Dans le récif de l'Amazone, le désaccord entre Total et Greenpeace

Greenpeace effectue une mission en Guyane pour préserver la biodiversité présente dans le récif de l'Amazone. L'ONG accuse Total, qui voudrait y forer un puits d'exploitation. L'entreprise pétrolière indique cependant qu'aucune formation biogénique n'y a été identifié. 

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Dans le récif de l'Amazone, le désaccord entre Total et Greenpeace
Image sous-marine du Récif de l’Amazone prise par Greenpeace en mars 2018.

A bord de son bateau Esperanza, une équipe de Greenpeace confirme avoir trouvé des récifs au large de la Guyane, où Total voudrait y forer un puits d'exploration pétrolière. "Nos fins limiers ont repéré des formations récifales dans deux zones d’exploration différentes, à quelque 150 kilomètres des côtes et à une profondeur comprise en 95 et 120 mètres", indique l'organisation le 11 mai. L'ONG achève ainsi une mission débutée le 3 mai.

Son objectif est d’analyser les récits coralliens présents près du pays sud-américain. L’ONG les estime aujourd’hui menacés "par des projets pétroliers prévus au large du Brésil par Total, BP et Petrobras. En cas de marée noire, le récif mais aussi les côtes guyanaises pourraient être touchés", indique-t-elle.

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Les discours de Greenpeace et de Total s’opposent

Cela fait quelques mois que Greenpeace et Total sont en désaccord. L’ONG a publié le 17 avril un communiqué relatant la découverte d’une formation récifale "à l’endroit même où Total envisage de forer des puits d’exploration pétrolière". Il s'y trouverait des rhodolithes, "algues calcaires qui constituent des habitats pour les poissons et autres créatures typiques des récifs". Désormais, Greenpeace le confirme et publie des photos avec des éponges de mer, des crinoïdes, des espèces de poissons typiques aux structures récifales et des coraux noirs.

Total a réagi les 4 et 12 mai, indiquant pour sa part : "Total confirme qu'aucune formation biogénique n'a été identifiée dans le bloc FZA-M-57 [secteur déterminé par Total, ndlr]. Le puits d'exploration prévu dans le bloc FZA-M-57 sera situé à 28 km des rhodolithes identifiés précédemment et à 34 km de l'endroit où l'ONG aurait trouvé des rhodolithes plus récemment."

L'entreprise précise qu'elle a bien identifié l'existence du plateau rocheux mais qu'il "est situé à près de 100 de mètres de profondeur d’eau alors que la zone de forage est localisée par plus de 2 000 mètres de profondeur d’eau et est située à 30 kilomètres du plateau rocheux." Selon Total, la campagne de cartographie a été réalisée avec l'aide de chercheurs du Muséum d'Histoire naturelle. Les opérateurs ont scanné 650 km2 de fonds avec un sondeur multifaisceaux et un sonar latéral.

Cependant le groupe pétrolier français prend des précautions quant aux informations qu'elle apporte dans son communiqué. "Ce document peut contenir des informations et déclarations prospectives qui sont fondées sur des données et hypothèses économiques formulées dans un contexte économique, concurrentiel et réglementaire donné. Elles peuvent s’avérer inexactes dans le futur et sont dépendantes de facteurs de risques." L'entreprise propose aussi une carte pour expliquer son emplacement :

Une bonne nouvelle pour la biodiversité

Les membres de la mission océan de Greenpeace se réjouissent pour leur part de la découverte de cette formation récifale. "Les scientifiques déclarent que le Récif de l’Amazone s’étend sur 56 000 km2, soit près de six fois la taille estimée au départ." Cette zone océanique, au croisement de l’Atlantique sud et des Caraïbes pourrait être le foyer d’une grande diversité d’espèces. Une vidéo explique la démarche de Greenpeace :

L’ONG précise que le procureur de l’État d’Amapá, situé au nord du Brésil, a officiellement demandé à l’agence environnementale brésilienne (IBAMA) de rejeter le projet de Total. La décision des autorités brésiliennes se fait attendre.

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