Pour Mario Draghi, "la BCE ne peut pas tout faire"

PARIS (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) reste prête à agir si nécessaire pour faire repartir la croissance mais elle ne peut pas tout faire et il appartient aux gouvernements de poursuivre les réformes, a déclaré son président, Mario Draghi, dans un entretien au Journal du dimanche.

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La BCE a baissé son principal taux directeur début novembre, le ramenant à 0,25%, un nouveau plus bas historique, pour tenter de soutenir l'activité économique et le crédit.

Ses principaux responsables affirment régulièrement depuis qu'elle demeure prête à agir encore en cas de besoin, ce qui pourrait la conduire à de nouvelles mesures "non-conventionnelles", comme des prêts massifs de liquidités aux banques de la zone euro.

"Nous sommes toujours prêts et capables d'agir ultérieurement", a ainsi dit Mario Draghi au JDD. "Nous avons déjà déployé une partie de nos instruments dans le cadre de notre politique accommodante alors même que certains nous accusaient de prendre des risques insensés et de mettre en danger la stabilité des prix. Or, il ne s'est rien passé de tel. Au contraire, nos actions ont eu l'effet désiré."

"Aujourd'hui, nous restons tout aussi déterminés à garantir la stabilité des prix et protéger l'intégrité de l'euro. Mais la BCE ne peut pas tout faire. Nous ne nous substituerons pas aux gouvernements. A eux d'engager des réformes de fond, de soutenir l'innovation, de maîtriser les dépenses publiques, bref, d'inventer de nouveaux modèles de croissance."

Alors que l'inflation dans la zone euro est tombée en octobre à 0,7% sur un an, un plus bas de près de cinq ans, Mario Draghi a assuré que "nous ne sommes pas en déflation".

Tout en se refusant "à spéculer sur la bonne parité euro-dollar", il a reconnu "qu'un taux de change élevé a des conséquences sur la croissance et l'inflation en Europe."

Interrogé sur la situation de la France, Mario Draghi a répondu que "de gros efforts ont été engagés" et que "l'important est de continuer sur le chemin des réformes".

"La compétitivité reste insuffisante et le redressement des comptes publics ne peut plus reposer sur la hausse des impôts. La France a besoin de retrouver une stabilité fiscale pour que les entreprises recommencent à investir", a jugé le président de la BCE.

Marc Angrand

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