Environnement

Pour Veolia, la France est en avance sur l’économie circulaire

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A l’occasion du salon Pollutec, Bernard Harambillet, directeur général France de Veolia Recyclage et Valorisation des déchets, s’est confié à L’Usine Nouvelle.

Pour Veolia, la France est en avance sur l’économie circulaire
TRI DES DECHETS A L'ENTREPRISE RADIALL
© DR

En ces temps moroses pour l’économie de notre pays, trouver un dirigeant souriant et optimiste est plutôt rassurant. Avant de passer à l’économie circulaire, "nous avions une activité en baisse liée à l’activité industrielle et à la consommation. Nous nous retrouvons aujourd’hui avec un métier en croissance. Au lieu d’être opérateur de déchets, nous réalisons du recyclage et de la valorisation de déchets. Ce métier nécessite beaucoup de R&D pour développer les nouvelles unités de transformation", explique Bernard Harambillet, directeur général France de Veolia Recyclage et Valorisation des déchets (ex-Veolia propreté).

Et de citer l’exemple du tri télé-opéré avec un écran tactile à Amiens. "Cette industrie est créatrice d’emplois et valeur. Chez Veolia, la transformation sur ces nouveaux métiers représente un investissement de 500 millions d’euros sur la France à l’horizon 2017, précise Bernard Harambillet. Nous garantissons des quantités de manière industrielle. On n’est plus dans le 'green washing', les industriels savent qu’ils ont un problème de matières premières. On se réinvente avec de jolies perspectives économiques dans un pays qui est plutôt en avance". 

Une croissance de 20 % par an

Sur un chiffre d’affaires en 2013 de 2,5 milliards d’euros dans l’économie circulaire, Veolia réalise 20 % de ses ventes en France et surtout, l’activité augmente de 20 % par an. Car l’Hexagone a encore un potentiel énorme. Le taux d’utilisation des matières premières issues du recyclage dans la production est de 35 %. Produire la matière première secondaire est non seulement indispensable à l’avenir, mais c’est aussi une source d’économie d’énergie, ce qui tombe bien avec la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte.

Produire de l’acier à partir de matériaux recyclés demande dix fois moins d’énergie qu’avec des matières neuves. Veolia développe également la valorisation des eaux usées pour produire de l’énergie avec son procédé Energido, et des bioplastiques en y ajoutant des boues. Sans oublier la régénération des solvants pour les industries pharmaceutique et automobile. Autre exemple : Veolia a travaillé avec les équipes de Castorama pour mettre au point un plan de travail de cuisine composé à 35 % avec de la farine de bois et à 65 % avec du plastique recyclé. "Nous avons la garantie de commercialiser 1 500 tonnes de matériaux par an pendant cinq ans", se réjouit Bernard Harambillet. La fabrication et la conception du mobilier est assurée par la société Baudelet environnement et son partenaire Neo-eco, entreprise d’ingénierie environnementale.

Trop de changements, trop de dogmatisme

Présent au sein du comité Solutions COP 21 pour préparer le sommet de Paris en décembre 2015, Veolia tente d’infléchir les débats en mettant en avant l’économie circulaire, avec la présentation d’une quinzaine de solutions. Objectif, que ce sommet ne soit pas uniquement focalisé sur le climat mais également sur les notions de ressources. "C’est la première fois que les entreprises seront partie prenantes de la conférence pour le climat", se réjouit Bernard Harambillet.

Pourtant, il veut aussi quelques garanties pour avancer. Il regrette ces changements perpétuels de priorités. "Il faut arrêter d’opposer les filières, il faut chercher les complémentarités". De même, il estime que "le financement de la loi de transition énergétique reste flou. Nous voulons un cadre législatif clair et stable, durant la durée de nos investissements". La condition sine qua non pour avancer de manière sereine dans l’économie circulaire.

Olivier Cognasse

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