Economie

Pour libérer l’activité Emmanuel Macron multiplie les micro propositions

Anne-Sophie Bellaiche , ,

Publié le , mis à jour le 16/10/2014 À 12H53

Analyse Le ministre de l’Economie a présenté mercredi 15 octobre les premières orientations de son "projet de loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques" . On y trouve de tout et ce n’est pas fini...

Pour libérer l’activité Emmanuel Macron multiplie les micro propositions © Gouvernement français - Wikimedia commons

Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a prévenu d’entrée de jeu : "Il n’y a pas une grande réforme qui peut tout changer en France". C’est donc une série de micro-sujets auxquels s’attaque le ministre pour libérer l’activité. Le projet de loi, dévoilé par épisodes jusqu’à novembre, sera présenté en décembre en conseil des ministres pour être voté avant le printemps. Il rassemble un ensemble de mesures disparates.

Seule proposition concrète : le travail le dimanche et en soirée

Toutes zones
: 12 dimanches dont 5 garantis (accordés par le maire).

Tous les dimanches : Aménagement des zones actuelles, avec ajout du critère potentiel économique et compensation financière pour les salariés d’entreprises de plus de 11 employés. Un dispositif qui s'appliquera également à une dizaine de gares.

Tous les dimanches et en soirée : Création de "zones touristiques de dimension internationale à fort potentiel économique" ( Paris) et ouverture si accord majoritaire dans l’entreprise et compensation financière des salariés.

Disparates en termes de secteurs, de partenaires concernés, de thématiques ou d’ambition. Du côté des secteurs économiques, c’est essentiellement le transport en autocar interrégional, très règlementé, qui est ciblé. "Est-il normal que l’on ne puisse pas faire un Paris-Strasbourg si l’on n’arrive pas de Varsovie ?", s’est interrogé le ministre. Il en espère des emplois et une liberté de déplacement accru pour les familles, les jeunes et les plus précaires. L’autorité de la concurrence s’était en effet émue au printemps dernier "d’un marché à très fort potentiel, bridé par un système règlementaire Malthusien". L’autocar ? Ce potentiel de croissance avait échappé au commun des mortels, contrairement au secteur des taxis qui lui ne devrait pas évoluer, suite à la loi sur les VTC. Du côté des professions réglementées, en particulier juridiques et médicales, ce ne devrait pas être la révolution annoncée mais une simplification de l’installation, l’ouverture du capital "entre professionnels" et la révision des tarifs. Il n’est pas question de revenir sur l’exclusivité des tâches de certaines professions juridiques, ni que la grande distribution vende des médicaments.

5 à 10 milliards de cession de participations de l’Etat

Au chapitre de l’Etat actionnaire, le ministre prévoit de "faire respirer" les participations publiques en procédant à 5 à 10 Milliards de cession sur 18 mois. Comme 4 milliards sont déjà dévolus au désendettement dans le budget 2015, cela laisse 1 à 6 milliards pour investir dans d’autres secteurs ou monter au capital de certaines entreprises déjà détenues. A l’exception de cessions chez Nexter, le ministre n’a pas dévoilé son plan de bataille pour "ne pas provoquer de désordre sur le cours de Bourse des entreprises concernées".

Pour favoriser une utilisation de l’épargne des Français au service de l’économie et retenir les talents, c’est l’actionnariat salarié et l’épargne salariale que le ministre veut revisiter. L’objectif est d’en simplifier l’accès et de revoir la fiscalité qui y est attaché. "Les systèmes d’intéressement sont trop rigides", a estimé le ministre.

Enfin, un certain nombre de mesures concernent les relations sociales, comme le travail dans les commerces le dimanche et en soirée ou une rénovation des prud’hommes. Emmanuel Macron s’est longuement étendu sur une justice dont la lenteur est un problème pour les salariés les plus faibles comme pour les dirigeants des petites entreprises. Le délai de procédure est de 27 mois en moyenne (4 ans à Paris) et seuls 6% des litiges se règlent en conciliation. "Ce n’est pas un sujet pour le patron de grand groupe qui ne connaît même pas le nombre de salariés qu’il a aux prud’hommes, mais c’est un vrai problème pour un patron de TPE. Cette incertitude c’est autant d’investissements qu’il ne fera pas et d’embauches qu’il ne réalisera pas", a expliqué le ministre. Ces deux réformes, qui impliquent les partenaires sociaux, seront menées avec le ministre du Travail François Rebsamen et la garde des Sceaux Christiane Taubira pour les prud’hommes. Le ministre du Transport Alain Vidalies aura aussi son mot à dire sur les questions de transport et de renégociation avec les sociétés d’autoroute (également citées).

C’est toute la difficulté de l’exercice du ministre de l’Economie. Avec un panel d’interventions aussi large le voilà en co-pilotage inter-ministériel sur sa réforme. Mais son souci, il l’affirme, est de ne s’attaquer qu’à des sujets bien identifiés, avec mesure, pour des actions porteuses d’un potentiel de croissance. Et il promet de décliner le mois prochain de nouvelles propositions  après une évaluation précise de leur opportunité. Il rejoint en cela la philosophie de notre nouveau prix Nobel d’économie, Jean Tirole, qui affirme dans une interview au journal Le Monde daté du 16 octobre : "Chaque secteur, chaque acteur, chaque domaine de la vie économique est un cas particulier qui exige que l’on en étudie le fonctionnement avant de se prononcer." Emmanuel Macron fait lui aussi en quelque sorte de "l’économie industrielle"  mais c’est plus compliqué et sans doute moins porteur à Bercy, dans une fonction aussi exposée, que pour un professeur dans une école d’économie.

Anne-Sophie Bellaiche

 

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1 commentaire

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23/10/2014 - 11h51 -

Quand est-ce que M. Macron va créer des emplois? Il y en a peu en France et beaucoup sont payés au smic. Votre texte est si serré qu'il en est difficile à lire. Encore beaucoup de blabla, rien de concret. La politique est un échec en France.
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