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L'Usine de l'Energie

"Pour ne pas être distancée, l’Europe doit renforcer ses engagements" , prévient Thierry Fornas d’EcoAct

Olivier Cognasse

Publié le

Entretien Thierry Fornas, le président et co-fondateur d’EcoAct, qui accompagne de nombreuses entreprises en France et à l’international en matière de décarbonisation et d’intégration du risque climatique, répond aux questions de l’Usine Nouvelle, alors que le Forum de Davos se tient cette semaine.

Pour ne pas être distancée, l’Europe doit renforcer ses engagements , prévient Thierry Fornas d’EcoAct
Thierry Fornas, Président d'EcoAct

L'UsineNouvelle - Le Forum de Davos arrive dans un climat particulier avec l’investiture de Donald Trump aux Etats-Unis. Qu’en attendez-vous pour l’environnement ?

Thierry Fornas - Si cela avait été avec les Démocrates cela aurait été plus simple. Comme la ligne est plus dure au niveau américain, les acteurs les plus engagés vont devoir redoubler d’efforts. Nous sommes positionnés aux Etats-Unis depuis quelques mois et certaines entreprises sont très motivées. Elles vont agir quelle que soit la politique engagée par le nouveau Président américain, Donald Trump. A la COP22, malgré les résultats de la Présidentielle américaine, les Parties se sont effet mises d’accord pour définir les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris dès 2018, au lieu de 2020. Et puis, c’est une très bonne chose de voir la Chine reprendre le flambeau de la transition énergétique. C’est un passage de relais que l’on n’attendait pas. Pour ne pas être distancée, l’Europe doit elle aussi renforcer ses engagements.

Quels sont les freins majeurs dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

En premier lieu, les subventions aux énergies fossiles. Le pétrole, c’est une énergie qui est finie. Les compagnies pétrolières changent leur modèle en intégrant les énergies renouvelables comme Total. Le charbon est encore vital en Australie, en Chine et en Inde. Mais il est énormément subventionné.

L’article 173-4 de la loi de transition énergétique oblige les entreprises de plus de 500 salariés à faire figurer dans leur rapport de gestion les informations environnementales. Est-ce que cela explique la prise de conscience subite de bon nombre d’entreprises ?

La réglementation et les démarches volontaires doivent aller de pair. On attend encore davantage du législateur, mais il est évident que certains secteurs comme les banques ont évolué sous cette contrainte. La COP21 a permis de pointer du doigt les entreprises pas très engagées au niveau environnemental. Depuis de nombreuses sociétés ont avancé volontairement sur le sujet, en instaurant par exemple un prix du carbone en interne. Nous sommes chargés de faire le lien entre la décarbonisation et la performance économique des entreprises et prouver le retour sur investissement de cette stratégie. Car le coût de l’inaction les rattrapera tôt ou tard.

A combien peut-on évaluer le coût de l’inaction ?

Le World Economic Forum a identifié le risque climatique comme principale préoccupation pour 2017. Le risque devient prégnant. Les températures moyennes battent records sur records. En 2016, nous avons enregistré une hausse des températures de 1,2°C par rapport  à la période préindustrielle. A +2°C, on ne sait pas bien ce que cela donnera. Les entreprises sont de plus en plus conscientes qu’elles ne peuvent pas rester sans rien faire. Le rapport Stern avait évalué la perte liée au réchauffement climatique entre 5 et 20 % du PIB mondial. Or les investissements nécessaires pour le contenir sont évalués entre 3,5 et 9 %. Sans parler des risques migratoires et des problèmes d’instabilité internationale. Agir pour le climat, c’est donc agir pour l’économie.

Qu’est-ce qui menace en premier lieu les industriels ?

L’impact le plus important ce sont les phénomènes de météo extrêmes. EcoAct essaie d’apporter des réponses. Nous travaillons avec des industriels et notamment le groupe L’Oréal  sur la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement. Le secteur de la cosmétique est un des plus sensibles. Il s’approvisionne beaucoup dans les pays du Sud. Les entreprises implantées dans des zones littorales doivent regarder et anticiper les évolutions avec des projections climatiques.

Quels sont vos outils pour aider les entreprises à s’adapter à la nouvelle donne climatique ?

Nous travaillons avec Météo France et l’institut Pierre-Simon La Place pour réaliser des prévisions climatique notamment à base de cartographie. Nous évaluons la vulnérabilité de nos clients et concevons des stratégies d’adaptation qui leur permettent de transformer durablement leur business model.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

 

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