Pour Marisol Touraine, Servier doit prendre ses responsabilités

[ACTUALISE] - La ministre de la Santé a expliqué à la sortie du conseil des ministres le 3 octobre, qu’elle serait attentive à ce que les victimes du médicament Mediator puissent être indemnisées correctement.

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Pour Marisol Touraine, Servier doit prendre ses responsabilités

"Je suis très attentive à ce que les victimes puissent être indemnisées correctement, a déclaré la ministre à la sortie du Conseil des ministres. C'est le laboratoire qui est en première ligne, c'est le laboratoire qui est responsable et c'est le laboratoire qui, à la fin du processus, devra assumer ses responsabilités".

"Ne nous trompons pas de cible et d'enjeu : le Mediator a été mal utilisé, mal commercialisé, il y a eu des mensonges et c'est le laboratoire qui est en première ligne, c'est le laboratoire qui est responsable et c'est le laboratoire qui, à la fin du processus, devra assumer ses responsabilités", a-t-elle encore dit.

Cette déclaration intervient au moment même où le président de l'Association des victimes du Médiator (Avim), Dr Dominique Michel Courtois, a fait savoir dans le Parisien que 80% des dossiers d’indemnisation de victimes présumées ont été jugés irrecevables par le ministère de la Santé.

Au total, ce sont 500 dossiers qui ont été présentés par son association et examinés par le collège des experts de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

Pour sa part, le directeur de l'Oniam Erik Rance a indiqué à l'AFP que 830 dossiers avaient été examinés sur les 7 500 présentés par les victimes. Mais il s'est refusé à confirmer les pourcentages de rejet.

Les experts mis en cause

Pour rejeter les demandes, les experts ont ainsi mis en avant l'âge avancé du malade, ou encore le fait qu'il avait pris des anti-migraineux susceptibles d'entraîner des problèmes cardiaques, précise-t-il.

La pneumologue Irène Frachon, qui a dénoncé la première les dangers du Mediator (laboratoires Servier), a critiqué mercredi la frilosité du collège d'experts invités à étudier les demandes d'indemnisation des victimes supposées du médicament. "Le problème d'expertise est le reflet des difficultés inhérentes à la législation, qui réclame un lien de causalité direct et certain, explique le Dr Irène Frachon. On ne peut pas prouver à 100% mais il faut que le doute bénéficie à la victime, alors qu'il bénéficie à Servier. Les experts expliquent que les malades ne vont pas mourir des petits valvulopathies, mais il ne faut pas oublier le préjudice d'angoisse".

Le Mediator, un médicament des laboratoires Servier destiné aux diabétiques en surpoids, a été largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009. Il est soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en 30 ans, voire 1 320 à 2 000, selon d'autres estimations. Il a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients.

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