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L'Usine Santé

Pour sauver ses usines françaises, Servier se diversifie dans la sous-traitance

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Malgré l’écroulement de ses ventes en France et des résultats 2014 en chute, le laboratoire Servier tente de préserver l’emploi dans l’Hexagone. En se réorganisant et en se lançant dans la sous-traitance.

Pour sauver ses usines françaises, Servier se diversifie dans la sous-traitance © DR

Orphelins depuis peu, les laboratoires pharmaceutiques français Pierre Fabre et Servier sont contraints de se transformer. Après le plan social historique annoncé en décembre par le groupe cosmétique et pharmaceutique Pierre Fabre, le laboratoire Servier vient de présenter des résultats 2014 dans le rouge. Son chiffre d'affaires a dégringolé de 4,8%, atteignant 4 milliards d’euros. Le laboratoire y voit surtout l’impact négatif des effets de change, qui lui ont fait perdre 180 millions d'euros, l’international représentant 90% des ventes de ses médicaments de marque. 

Le résultat net a été divisé par quatre, à 77 millions d'euros, amoindri également par une amende de 331 millions d'euros infligée en juillet par la Commission européenne pour entrave à l’arrivée sur le marché de génériques de son médicament Périndopril. Servier fabrique lui aussi des génériques, sous les marques Biogaran en France et Egis en Europe de l’Est : ils ont représenté un quart de ses ventes l’an dernier.

Des effectifs déjà "réajustés" en Europe

Globalement, la Russie a déjà dépassé le chiffre d'affaires de la France (285 millions d’euros en 2014), "qui a énormément diminué depuis cinq ans, en étant quasiment divisé par deux", reconnaît Pierre Andriot, directeur des comptes du groupe. La Chine devrait bientôt doubler l’Hexagone à son tour. La faute à l’affaire Mediator et à la politique de baisses de prix des médicaments menée par le gouvernement, qui plombe aussi l’export "Quand en France nous avons une baisse d’un euro sur les boites, il y a un effet automatique d’un euro en moins sur les boites à l’international, à cause d’un système de prix de référence à l’international", affirme Olivier Laureau, le président de Servier. 

Le groupe peut-il faire l’impasse sur une restructuration ? "La politique de la maison est d’essayer de trouver des solutions pour éviter de prendre des décisions démotivantes, estime son dirigeant. Jusqu’à ce jour, la maison a pu faire l’économie [d’un plan social]". Mais pour combien de temps ? L’an dernier, les effectifs du laboratoire ont été "réajustés" dans certains pays d’Europe. La structure de ses équipes de promotion - les visiteurs médicaux - va devoir être réexaminée. Et le groupe s’apprête à lancer dans les années à venir de nouveaux médicaments issus du vivant - des biomédicaments et biosimilaires - qu’il n’est pas capable de produire dans ses usines chimiques et pharmaceutiques faute des technologies adéquates.

Les usines françaises et la R&D réorganisées

Servier veut "défendre au maximum notre emploi" sur les sites français. "Je n’envisage pas de faire des transferts de production" entre les onze usines mondiales du groupe, assure Olivier Laureau. "Pour l’instant, ces sites marchent à plein régime". En revanche, le groupe a lancé une vaste réorganisation en France. A Gidy, dans le Loiret, où sont produits 37% des médicaments Servier vendus à l’international, le projet Safran vise à gagner en souplesse dans les équipes et la variation des tailles de lots pour répondre beaucoup plus rapidement à l’évolution de la demande mondiale. 

L’usine chimique de Bolbeck (875 salariés), en Normandie, qui réalise 90% des principes actifs du groupe Servier, va s’ouvrir à la production pour le compte d’autres laboratoires européens. La R&D, qui regroupe 3000 chercheurs, dont les trois quarts en France, n’est pas oubliée, avec une nouvelle organisation visant à mesurer la valeur scientifique et économique des projets plus en amont. De quoi permettre à Olivier Laureau d’espérer une progression de 2,7% à 3% du chiffre d'affaires en 2015, à taux de changes constants. Mais "l'impact des taux de changes est assez imprévisible", prévient-il.

Gaëlle Fleitour

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