"Pour réindustrialiser le pays, il faut une énergie bon marché"

Jacques Sallibartant, président de l’Amicale des foreurs et des métiers du pétrole, s’indigne de l’interdiction faite en France d’exploiter les gaz de schiste. Car ils pourraient, selon lui, promouvoir le "produire en France".

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L'Usine Nouvelle - Que veut dire "produire en France" quand on parle d’hydrocarbures ?
Jacques Sallibartant - Il n’y a pratiquement plus d’industrie lourde en France, plus de chimie, plus de sidérurgie, plus de cuir, plus de textile… Pour rouvrir des usines en France, il faut pouvoir les fournir en énergie. Or la France importe aujourd’hui de 65 à 70 milliards d’euros d’hydrocarbures par an. Pour réindustrialiser le pays, il faut une énergie bon marché. Par le passé, nous l’avons eu grâce au programme nucléaire civil. Aujourd’hui, l’exploration des gaz non conventionnels permettrait de se remettre sur le bon chemin.

Ne faut-il pas écouter les craintes des populations et appliquer le principe de précaution ?
Le principe de précaution existe depuis longtemps. Mais jusqu’à maintenant, c’était les acteurs industriels qui l’appliquaient. Depuis qu’il est entré dans la constitution, des politiques en font leur cheval de bataille pour être antitout : anti-hydrocarbures, anti- gaz de schiste, anti-nucléaire… Pour moi, ils sont anti-civilisation et anti-progrès.

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Dans les années 50, lorsque l’on a foré les premiers puits à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), nous nous sommes retrouvés face à des conditions très difficiles. Le gaz sulfuré était hyper corrosif pour les tubages. Des experts américains conseillaient d’y renoncer. Mais la société nationale des pétroles d'Aquitaine (SNPA) a alors mobilisé l’industrie sidérurgique pour développer un acier résistant. Ce glorieux épisode de notre industrie, qui a permis de produire du gaz pendant cinquante ans, n’aurait pas pu se faire avec le principe de précaution dans sa forme actuelle.

Il faut faire confiance à la science et à l’homme. Il y aura des accidents, c’est inévitable, mais il y aura toujours le maximum de précaution de pris. Un industriel n’ouvre pas une usine pour y tuer les hommes qui vont y travailler !

Que faudrait-il faire pour relancer une éventuelle exploitation des gaz de schiste ?
Il faut attendre la fin de l’élection présidentielle, que les esprits se calment et que les politiques puissent réfléchir. La régulation française sur le forage est contraignante. Preuve en est, il n’y a jamais eu de catastrophe sur le territoire. Mais il faut revoir le code minier. C’est une vieille dame de plus de cent ans qui mérite d’être actualisée à la lumière de l’expérience américaine sur les gaz de schiste. Il va falloir agir vite car après avoir bloqué les gaz de schistes, certains voudraient bloquer les hydrocarbures conventionnels, et notamment les forages exploratoires au large de Marseille et en Guyane. A ce rythme, on est en train de tuer l’industrie !

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