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Pour protester, les salariés de Ford Blanquefort ont choisi le Mondial

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 Sous les cris "tous ensemble", et "ça va péter", dans une ambiance marquée de sifflets et de chants, plusieurs centaines de salariés de l’usine de Ford de Blanquefort ont manifesté dans les allées du Mondial de l’automobile le samedi 29 septembre.

Pour protester, les salariés de Ford Blanquefort ont choisi le Mondial © Barbara Leblanc - L'Usine Nouvelle

Rendez-vous était donné à 12h30 sur le stand du constructeur dans le Hall 1 de la Porte de Versailles. Mais c’est dès 11h45 devant les portes du Mondial de l’automobile que les salariés de Ford ont pris les micros pour contester la position de leur groupe concernant leur usine en France. Tous craignent des suppressions d’emplois sur le site en restructuration, notamment dans un climat marqué par la crise de l’automobile en Europe. Ils réclament donc à la direction des garanties suffisantes

Depuis le haut des escaliers à l’entrée du Hall 1, tous arborent des affiches, banderoles ou autocollants sur lesquels est indiqué : "Ford, sauvons les emplois". A 12h25, tous les manifestants, emmenés par Philippe Poutou, ancien candidat du NPA à la présidentielle, et Olivier Besancenot, du même parti, traversent le Hall 1, les visiteurs leur laissant le passage, un peu surpris.
 
Une fois arrivés sur le stand Ford, des cotillons sont jetés sur le stand, les chants et les cris se multiplient sous les yeux des hôtesses et responsables de Ford.
 
Les deux porte-parole, Philippe Poutou et Olivier Besancenot, seuls disposés à accorder des entretiens, selon l’un des salariés de Ford, montent sur une des voitures exposées et appellent la direction à clarifier sa position.

Une action pour rien ?

Dans la foule, regardant ce spectacle, quelques syndicalistes assurent au porte-parole de Ford que monter sur les voitures ne faisait pas partie du programme prévu. "On n’est pas vraiment en accord avec cela", assure l’un d’entre eux.
 
Quant au porte-parole de Ford, il s’attendait à une telle action, mais assurément pas à voir les porte-parole debout sur les voitures. Selon lui, cela ne fait pas avancer le dossier. "La direction a annoncé 125 millions d’euros d’investissement sur le site pour le réindustrialiser, il faut comprendre que cela prend du temps", explique-t-il à L’Usine Nouvelle.
 
A l’argument selon lequel les salariés sont inquiets par la crise actuelle qui touche bon nombre de constructeurs, dont Ford, il précise que le groupe est inquiet face à la chute des ventes. Mais la France n’est pour l’heure pas concernée par le plan de départs volontaires annoncé la semaine dernière par la direction américaine.
 
Les salariés mécontents, eux, continuent à coller des autocollants sur tous les véhicules exposés, pendant que les porte-paroles répondent aux médias. Et les clients, eux aussi mécontents, s’insurgent. L’un d’eux assure à L’Usine Nouvelle qu’il a fait 200 km pour voir la nouvelle Kuga et qu’il ne peut pas observer le modèle couvert d’autocollants de manifestants. Les hôtesses, elles, commencent à nettoyer le stand. "Cela va prendre entre une et deux heures, précise le porte-parole de Ford à L’Usine Nouvelle. Mais on est habitué : on y a droit à chaque Mondial".

Les PSA aussi
Samedi matin, les salariés de Ford n’étaient pas les seuls sur le Mondial à protester. Les syndicats de PSA Aulnay, à l’appel du Sia, syndicat majoritaire, ont demandé une rencontre au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et ont réclamé des garanties suffisantes pour tous les salariés menacés dans le groupe.
 
"Carton rouge pour Montebourg", "Pôle Emploi c'est non", pouvait-on notamment lire sur les banderoles. Certains manifestants agitaient des cartons rouges à l'intention du ministre. Via son compte Twitter, Arnaud Montebourg a assuré qu'il se rendra au salon la semaine prochaine, ajoutant: "Je veux rencontrer les salariés de PSA que j'ai déjà vus à trois reprises et qui défendent légitimement leur travail".
 

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