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Pour Pepsico et son DG, Vincent Prolongeau, la responsabilité sociale des entreprises est plus qu'un slogan

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Emploi-Pro Vincent Prolongeau, directeur général de PepsiCo France vient d'être élu à la présidence d'Entreprise et Progrès, un think thank créé par François Dalle en 1970.

Pour Pepsico et son DG, Vincent Prolongeau, la responsabilité sociale des entreprises est plus qu'un slogan

Dans l'interview qu'il nous a accordée, il revient sur les raisons qui ont motivé sa candidature, sur la place de l'Homme dans l'entreprise, sur les moyens qu'il entend développer pour l'association.

Votre prédécesseur à la tête de PepsiCo avait rejoint Entreprise et Progrès. Quelles raisons vous ont poussé à poursuivre ?

Vincent Prolongeau :
Trois motivations principalement. Je partage la vision de l'association, où la recherche de la croissance économique cohabite avec la place centrale de l'homme. Par ailleurs, la philosophie d'Entreprise et Progrès est en écho avec celle de PepsiCo dont le slogan est « performance with purpose » - de la croissance avec du sens. Enfin, l'association réunit une centaine de chefs d'entreprises. Cela en fait un endroit idéal pour rencontrer ses pairs.

En devenant président, vous franchissez une étape supplémentaire. Qu'est-ce qui vous a motivé ?

V. P. : J'ai été sollicité par Paul Dubrule qui estimait qu'il était temps de passer la main à une nouvelle génération. J'ai accepté car c'était cohérent avec ce que je veux faire. En outre, comme je ne voulais pas être un président dormant, je me suis d'abord assuré que le temps que je consacrerai à cette activité ne pénaliserait pas l'entreprise que je dirige. Une fois que j'ai été assuré de cela, je me suis présenté, et les adhérents ont bien voulu valider ma candidature.

Vous allez donc suivre de près les activités de l'association ?

V. P. : Si on ne s'implique pas, cela n'a pas grand sens de se faire élire président. En tout cas, ce n'était pas ma vision de la présidence, d'autant que les circonstances sont difficiles. La conjoncture économique et l'état de l'entreprise dans l'opinion française posent de nouvelles questions. Cela donne encore plus de sens à une association comme la nôtre.

Quelles seront vos actions prioritaires ?

V. P. : Nous allons lancer une campagne d'adhésion. Je voudrais aussi faire contribuer davantage les adhérents, leur donner la parole, pour faire remonter des idées du terrain. Nous devons être des intermédiaires vis-à-vis des politiques qui sont parfois désemparés devant l'inefficacité de leurs mesures.

Plus concrètement, que comptez-vous faire ? Dans quel sens allez-vous développer votre action ?

V. P. : J'ai des idées, mais vous comprendrez que je les réserve aux membres de l'association. Je veux les confronter à leur point de vue. Cela rejoint ce que je vous disais au début de l'entretien. Dans ma conception, le but d'un président n'est pas de se servir de l'association mais au contraire de devenir ensuite son porte-parole.

Entreprise et Progrès aura bientôt 40 ans. Sa charte n'est-elle pas datée, sachant que depuis la mondialisation ou la financiarisation a gagné du terrain ?

V. P. : L'intuition des fondateurs selon laquelle l'Homme est au cœur de l'économie n'est pas démodée du tout. En revanche, il faut aujourd'hui aller plus loin et repréciser cette intuition initiale en tenant compte des changements en cours. La crise actuelle chamboule de manière durable certaines de nos croyances, certains de nos comportements. De nouvelles contradictions, des questions nouvelles émergent. Il va falloir trouver des réponses pérennes car ces interrogations ne disparaitront pas avec le retour de la croissance.

A titre d'exemple, le rapport à l'actionnaire, le social business, la place du sociétal dans l'entreprise et plus globalement la réflexion sur les nouvelles formes de création de richesses que le  capitalisme se doit de réinventer sont des sujets qui vont nous obliger à trouver de nouvelles solutions. Une association comme la nôtre est interpellée par ces débats. Nous entendons jouer notre rôle.
A vous écouter, votre projet est de donner du sens à l'expression assez galvaudée de responsabilité sociale des entreprises ?

V. P. : Cette formule a eu du succès car tout le monde sent bien les enjeux derrière. Il convient maintenant de passer à la vitesse supérieure. Nous devons lui donner un contenu, sortir des bonnes intentions et agir. Il va falloir trouver qui peut incarner la responsabilité sociale, comment les entreprises vont construire une manière renouvelée de faire des affaires.

Est-ce l'urgence du moment ?

V. P. : Non, l'urgence pour beaucoup d'entreprises est de trouver des fonds pour continuer leur activité, ne nous leurrons pas. Toutefois, la sortie de la crise passe par le développement de perspectives nouvelles. Le président Obama l'a bien compris, quand il parle de relance grâce à l'économie verte. Toutefois, Entreprise et Progrès ne va pas se substituer aux politiques. Tout au plus pourrons nous les inspirer.

Le débat du jour porte sur les rémunérations des dirigeants. Que préconisez-vous ?

V. P. : C'est typiquement le type de sujet sur lequel je souhaite que nous travaillons, pour apporter des préconisations dans l'espace public. Toutefois, comme nous n'en avons pas encore débattu, je ne pourrai vous donner que mon avis personnel, ce que je ne veux pas faire.

Avec le retour du chômage, craignez vous que le rapport des Français à l'entreprise ne se détériore à nouveau ?

V. P. : Ces dernières années, le souci d'éthique des dirigeants a été souvent évoqué. Bien que réel chez nombre d'entre-eux, il est mis à mal par le comportement de certains dont l'enrichissement apparaît complètement décalé. Nous observons un vrai risque de défiance des employés vis-à-vis de leur direction.

Vous inquiétez-vous d'un retour de relations sociales conflictuelles ?

V. P. : On peut craindre le retour de relations sociales crispées. Cependant, les relations sociales restent aussi des relations humaines. Les employés ont face à eux des êtres humains avant tout. Ceux-ci inspirent ou non confiance. Tant que le dialogue est incarné par des hommes qui ont le souci de l'intégrité, il faut rester optimiste.

Propos recueillis par Christophe Bys

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