Pour mieux diagnostiquer les patients, le français BioMérieux mise sur le numérique

Spécialiste des tests et équipements de diagnostic médical, le lyonnais BioMérieux expérimente des technologies issues du numérique – séquençage de l’ADN, bio-informatique - pour rester champion sur ses marchés devenus plus difficiles.

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Pour mieux diagnostiquer les patients, le français BioMérieux mise sur le numérique

C’est une tendance croissante chez BioMérieux. Depuis quelques années, le spécialiste français des équipements et des tests de diagnostic médical, mise sur le numérique pour innover dans un secteur de plus en plus difficile.

Ses clients, les laboratoires d’analyses médicales, sont de plus en plus concentrés - à travers des réseaux comme Labco ou Eurofins -, accentuant la pression sur les prix.

Les autorités de santé à travers le monde sont aussi plus exigeantes quant à autoriser de nouveaux produits et surveillent de près leur fabrication. Le Français en avait fait les frais. Son système-qualité avait été mis en cause dans trois de ses usines. Une situation réglée, assure-t-il désormais. Il a même décidé d’investir cette année 285 millions d’euros dans l'industrie, dont 45 millions pour l’extension de son siège de Marcy l’Etoile (Rhône).

Alliance avec le géant du séquençage de l'ADN Illumina

Face à des géants comme le suisse Roche, BioMérieux est leader mondial dans des segments de niches, comme la microbiologie clinique et industrielle. Et l’"approche syndromique" en biologie moléculaire, avec sa plate-forme FilmArray, capable de détecter simultanément virus et bactéries pour poser rapidement un diagnostic. Sans avoir à effectuer de multiples tests.

Pour maintenir son avance, il croit aux vertus du numérique. Exemple, une alliance en R&D signée fin 2014 avec l’américain Illumina, le géant mondial du séquençage de l’ADN. Objectif, voir si cette technologie peut s’avérer prometteuse pour améliorer le diagnostic. En développant notamment des outils pour permettre aux hôpitaux d’identifier la source de maladies nosocomiales d'origine bactérienne. "Un premier test est expérimenté depuis la fin de l’année dernière en mode service", confie Alexandre Mérieux, le directeur général de BioMérieux, à l’occasion des résultats annuels de l’entreprise présentés le 3 mars.

Les résultats 2015 de BioMérieux fragilisés par BioTheranostics
BioMérieux a fait mieux que le marché du diagnostic en 2015, enregistrant un chiffre d’affaires en hausse de 7,1%, à taux de change et périmètre constant, à 1,96 milliard d'euros. Mais son bénéfice net est passé de 136 à 110 millions d’euros, en raison de la charge exceptionnelle liée à BioTheranostics. Et de nouveaux coûts liés à l'amortissement de l'acquisition de la société américaine Biofire, qu’il a pourtant intégrée il y a un an.

Big data pour diagnostic optimisé

Mais qui dit solutions de séquençage ultra-rapides de l’ADN, ou de diagnostic avancé, dit beaucoup, beaucoup de données générées... Comment traiter rapidement ces big data ? "Pour fournir la bonne information, tout est dans l’analyse des données", confie Alexandre Mérieux à L’Usine Nouvelle.

Le Français s’est donc emparé il y a deux mois d’une entreprise belge de bio-informatique, Applied Maths, dont "l’outil bio-numérique est bien référencé dans les hôpitaux". Elle ne réalise encore que 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais devrait proposer de nouvelles plate-formes analytiques et permettre au groupe de "dynamiser son réseau", entre les instruments installés, les outils de gestion de données et la gigantesque souchotèque de bactéries de BioMérieux.

En attendant, le groupe lyonnais doit rassurer les marchés, inquiets de son désengagement dans bioTheranostics, la société californienne spécialisée dans les services dédié au diagnostic des cancers. Il l’avait acquise en 2008 pour 60 millions de dollars. Or BioMérieux a décidé depuis de se concentrer sur les maladies infectieuses.

Désormais actionnaire à seulement 20% de bioTheranostics (cette dernière a récemment fait entrer à son capital des investisseurs privés), le Français n’a pas vraiment rentabilisé son investissement initial. Il vient de comptabiliser une perte de valeur de 32 millions d’euros qui plombe ses bénéfices 2015.

Gaëlle Fleitour

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