Pourquoi ce n’est pas de la récession qu’il faut s’alarmer

Ce matin la France s’est réveillée techniquement en récession. Avec un micro recul de 0,2 % , l’économie n’a pas encore cédé. En revanche elle a enregistré son huitième trimestre sans croissance. C’est de cette stagnation dont on ne voit pas la fin que l'on doit s'inquiéter.

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Pourquoi ce n’est pas de la récession qu’il faut s’alarmer

Techniquement, l’économie française est désormais en récession. Au premier trimestre 2013, le PIB a reculé de 0,2 %, après avoir déjà cédé 0,2 % au trimestre précédent. La rechute en récession, la deuxième depuis 2009, n’est pas très étonnante alors que l’économie flirte depuis deux ans avec une croissance nulle. Elle ne marque pas non plus de changement de tendance, même si l’activité a été plus faible que ce que l’Insee anticipait. Dans sa note de conjoncture publiée fin mars, l’institut de conjoncture prévoyait une croissance nulle au premier trimestre.

demande intérieure en baisse, COMMERCE EXTÉRIEUR EN PANNE

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L’élément inquiétant reste de fait le même depuis plusieurs trimestres : à l’arrêt depuis 2011, les principaux moteurs économiques ne montrent toujours aucun signe de redémarrage. La demande intérieure en dehors des stocks a reculé de 0,1 % au premier trimestre, un rythme désormais presque constant depuis un an. La consommation des ménages a baissé de 0,1 %, après deux trimestres de stagnation tandis que les investissements des entreprises restent en fort recul (-0,8 % après -0,9 % et -0,7 % les trimestres précédents).

Début 2013, la mauvaise nouvelle vient en fait de la contribution du commerce extérieur, l’un des seuls moteurs qui avait tiré l’activité des entreprises françaises en 2012 (avec une contribution de +1% sur l’ensemble de l’année). Le solde du commerce extérieur a fait reculer de 0,2 % le PIB à cause d’un net recul de 0,5 % des exportations.

pas de récession marquée... ni de rebond rapide

Pour autant, l’Insee estime que l’économie française n’est pas en train de lâcher. L’hypothèse d’une récession marquée, comme en 2009, n’est pas d’actualité. La Banque de France table sur une hausse de 0,1 % au deuxième trimestre, tandis que l’Insee anticipe toujours une stagnation. En avril, l’indicateur de moral des chefs d’entreprises reste morose mais ne signale pas de forte dégradation dans l’activité à venir. Dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire, les perspectives s’améliorent même par rapport aux mois précédents. Le moral des ménages est de son côté resté stable en avril.

La possibilité d’un rebond rapide est cependant très faible. D’autant que de nouvelles zones d’inquiétudes apparaissent. La faiblesse de l’activité en Allemagne, le premier client des entreprises françaises où l’activité n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, laisse peu d’espoir à un redémarrage de la contribution des exportations. A l’Insee, les experts suivent aussi de près l’évolution du moral des entreprises dans les services, qui a montré ces derniers mois des signes de faiblesse. L’indice Markit de l’activité dans les services a atteint en mars un point bas, signalant une forte contraction de l’activité à 41 points, avant de s’améliorer très modérément en avril.

Solène Davesne

Solène Davesne Journaliste Economie
Solène Davesne

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