L'Usine Maroc

"Pourquoi Dolidol investit dans une usine en Côte d'Ivoire", selon Jalil Skali

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Le groupe marocain Palmeraie industries et services a annoncé un investissement de 11 millions d'euros dans une usine de matelas à Abidjan. Il est mené par sa filiale Dolidol, spécialisée dans l’ameublement et la literie. Pour L'Usine Nouvelle, Jalil Skali, directeur général de Dolidol Maroc explicite ce projet et en dresse les objectifs et perspectives, notamment celle d'en faire une plateforme régionale pour desservir les pays voisins. Et se dit serein quand à l'arrivée d'Ikea sur son marché domestique.

Pourquoi Dolidol investit dans une usine en Côte d'Ivoire, selon Jalil Skali
Jalil Skali, DG de Dolidol
© dolidol

L'Usine Nouvelle : Pourquoi votre groupe a-t-il décidé d'implanter une usine en Côte d'Ivoire ? 

Jalil Skali : Ce projet était déjà dans nos cartons depuis un certain temps. A la suite d'une étude de marché sur l'ensemble de la région, il est apparu que la Côte d'Ivoire est le marché qui recèle le plus de potentiel de développement en Afrique de l'Ouest francophone. Je dois aussi rajouter que notre projet coïncide avec la redynamisation actuelle des relations maroco-ivoirienne. C'est dans ce sens, qu'il a fait partie des projets bilatéraux engagés entre les deux pays.      

Comment s'est fait le choix de la localisation ?

Comme vous le savez, l'usine Dolidol Côte d'Ivoire sera construite sur 17 000 m² dès cette année à Yopougon dans la zone industrielle d'Abidjan. Ce sera une usine de mousse polyuréthane et de matelas. Il est apparu que cette zone était saturée et nous avons dû nous rabattre, sur un terrain marécageux que nous devrons remblayer courant mars afin d'y construire au plus vite les fondations pour éviter la saison des pluies. Nous nous sommes engagés vis-à-vis des autorités des deux pays sur un calendrier précis pour démarrer effectivement la production fin 2015, début 2016 au plus tard.

Pour aller vite nous prenons en charge les dépenses afférentes aux travaux de remblaiement et les discussions sont en cours avec le gouvernement ivoirien pour trouver des formes de compensation à cet effort. Le coût non encore établi officiellement pourrait dépasser les 730 000 euros [8 millions de dirhams  ou encore 500 millions de francs CFA (NDR)]

Combien de matelas comptez-vous fabriquer par an dans cette usine en phase de croisière ?

Nous prévoyons une production journalière de 1 500 matelas.

Comment sera financé l'investissement de 11 millions d'euros annoncé ?

Ce projet est financé à 100% sur fonds propres

Vous n'avez pas reçu d'aide des gouvernements marocains et ivoiriens à ce stade, en attendez-vous du gouvernement ivoirien concernant l'aménagement du foncier par exemple?

Oui, sur les volets fiscal et douanier notamment.

 

"Au Maroc nous voyons en Ikea d'abord un client potentiel"

 

Comment gérez-vous le recrutement ?

Le projet a pour vocation de générer 300 emplois directs à terme au fur et à mesure du développement de l'activité. Nous comptons faire appel notamment à des cabinets spécialisés dans le recrutement et basés localement pour répondre à cet objectif. Je tiens à vous indiquer que mis à part, le directeur général qui sera marocain, tout le reste des effectifs sera recruté localement sur la base de 85% de personnel de production et de 15% environ pour l'encadrement et le commercial.

La structure par genre avec une prédominante masculine est liée à la nature même de notre process mais nous ferons toute la place nécessaire au recrutement féminin qualifié. Une équipe réduite marocaine sera sollicitée temporairement pour faciliter le démarrage de l'activité.  

Bio express
Diplômé de l'école de l’Ecole Centrale de Lyon en 1998, Jalil Skali a exercé les métiers de Consultant chez KLEE puis Deloitte à Paris. Après avoir occupé le poste de directeur Organisation & Qualité à CDG Maroc, puis secrétaire général de l’ONP (office national des pêches), il est devenu directeur général de Dolidol depuis 2011.
Comment est organisée votre activité ?

Aujourd'hui elle est tournée essentiellement vers le marché marocain. Seule un dixième de notre production est exportée principalement en France sur le marché européen et en Afrique subsaharienne. Une bonne partie de notre activité export sera désormais prise en charge par Dolidol Côte-d'Ivoire qui servira de plateforme régionale pour desservir les pays voisins. Il est plus avantageux pour nous de construire localement car les coûts d'exportations pour les produits que nous fabriquons est onéreux. Avec le groupe Richbond, notre confrère marocain, nous formons les deux seules entités structurées au Maroc avec environ un tiers de part de marché chacun en mousse  et un quart en literie. Dolidol a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires d'environ 930 millions de dirhams pour un effectif de 1400 personnes.

Que vous inspire l'arrivée prochaine sur votre marché du groupe Ikea qui doit bientôt ouvrir un magasin à Casablanca ?

Nous voyons en Ikea d'abord un client potentiel. Nous ne prévoyons pas de bouleversement de notre activité dans la mesure où nos activités respectives sont dominantes pour Ikea sur le marché contemporain et artisanal pour les nôtres. De plus, Ikea est davantage porté vers les marques de distributeur (MDD) alors que nous privilégions le développement de nos propres marques. 

Propos recueillis par Nasser Djama

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