Quotidien des Usines

Pourquoi Areva a choisi Caen pour produire ses futurs traitements contre le cancer 

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Aux côtés du ministre du Budget, le président du directoire d’Areva, Luc Oursel, a justifié son choix. C’est à Caen qu’il construira entre 2016 et 2018 sa seconde unité de production de plomb 212, l’élément principal des médicaments développés par sa filiale Areva Med.

Pourquoi Areva a choisi Caen pour produire ses futurs traitements contre le cancer © Novartis AG - Flickr - CC

La radiothérapie est née de la combinaison entre l'énergie et la médecine nucléaire. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, des ambitions du champion de l’énergie nucléaire Areva dans ce domaine. Avec sa filiale dédiée à la santé Areva Med, le français vient de franchir une nouvelle étape. Il annonce l'implantation d'une seconde unité de production de plomb 212. Un métal rare, utilisé dans le développement de traitements ciblés contre des cancers particulièrement agressifs, pour lequel Areva a développé un procédé d'extraction et de purification unique.

Une production espérée en 2020

En concurrence avec plusieurs municipalités de l'Hexagone, c'est finalement Caen qui a été choisie pour accueillir cette installation. Une décision que Luc Oursel, président du directoire d’Areva, justifie par "des raisons externes et internes".  La capacité des élus locaux de toutes sensibilités à s’unir pour porter le projet, la réputation scientifique des équipes locales comme celles du CHU de Caen, mais aussi "les infrastructures déjà existantes, car on s’inscrit dans la durée", ont pesé. Sans oublier, bien sûr, "l’histoire commune dans le domaine nucléaire entre Areva et la région de Basse-Normandie". Car en interne, la commodité d’être à mi-chemin entre l’usine de retraitement de la Hague, où est née ce projet d’extraction du plomb à visée médicale, et les équipes parisiennes d’ingénierie d’Areva ont aussi joué.

Ces dernières seront chargées des études préalables pour dimensionner la capacité de la future unité de production et concevoir "une infrastructure de très haut niveau, alliant toutes les exigences du nucléaire et de la médecine". Les prochains dix-huit mois seront dédiés à ces études et à l’obtention des autorisations administratives pour l’implantation de l’unité. La construction doit débuter en 2016 pour une entrée en opération espérée en 2020.

Un projet conditionné à l’avancée des traitements…

"Ce programme bénéficie d’un soutien extrêmement fort au sein du groupe", insiste Luc Oursel. L’usine de 5 000 mètres carrés, sur un site de cinq hectares, devrait en effet représenter un investissement d’environ 200 millions d’euros et une soixante d’emplois. Mais le dirigeant d’Areva reste prudent.

Ce projet est conditionné à l'avancée, en parallèle, des programmes scientifiques d'Areva Med pour développer ces nouvelles thérapies. Un premier essai chez l'homme est notamment en cours aux Etats-Unis, avec des résultats attendus cette année. L’industriel espère bientôt poursuivre ces essais dans des centres français. Et travaille également avec le laboratoire pharmaceutique Roche sur d'autres traitements utilisant le plomb 212.

… soutenu par le ministre du Budget

Le plomb utilisé dans ces différents essais est produit à Bessines, en Haute-Vienne, où Areva Med dispose depuis 2012 des capacités industrielles du laboratoire Maurice-Tubiana. A Caen, il pourra donc passer à la vitesse supérieure, en produisant les traitements qu’il espère voir autorisés dans le monde entier.

De quoi réjouir le normand de cœur, Bernard Cazeneuve, le ministre délégué chargé du Budget s’est déplacé au siège parisien d’Areva pour l’occasion. "Je fais toujours en sorte que les atouts de notre région puissent être valorisés", justifie-t-il, se félicitant d’un "facteur de développement important de savoir-faire hautement technologique. Le nucléaire peut aider à sauver des vies. Avec l’application du nucléaire à la médecine, on pourra mesurer tous les effets positifs de ces technologies sur la santé."

Gaëlle Fleitour

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