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Pour PSA, la cession des parts de l'Etat à Bpifrance "ne change rien"

Julie Thoin-Bousquié , ,

Publié le

En transférant ses parts à Bpifrance, l'Etat reste un actionnaire de référence du groupe PSA. Et en profite pour empocher une belle plus-value de plus d'un milliard d'euros. 

Pour PSA, la cession des parts de l'Etat à Bpifrance ne change rien
Le groupe PSA continuera d'avoir l'Etat pour "actionnaire de référence".
© Pascal Rossignol / Reuters

Au capital de PSA depuis 2014, l’exécutif s’interrogeait depuis plusieurs mois sur l’avenir de ses 12,7% dans le groupe automobile. Il faut dire que l’Etat a besoin en urgence d’argent pour financer la filière nucléaire française, avec la recapitalisation à venir d’Areva – 4,5 milliards d’euros qui devraient être injectés en juin –  et d’EDF – 3 milliards d’euros début mars. La question est désormais en partie réglée : l’Agence de participations de l’Etat (APE) a annoncé lundi 27 mars avoir cédé à Bpifrance ses parts pour 1,92 milliard d’euros… soit plus du double des 800 millions d’investis il y a trois ans dans le constructeur.

Ce tour de passe-passe et cette belle plus-value engrangée par l’Etat "ne changent" toutefois "rien au fonctionnement de PSA", signale-t-on au sein du constructeur. "A travers Bpifrance, le secteur public demeurera un actionnaire de référence du groupe PSA", confirme l’ l'Agence des participations de l'État (APE) dans son communiqué. La raison est simple : la Banque publique d’investissement est détenue à égalité par l’Etat et la Caisse des dépôts et consignations.

Changement marginal pour un PSA en bonne santé

PSA se retrouve avec un nouvel interlocuteur public, la Caisse des dépôts, en plus de l’Etat. La solution permet au passage d’éviter d’abandonner le groupe automobile aux mains de son autre actionnaire, chinois, Dongfeng, ce qui aurait pu se produire si l’Etat avait purement et simplement cédé sa participation sans miser sur Bpifrance.

"Au terme de cette opération", qui doit être effective après l’assemblée générale des actionnaires de PSA le 10 mai, "Bpifrance reprendra les droits et obligations du pacte d’actionnaires conclu avec la société, la famille Peugeot et le constructeur automobile chinois Dongfeng et disposera en conséquence de deux sièges et d’un censeur au conseil de surveillance de PSA", ajoute le communiqué. Bpifrance devra cependant attendre deux ans pour bénéficier de droits de vote doubles.

En transférant la participation à Bpifrance, l’Etat permet de revenir à une situation plus "normale" pour PSA. La banque publique d’investissement aurait en effet dû être chargée dès 2014 de procéder au sauvetage du constructeur français. Mais, du fait du partenariat existant avec Dongfeng, l’Etat avait alors préféré mettre à contribution l’Agence de participations de l’Etat (APE). Trois ans plus tard, Bpifrance hérite finalement d’un constructeur en bonne santé, qui devrait gagner en taille grâce au rachat de l’Allemand Opel et a notamment versé son premier dividende depuis 2011.

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