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L'Usine Aéro

Pour Safran, le redressement de Zodiac sera plus long que prévu

Olivier James , , ,

Publié le

Safran a diminué son offre de rachat de Zodiac d’un milliard d’euros. Une fois la transaction achevée, d’ici début 2018, le motoriste va devoir résoudre les difficultés industrielles de Zodiac.

Pour Safran, le redressement de Zodiac sera plus long que prévu
Zodiac aerospace cabine assemblage de sieges
© Salque Jean-Louis D.R. voir les IPTC

Un milliard d’euros. C’est le rabais sur lequel Safran et Zodiac se sont mis d’accord pour maintenir leur tandem à flots. Un chiffre issu de la baisse du prix de rachat des actions Zodiac, à 25 euros –pour la partie en cash – au lieu de 29,47 euros. Alors que les deux industriels avaient annoncé l’opération en janvier 2017 pour l’équivalent de 9,7 milliards d’euros, le motoriste Safran propose de racheter l’équipementier spécialiste de la cabine Zodiac pour 8,7 milliards d’euros, dette comprise.

Les annonces de résultats moins bons qu’attendus auront poussé Safran à réduire son offre, mais également à simplifier la structure financière de l’OPA conduisant au passage à devoir soumettre cette transaction au vote des actionnaires lors de l’assemblée général de Safran le 15 juin. De quoi répondre par la même occasion aux demandes en ce sens de certains actionnaires, le fonds activiste TCI en tête.

Tournée des sites

Mise en péril ces derniers mois, la naissance du numéro 3 mondial de l’aéronautique – hors constructeurs – pourrait bien avoir lieu. "Nous avons engagés des procédures de due diligence et nous avons fait appel à un consultant pour évaluer la situation de Zodiac et analyser la cause des écarts de performances, a expliqué Ross McIness, président du conseil d’administration de Safran, lors d’une conférence mercredi 24 mai. Nous avons pu nous faire notre opinion sur le plan de redressement de Zodiac et le confronter à nos hypothèses".

Philippe Petitcolin, le directeur général de Safran, a aussi mouillé la chemise : il a visité ces derniers mois sept sites industriels en difficulté, en particulier les sites californiens où sont produits les toilettes et les sièges incriminés pour des problèmes de qualité et de retards de livraison. Dans le détail, le patron s'est rendu à Issoudun (Indre), à Cwmbran (Royaume-Uni), ainsi que dans les sites américains de Huntington Beach, Cypress, Bolsa (deux activités différentes) et Brea.

Résultat de ce travail ? "Nous avons pris acte que le redressement allait prendre plus longtemps, le parcours sera plus lent", a admis Ross McIness. Le redressement devrait prendre un à deux ans de plus que prévu, et permettre à Zodiac d’atteindre un niveau de marges satisfaisant, plutôt vers 2012 ou 2022. Les synergies de coûts à hauteur de 200 millions d’euros par an sont maintenues, mais également décalées.

Gérer le Leap en même temps

"Philippe Petitcolin a jugé que le fruit de ces synergies mettra plus de temps car un certain nombre de sites travaillent sous pression, a précisé Ross McIness. Le projet de regroupement de sites reste intéressant, mais cela prendra un ou deux ans de plus". Le redressement repose aussi sur les épaules de Yann Delabrière, ex pdg de Faurecia, appelé à la rescousse par Zodiac, notamment pour remédier aux dysfonctionnements industriels.

Safran doit gérer la plus forte montée en cadences de son histoire avec le moteur Leap, destiné à l’A320neo et au Boeing 737 MAX. Ce n’est pas une sinécure, comme l’ont prouvé les problèmes repérés sur des disques de turbine basse pression, obligeant Boeing à interrompre brièvement des essais en vol. Et le groupe va devoir redresser un groupe en proie des difficultés industrielles plus profondes que prévues.

Réduction du nombre des fournisseurs

Comment le motoriste compte aider l’équipementier cabine ? "Certains de nos produits ressemblent à ceux de Zodiac, comme nos activités de câblages, a justifié Ross McIness. C’est le cas aussi de l’activité aérosystèmes de Zodiac. Nous avons en fait de nombreuses communalités de produits et de méthodes".

En janvier, Philippe Petitcolin en était convaincu : "Nos produits sont différents mais ils présentent des similitudes au niveau de leurs phases d’évolution". Et le dirigeant de citer le système interne Prompt de Safran, qui impose des passages de jalons normés lors du développement d’un produit. Il pourrait être mis en œuvre dans les sites de Zodiac. Des efforts devraient également être menés en matière de chaîne d’approvisionnement, qui pourraient passer par une réduction du nombre de fournisseurs. Zodiac a entre 6000 et 7000 fournisseurs, contre environ 2000 pour tout le groupe Safran.

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