Pour les deux usines de Safran en France, Bercy mise sur une issue positive

Fin février, le directeur général de Safran, Philippe Petitcolin, a pointé du doigt des difficultés pour implanter deux usines en France. Depuis, le ministère de l'Economie essaie de débloquer la situation.

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Pour les deux usines de Safran en France, Bercy mise sur une issue positive
En France, Safran est un gros employeur.

La sortie du patron de Safran, le 27 février, n’aura pas été vaine. A l’occasion de la présentation des résultats du groupe aéronautique, son directeur général, Philippe Petitcolin, avait souligné les difficultés rencontrées pour implanter deux nouvelles usines en France. Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir en plus haut lieu. "Il n’y a rien d’insurmontable, glisse-t-on à Bercy, au ministère de l'Economie. Les difficultés rencontrées par Safran avec certaines collectivités locales ont trait à la mise à disposition de terrains. Nous espérons une issue positive rapidement. C’est une question de semaines."

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Des commentaires rassurant qui confirment ceux du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno le Maire, tenus notamment mardi 5 mars lors du salon Global Industrie à Lyon. "Nous sommes là pour répondre aux critiques, a affirmé le ministre. Je vais regarder point par point les problèmes de Safran. Je veux lever tous les obstacles pour que les deux usines qu’il souhaite ouvrir en France soient bien installées ici et pas à l’étranger." Philippe Petitcolin et Bruno le Maire se sont d’ailleurs directement entretenus au téléphone à ce sujet.

Un mur administratif

Une célérité qui s’explique par la singularité du dossier. Numéro deux mondial des équipementiers aéronautique, Safran est un grand groupe de hautes technologies français qui affiche un chiffre d’affaires de 21 milliards d’euros, incluant la contribution de Zodiac acquis en début d’année dernière. En France, le groupe investit régulièrement, à l’image de l’usine de Commercy (Meuse) inaugurée en 2014. Il emploie plus de 44 000 personnes (48 % des effectifs) au total. Et pour soutenir sa croissance, le groupe a besoin d’investir dans de nouveaux sites, et vite.

Reste que Philippe Petitcolin assure se heurter à un mur administratif. "Nous sommes confrontés à un ensemble de difficultés, avait regretté le dirigeant le 27 février. Il y a des gens de bonne volonté dans les ministères, mais dès que l’on descend dans les échelons inférieurs, régionaux, départementaux, puis les communautés de communes et les communes, on rentre dans un ensemble administratif très complexe où chacun se cantonne à ses prérogatives. Je ne vois pas d’appétit en France pour attirer les entreprises. Il y a même plus d’appétits pour les entreprises étrangères que pour les entreprises domestiques, même si ce sont les plus belles du monde".

Un investissement de 300 millions d'euros

Le ministre de l’Economie et des Finances n’est pas le seul à s’être rapproché du patron de Safran depuis le 27 février. "Le téléphone de son bureau a sonné les jours suivant la conférence", confirme une source interne indiquant en particulier des responsables locaux. Il faut dire que l’investissement de Safran est alléchant : il représente un budget total de 300 millions d’euros et devrait à terme générer plus de 300 emplois.

Le risque pour Bercy ? Voir partir cet investissement à l’étranger. Dans le détail, Safran doit lancer un site spécialisé dans la production d’éléments en carbone pour les freins carbone des avions. A défaut de la France, il pourrait être situé aux Etats-Unis ou en Malaisie, où le groupe est déjà présent dans cette activité. Concernant l’usine dédiée à l’impression 3D, la destination privilégiée serait le Maroc, où existe un cluster aéronautique dans lequel cette technologie commence à être mise en œuvre.

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