Pourquoi EDF, Engie et Total sont si mauvais élèves dans l'électricité verte selon Greenpeace

Greenpeace a publié le 28 septembre son classement des fournisseurs d'"électricité verte". Certains sont salués, comme Enercoop. D'autres, comme Total, Engie et EDF, sont accusés de se limiter à de la "promotion marketing". Quand bien même ils conduisent chacun des investissements dans les énergies renouvelables.

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Pourquoi EDF, Engie et Total sont si mauvais élèves dans l'électricité verte selon Greenpeace
Engie fait partie des mauvais élèves de ce nouveau classement de Greenpeace France

Pour faire le tri entre les "entreprises qui fournissent à leurs clients et clientes une électricité verte" et celles qui "ne se contentent que d’en faire la promotion marketing", Greenpeace France a publié le 28 septembre son classement des meilleurs fournisseurs d’électricité.

Depuis 2007, le marché de l’électricité s’est ouvert à la concurrence, mettant fin au monopole d’EDF. En 2018, on compte 29 fournisseurs sur le marché, qui proposent souvent des "offres vertes" pour appâter de potentiels clients.

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Actuellement, un fournisseur n’est pas obligé d’acheter de l’électricité renouvelable. Il doit simplement se procurer le certificat ("garantie d’origine") attestant qu’une quantité équivalente d’électricité renouvelable a bien été injectée sur le réseau d’électricité, en France ou en Europe. Pour Greenpeace, "un fournisseur d’offres vertes peut se contenter d’acheter de l’électricité produite dans une centrale à charbon ou nucléaire, du moment qu’il achète aussi un certificat vert".

L’étude ne comptabilise que 19 fournisseurs d’électricité. Les nouveaux entrants qui seraient arrivés sur le marché cette année n’ont pas pu être pris en compte. A partir de données publiques, Greenpeace a évalué leurs pratiques selon quatre critères : leurs capacités de productions, leurs politiques d’achat d’électricité (renouvelable, fossile ou nucléaire), leurs usages des "garanties d’origine", et les investissements effectués et prévus.

Quatre catégories établies

Quatre catégories de fournisseurs ont été établies par l'ONG environnementale. Les "vraiment verts" : Energie d’Ici, Enercoop et Ilek. Ils proposent une électricité à plus de 95 % renouvelable.

A titre d’exemple, Enercoop est une coopérative : ses bénéfices sont réinvestis dans le développement de projets d’énergie renouvelable, elle s’approvisionne auprès de producteurs locaux, et leur achète directement les "garanties d’origines". Emmanuel Soulias, directeur général d’Enercoop, a salué "l’action de Greenpeace qui vise précisément à dévoiler aux yeux de tous certaines méthodes peu scrupuleuses des fournisseurs, mais aussi de désigner les imposteurs, réfractaires à la transition énergétique".

Les fournisseurs en bonne voie : Planète Oui, ekWateur, Energem-UEM, Gaz et Electricité de Grenoble (GEG), Sélia, et Alterna. Selon Greenpeace, ils feraient des efforts pour produire, développer et investir dans les énergies renouvelables mais "sont encore loin d’être verts".

Les fournisseurs "à la traîne" : Plüm, La coopérative Lucia, Proxelia, et Énergies du Santerre. Ils font encore trop peu d’efforts, voire aucun, en matière d’électricité renouvelable, estime l'ONG.

Les fournisseurs "vraiment mauvais" aux yeux de l'association : Total Spring, Direct Energie, Engie, Happ-e, EDF et Sowee. Ils "polluent la planète en investissant dans des énergies sales et dangereuses" (charbon, gaz de schiste, nucléaire, etc.), accuse-t-elle.

Malgré leurs efforts, les géants toujours sur le banc des accusés

Total Spring propose exclusivement des offres qualifiées de "100% vertes". En réalité, il fournirait de l’électricité non renouvelable et la "verdit" en achetant des "garanties d’origine", estime Greenpeace France. Qui fait l'amalgame avec sa maison-mère... "Si les investissements de Total Spring semblent tournés vers l’électricité renouvelable, ceux de Total (sa maison mère) ne le sont pas du tout. Le groupe investit massivement dans des énergies émettrices de gaz à effet de serre et des projets de forage pétrolier menaçant la biodiversité et le climat." Pourtant, Total a récemment signé un accord pour entrer au capital d’EREN Renewable Energy afin d’accélérer son développement dans la production d'électricité renouvelable.

Avec le rachat de Sameole, Engie fait des efforts et cherche à se renforcer dans l’éolien en France, en développant d’ici 2021 3GW de capacités de production. Insuffisant aux yeux de Greenpeace France, qui lui reproche de produire une électricité émettrice de gaz à effet de serre: ’"Engie exploite des centrales nucléaires vétustes en Belgique et investit dans leur prolongation au lieu de préparer leur démantèlement."

En 2017, EDF Energies Nouvelles, filiale du groupe EDF, a augmenté ses capacités éoliennes de 290MW, puis de 100MW supplémentaires en 2018. Au total, elle travaille au développement d’un portefeuille de projets de plus de 1 000MW. D’ici 2035, 10GWc d’énergie solaire devraient également être installés. Mais l'ONG n'est pas satisfaite, car en parallèle, EDF investit dans 3,8GW d’électricité nucléaire. "Les énergies renouvelables ne représentent qu’environ 10 % de l’électricité produite par EDF en Europe alors que 80% de l’électricité produite par l’entreprise est d’origine nucléaire", insiste-t-elle.

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