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Pourquoi amazon fait peur… à IBM

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Après avoir conquis les start-up et les geeks, Amazon Web Services s’attaque aux grandes entreprises et administrations. Et menace les géants traditionnels de l’informatique, Big blue en tête.

Pourquoi amazon fait peur… à IBM

Les entreprises citées

C’est David contre Goliath. Une start-up de moins de huit ans, contre le géant historique de l’informatique. Le match qui oppose Amazon et IBM dans le cloud computing paraît pour le moins inégal. C’est pourtant Amazon Web Services, une filiale du plus jeune, qui a gagné un round décisif l’an passé en se voyant attribuer un marché par la CIA. Un contrat emblématique de 600 millions de dollars (436 millions d’euros) sur quatre ans. Big blue a eu beau contester le résultat devant la justice, il a dû ravaler sa fierté. Contre toute attente, Amazon l’a emporté, non pas parce qu’il était le moins cher (son offre était 57% plus onéreuse), mais parce qu’il s’est révélé être le meilleur sur le plan technique, d’après l’agence de renseignement américaine.

Cet événement marque un tournant. "Jusqu’ici, nous étions perçus comme un fournisseur réservé aux entrepreneurs, aux start-up et aux développeurs informatiques, rappelle Andy Jassy, le vice-président d’Amazon.com chargé d’Amazon Web Services. Nous devenons maintenant visibles aussi pour les grandes entreprises et les administrations." Le réveil est brutal pour les acteurs traditionnels de l’informatique tels qu’IBM, HP, Microsoft et Oracle, pour lesquels le marchand de Seattle ne constituait pas une sérieuse menace. Ils le voyaient dans les services banalisés à bas coûts pour petites structures. Pas dans les services à valeur ajoutée pour grandes entreprises et administrations, dont ils estimaient être les seuls à satisfaire les exigences de fonctionnalités et de sécurité.

 

Services standardisés, infrastructure mutualisée

Le nuage d’Amazon

  • 9 sites de datacenters dans le monde
  • Plusieurs centaines de milliers de clients
  • Plus de 30 services en ligne
  • Plus de 2 milliards de documents stockés
  • 8 000 partenaires dans son écosystème
Amazon joue désormais dans la cour des grands. Pour IBM, il devient même l’ennemi numéro un dans le cloud. Signe de sa nervosité, Big blue n’a pas hésité, en novembre, à placarder une affiche publicitaire géante sur laquelle il revendiquait 30% d’avance dans l’hébergement de sites web les plus critiques… devant le centre de conférences de Las Vegas, où Amazon avait invité ses partenaires et clients pour sa manifestation Re:Invent ! En réponse, Andy Jassy a qualifié IBM de représentant de la vieille garde de la high-tech.

Si Amazon fait peur, c’est qu’il dispose d’un modèle en rupture avec celui des acteurs traditionnels. Dès le départ, il a fait le pari du cloud public en proposant des services standardisés s’appuyant sur une infrastructure informatique partagée par tous ses clients, à l’instar de ce qui se fait dans l’électricité. L’objectif est d’offrir le maximum de flexibilité et les prix les plus bas. Chaque amélioration de l’infrastructure se traduit par des gains pour tous les clients. Depuis 2006, Amazon a procédé ainsi à 38 baisses de prix. Un terrain sur lequel Google tente de rivaliser.

A contrario, les acteurs traditionnels comme IBM, HP et EMC privilégient le cloud privé. Un choix dicté par le souci de préserver leurs fortes marges, estimées entre 60% et 80%, contre 3% à 7% pour Amazon, et de continuer à vendre leurs solutions combinant matériels, logiciels et services. L’idée est de construire une infrastructure cloud dédiée au client. L’entreprise bénéficie ainsi des avantages de la mutualisation, mais seulement en interne et sans flexibilité. "Seul le cloud public offre tous les bénéfices en coûts et en flexibilité", tranche Andy Jassy. Les géants de l’informatique sont entrés dans le cloud public à partir de 2011. Mais ils l’ont fait à reculons pour vendre des services de cloud hybride : public pour les applications banalisées, privé pour les applications critiques.

Les start-up constituent encore le gros bataillon des clients d’Amazon. Mais ce dernier peut revendiquer de grands clients comme Ericsson, Lafarge, Pfizer, Schneider Electric, Sogeti et Ubisoft. Ce succès se traduit dans les chiffres, même si Amazon ne dévoile pas ses résultats dans le cloud. Selon une étude du cabinet Synergy Research, il pèse 15% de plus sur ces segments de marché (IaaS et PaaS) que Salesforce, IBM, Microsoft et Google réunis. Les analystes s’attendent à une montée en flèche du chiffre d’affaires : entre 3 et 4 milliards de dollars en 2013, plus de 8 milliards en 2015, et entre 15 et 20 milliards en 2020. De quoi faire pâlir d’envie IBM, qui prévoit un revenu de 7 milliards de dollars dans le cloud en 2015, mais en y incluant la vente de matériels, de logiciels et de services associés.

Malgré ces résultats mirobolants, Amazon ne gagne pourtant pas d’argent. Ses concurrents non plus. "Il est possible qu’il n’en gagne jamais, explique Jeffrey Hammond, analyste chez Forrester Research. Ce qui n’est pas un souci pour lui. Sa priorité est de continuer à engranger des clients afin de réduire les coûts et de conforter son écosystème. Son infrastructure cloud n’est rien d’autre que celle de son activité d’e-commerce. L’objectif final étant de continuer à vendre des produits en ligne au prix le plus bas."

 

1 100 logiciels disponibles

Les acteurs traditionnels ont d’autant plus de raisons de craindre Amazon qu’il tend à s’étendre. Il a commencé avec le cloud d’infrastructure, un segment dont il s’est arrogé, selon Synergy Research, 35% du marché au troisième trimestre 2013. Soit cinq fois la part du numéro deux, IBM, et loin devant Microsoft et Google, crédités chacun de moins de 3%. Il se montre aussi actif sur le cloud de plate-forme, dont il détient une part de 17% et talonne désormais Salesforce (18%), et devance Microsoft (14%) et Google (13%). Depuis un an, il s’attaque aux logiciels à la demande en proposant une MarketPlace aux éditeurs partenaires. À ce jour, cette place de marché compte 1100 logiciels. Amazon se charge du packaging et de la gestion du paiement, en contrepartie d’une commission de 20% sur les ventes. Les revenus tirés de cette activité devraient, selon le cabinet Evercore Research, dépasser 1 milliard de dollars en 2015, contre 180 millions en 2013. Microsoft, IBM, Oracle, SAP… Tous les grands éditeurs de logiciels y sont présents. Comme quoi Amazon devient incontournable, même pour ses concurrents… 

Il est présent sur les trois segments

  • Infrastructure Services de traitement, de stockage et de communication à la demande, appelés IaaS (Infrastructure as a service). Leaders du marché Amazon, IBM, Microsoft
  • Plate-forme Services d’appli pour le développement, le test, la configuration ou la gestion d’applications informatiques, connus sous le nom de PaaS (Plateform as a service). Leaders du marché Salesforce, Amazon et Microsoft
  • Logiciels à la demande Services de location en ligne de logiciels applicatifs d’entreprise (travail collaboratif, gestion de la relation client, ressources humaines, comptabilité…). Amazon est de plus en plus présent sur ce segment via sa MarketPlace. Leaders du marchéSalesforce, SAP et Oracle

Tout a commencé par l’e-commerce

1995 

Création d’Amazon.com par Jeff Bezos pour vendre en ligne des produits moins chers que dans le commerce traditionnel.

2000 

Ouverture à d’autres marchands en ligne de la plate-forme d’Amazon.com. Un premier pas vers l’optimisation de son infrastructure.

2006

Lancement de l’activité cloud computing pour vendre en ligne les capacités non utilisées de son infrastructure informatique.

2013

Contrat de la CIA remporté face à IBM. Un tournant qui fait entrer Amazon dans la cour des grands de l’informatique.

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