le projet de La Coche Pelton vise à ajouter à la centrale souterraine existante de 320 MW,  - construite en 1976 et disposant de 4 turbines réversibles produisant 550 GWh par an -, un nouvel équipement de turbinage de type Pelton. Ce chantier de 150 millions d’euros permettra d’augmenter de 20% la puissance du site et de porter la production à 650 GWh par an, soit la consommation de 270 000 habitants. Lancé en 2011, le projet implique plus de 160 entreprises et 200 personnes. Il représente un petit exploit. "Tout l’enjeu du chantier est d’arriver à insérer un nouvel équipement au chausse-pied dans un aménagement existant", explique Xavier Mourrat, chef de projet ingénierie chez EDF. La nouvelle centrale doit être raccordée au réseau fin 2019 et l’ancienne, qui n’a été arrêtée pour ce chantier et sa maintenance à l’été 2017, dès la fin 2018.

Ce sera le seul chantier de rénovation d’une STEP pour EDF. Ses cinq autres, plus récentes, ont déjà une production optimisée. Et pas de nouveau chantier en vue, même s’il y a des projets dans les cartons. Pourtant, le potentiel est là, affirment notamment certains représentant syndicaux d’EDF. "Rien qu’en Savoie, il y aurait encore 2500 MW de potentiel, et plus de 6000 MW dans toutes les France", avançait un délégué syndical du groupe lors d’une rencontre avec la presse.

Le frein de la mise en concurrence des concessions

EDF ne le nie pas, même si Yves Giraud ne s’engage pas sur des chiffres. Selon lui, une STEP est prévue dans un projet plus large de rénovation dans la vallée de la Truyère (Aveyron). Mais la concession du site arrivant bientôt à expiration, Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement et de l’Energie, avait déposé à Bruxelles un dossier pour demander une autorisation pour s’affranchir d’une remise en concurrence de la concession. Un point sensible ! La France recule depuis 2010 la mise en concurrence des concessions hydroélectriques de son territoire demandée par Bruxelles. Et pour la Truyère, EDF attend toujours la réponse de Bruxelles. "Il y a d’autres sites en France qui peuvent être équipés, comme celui de Redenat, sur la vallée de la Dordogne. Mais il supposerait l’installation d’un équipement complètement neuf avec la création d’un réservoir nouveau", précise le directeur de l’hydro d’EDF. Mais pour le lancer, il faudrait un appel à projet de l’Etat et une mise en concurrence. Ce qui n’est pas vraiment du goût d’EDF. "Le système des concessions est un frein à l’investissement en France", observe Yves Giraud.

Pas de besoin immédiat

D’autre rivières, comme la Durance, pourraient tirer profit des STEP. Mais les associations de riverains qui la réclament à EDF depuis plus de dix ans pour mieux gérer les ressources en eau du fleuve surexploitées par l’agriculture, semblent s’échiner en vain. "Il est surtout intéressant de faire ce type d’installation sur des aménagements déjà raccordée au réseau", observe Yves Giraud. Et selon lui l’installation de nouveaux aménagements hydroélectriques est toujours freinée par des problèmes d’acceptabilité des riverains et des contraintes réglementaires. Il est vrai aussi que, pour l’instant et contrairement à l’Allemagne avec son éolien, la France n’est pas encore confrontée au surplus d’énergies renouvelables. Et la chute annoncée du prix des batteries électrochimiques pourrait diminuer l’intérêt des STEP comme solution de stockage de masse. Dommage, car stocker des énergies renouvelables avec une autre énergie renouvelable est quand même le meilleur chemin vers l’autonomie énergétique d’un territoire. 

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