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L'Usine Aéro

Pourquoi Air France-KLM mise gros sur la maintenance

Olivier James , ,

Publié le

Analyse Sous le feu des projecteurs, le développement de la filiale low-cost Transavia d’Air France-KLM provoque un vaste mouvement de grève chez les pilotes. Elle n’est pourtant pas l’activité la plus lucrative du groupe. La palme de la rentabilité revient à la maintenance industrielle.

Pourquoi Air France-KLM mise gros sur la maintenance © Patrick Delapierre - Air France

Alors que la direction du groupe vient de présenter son plan Perform 2020 visant à remettre sur pied les finances de l’entreprise, la grève d’une partie des pilotes focalise le débat sur le développement de la filiale low-cost Transavia. L’avenir du groupe ne se résume pas à de tristes plateaux repas et des sièges qui donnent l’impression d’être assis sur son voisin de derrière. Dans le viseur d’Alexandre de Juniac, le PDG d’Air France-KLM : la maintenance industrielle, l’un des axes prioritaires du groupe. Cette activité méconnue du grand public et celle qui pourtant lui rapporte le plus.

Ce métier de la maintenance consiste à réparer les avions, des trains d’atterrissage aux moteurs, en passant par les systèmes de pilotage automatique. Grâce à elle, la durée de vie des engins s’allonge. Parmi toutes les activités du groupe, celle-ci regroupe 14 000 salariés et est de très loin la plus rentable. "Nous avons embauché ces dernières années et nous allons investir entre 100 et 200 millions d’euros par an", argue Franck Terner, directeur général adjoint d’Air France-KLM ingénierie et maintenance à l’occasion d’une rencontre avec la presse organisée par l’AJPAE (Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace).

Devenir leader mondial

Transavia, lucrative ? Même pas : son résultat d’exploitation était de -23 millions d’euros en 2013 (contre l’équilibre en 2012) pour un chiffre d’affaires de 984 millions d’euros, en hausse de 10,7%. Le fret accuse une perte encore plus importante : -202 millions d’euros en 2013 et un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros. Malgré la perte des courts et moyen-courriers, la rentabilité des long-courriers, permet péniblement à l’activité "passage" (transport aérien) de faire passer les chiffres au vert. Mais elle dégage seulement 174 millions de résultat d’exploitation pour un chiffre d’affaires de 20,1 milliards d’euros !

Résultat des courses : la maintenance industrielle est l’unique activité d’air France-KLM à pouvoir afficher une santé florissante. Elle a dégagé en 2013 un résultat d’exploitation de 159 millions pour un chiffre d’affaires de 1,25 milliard d’euros. De quoi donner des ailes à la direction du groupe, qui se verrait bien passer de deuxième à premier acteur de la maintenance aéronautique mondial, devant la compagnie aérienne Lufthansa (via sa filiale Lufthansa Technik). Des ambitions qui s’appuient sur un solide carnet de commandes. Il est passé de 3,3 milliards d’euros en 2011 à 5,1 milliards d’euros en 2014, soit une progression de 55%.

Comment le groupe compte y parvenir ? "Nous allons avant tout miser sur la maintenance des gros moteurs et des équipements d’avions", précise Franck Terner. Des activités à haute valeur ajoutée et en pleine croissance qui représentent respectivement 41% et 21% du chiffre d’affaires de la branche maintenance. Et qui devraient jouir d’un avenir radieux, comme le prouve la nouvelle unité industrielle dédiée aux aérostructures et aux nacelles qui entrera en service mi 2015 au niveau de l’aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy-en-France (Val d’Oise).

Un impact social limité

Pour la maintenance dédiée à l’aménagement intérieur des avions, qui représente 38% du chiffre d’affaires de la branche maintenance, c’est une autre histoire. Selon Franck Terner, "80% des coûts sont des coûts de main d’œuvre". Est-elle vouée à être délocalisée ? "Non, elle ne disparaîtra pas", assène-t-il. Le facteur déterminant de la proximité géographique joue à plein. Reste que le groupe compte bien se déployer davantage à l’étranger, mais pour servir des zones en croissance. "Nous comptons investir en Asie et dans les Amériques", souligne Franck Terner. Le groupe possède déjà 15 implantations industrielles dans le monde, dont 7 en France et aux Pays-Bas.

Porté par un trafic aérien en constante progression, la branche maintenance d’Air France-KLM peut compter sur des contrats longs termes, parfois 20 ans pour un moteur, et une moindre cyclicité de l’activité que la construction d’avions. L’impact social n’est pour autant pas massif. "Les effectifs ont légèrement diminué ces dernières années, admet Franck Terner. Nous avons par exemple formé ces trois dernières années près de 300 personnes issues de nos autres activités pour rejoindre la maintenance, et nous recrutons 80 apprentis par an". Dans cette branche, les salariés ont dû eux aussi faire des concessions, comme d’accepter de travailler 10,5 jours supplémentaires par an dans le cadre du plan précédent, Transform 2015. En pleine forme, cette activitié est prête à affronter la très rude concurrence mondiale.

Olivier James

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1 commentaire

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18/09/2014 - 09h02 -

Merci pour cet article bien documenté. Il est intéressant d'y apprendre que Transavia, gros sujet d'actualité, n'a pas gagné d'argent depuis sa création ...!
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