Pourquoi Butagaz va acheter des crédits carbone

Dans le maquis des fournisseurs d’énergie, miser sur les prix bas et l’énergie verte ne suffit pas pour se différencier. Butagaz tente une autre approche.

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Pourquoi Butagaz va acheter des crédits carbone
En attendant de passer à 100% de gaz vert, Butagaz veut compenser les émissions du chauffage au gaz naturel de ses clients particuliers.

Plus de onze ans après l’ouverture des marchés de l’énergie pour les particuliers, c’est la jungle dans les offres des fournisseurs. Pour sortir du lot, miser sur les prix bas et l’énergie verte ne suffit plus. Le fournisseur de gaz en citernes et bouteilles Butagaz, qui s’est lancé dans la fourniture d’électricité verte, de gaz vert et de pellets de bois 100% renouvelables il y a un an, en a fait l’expérience.

Alors, il tente une autre approche. Et mise sur la transition énergétique qui, faut-il le rappeler, ne consiste pas uniquement à décarboner l’électricité, mais bien à sortir des énergies fossiles pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et viser la neutralité carbone, au minimum.

Cela passe par l’adoption des énergies renouvelables mais aussi beaucoup par l’efficacité énergétique pour réduire les consommations. Butagaz a décidé, pour se différencier sur le marché des fournisseurs d’énergies – mais aussi remplir ses obligations de certificats d’économies d’énergies – d’aider ses clients à agir sur les deux leviers.

Aider à réduire les consommations

De toute façon, la transition énergétique en cours oblige les fournisseurs à revoir leurs modèles d’affaires. "Un énergéticien a un intérêt stratégique à encourager ses clients à consommer moins", explique Emmanuel Trivin, le président de Butagaz. Certes, les mécanismes des certificats d’économie d’énergie (C2E) avaient déjà poussé les fournisseurs à aider leurs clients à investir dans des appareils plus performants. Mais tout le monde le fait.

Alors Butagaz propose depuis octobre 2018 à ses nouveaux clients particuliers d’électricité verte disposant d’un compteur Linky un bilan de leur consommation, avec recommandation d’actions d’amélioration grâce à un partenariat avec la start-up Wivaldy. Un millier des nouveaux clients auraient bénéficié du service. Butagaz collabore aussi avec la start-up Boostheat pour le remplacement de chaudières haute performance ou Confortique pour surveiller sa jauge de sa citerne. C’est bien, mais pas encore assez différenciant.

Tracer son approvisionnement

Butagaz dit aussi vouloir aider ses clients à consommer mieux, c’est à dire plus d’énergies renouvelables. Mais le fournisseur n’est pas producteur. Et si acheter des certificats d’électricité verte est facile, pour le gaz vert c’est plus compliqué. Et le partenariat initié il y a trois ans avec Global Bioenergie pour verdir au bio-isobuthène le gaz en bouteille n’est pas encore au stade industriel. Pour honorer son offre de gaz naturel vert, Butagaz a signé une dizaine de contrats long terme avec des unités de méthanisation agricole. "C’est un engagement d’achat annuel de 200 GWh sur 15 ans", précise Emmanuel Trivin. Mais là encore, ce n’est pas suffisamment différenciant. Et Butagaz continue à vendre largement du gaz d’origine fossile.

Compenser certaines consommations

L’ETI a donc décidé de se lancer en 2019 sur la compensation carbone. Via l’agence de certification carbone South Pole, Butagaz s’engage à compenser les consommations de gaz pour le chauffage de ses clients particuliers en investissant dans des projets certifiés bas carbone. "On va compenser la consommation de plusieurs centaines de milliers de clients, soit environ 500 000 tonnes de CO2. Cela qui représente pour Butagaz un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros", indique Sylvie Gallois, la directrice marketing de Butagaz. Les projets dans lesquels South Pole va investir pour le compte de Butagaz ne sont pas tous définis, mais ils devraient concerner un projet de protection de foret au Zimbabwe, des projets éoliens et solaire en Inde, et de la microfinance pour équiper en foyers de cuisson à gaz améliorés le Burkina Faso.

Emmanuel Trivin n’engage pas Butagaz sur des objectifs de réduction de consommation ou d’émissions chez ses clients. Mais il réfléchit à augmenter la part de services d’efficacité énergétique dans son offre, quitte à l‘intégrer en interne. Face à la déferlante Total, il ne va peut-être pas avoir le choix.

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