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L'Usine Auto

"Pour percer en Chine, Renault doit être un bon partenaire avec l’industrie locale"

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Publié le

Entretien Carlos Tavares numéro deux de Renault a déclaré à l’occasion du salon de Genève que Renault fabriquera "bien volontiers" sa technologie électrique dans sa joint-venture chinoise. L’occasion pour L’Usine Nouvelle de revenir avec Bernard Jullien du Gerpisa sur l’impact d’une telle déclaration.

Pour percer en Chine, Renault doit être un bon partenaire avec l’industrie locale © Renault

L'Usine Nouvelle - Que pensez-vous des propos tenus par le responsable de Renault ?
Bernard Jullien - Ces déclarations sont particulièrement intéressantes et évocatrices de ce que Renault espérait depuis longtemps dans le domaine du véhicule électrique. Il part à la conquête du premier marché du monde avec ce véhicule nouveau. Il dépasse aussi la simple alliance avec Nissan en Chine. Cette nouvelle est favorable tant pour le véhicule électrique que pour la percée de Renault en Chine, tant attendue.

"Evidemment", "bien volontiers". Derrière ces termes insistants et favorables aux Chinois, ne craignez-vous tout de même pas de probables transferts de technologie dans le domaine de l’électrique ?
On n’a rien sans rien. Il y a bien sûr un risque de ce côté-là. Surtout qu’en Chine la propriété intellectuelle n’est pas ce qu’il y a de plus respecté. Mais, comme le déclare Carlos Tavares, pour percer en Chine, il faut être un bon partenaire avec l’industrie locale. Comme nous l’avons souvent dit, il n’y a pas de possibilités de développement pour les constructeurs occidentaux en Chine s’ils ne font pas un pas vers les Chinois. Et Renault sait se rapprocher des autorités locales pour percer sur les marchés.

La CFE - CGC satisfaite
Gérard Blondel, responsable CFE-CGC chez Renault, se dit satisfait que Renault aille en Chine. "Nous ne serons plus absents du premier marché mondial. C’est une bonne nouvelle pour le véhicule électrique aussi, car nous pourrons faire des volumes. Evidemment en Chine il y a toujours le risque d’un transfert de technologies, mais nous allons alerter la direction sur ce point. Nous sommes conscients du fait que si on ne fabrique pas localement des véhicules mais qu’on les expédie de France en Chine, nous ne pourrons pas nous installer de manière compétitive face aux autres constructeurs mondiaux".

Qu’entendez-vous par là ?
Pour la Logan, par exemple, Renault a été crédible parce qu’il a permis de développer l’industrie automobile en Roumanie. De même, la Russie a accepté l’idée de ne pas avoir de grand constructeur national parce que le partenaire (à savoir Renault) laissait une place au partenaire local, avec des technologies.

Est-ce une nouvelle stratégie de conquête des marchés émergents ?
Cette conception rejoint celle de Sergio Marchionne, le patron de Fiat, au Brésil. Il est fini le temps où les constructeurs occidentaux venaient dans les pays pour implanter une usine seulement. Cela a été le cas au Mexique dans les années 90, à la fin des années 2000 en Europe centrale. Mais désormais, c’est irréalisable dans les grands pays émergents comme la Chine ou l’Inde. Les constructeurs doivent s’allier sur place et bâtir toute une sphère automobile avec les industriels locaux. Le modèle allemand impérialiste est donc trop fragile sur ces territoires.

Ces déclarations peuvent elles avoir un effet sur l’essor de l’électrique en France aussi ?
Ce qui est certain, c’est que dans ces propos, Carlos Tavares rejoint la forte volonté de Renault sur le véhicule électrique. Jusqu’ici il se montrait un peu plus frileux que ses prédécesseurs. Aujourd’hui il semble affirmer que l’électrique est nécessaire pour Renault, qu’il est important que Renault le fasse et surtout que c’est une des conditions pour s’imposer sur les marchés émergents. Les doutes des derniers mois au sein même des équipes de Renault sur l’essor du véhicule électrique devraient donc s’estomper, voire être levés.

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