Transports

Pour le RER NG, Alstom et Bombardier ne seront peut-être pas à l’heure

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La livraison du "contrat du siècle", de 71 à 255 rames de RER pour les lignes D et E, risque de prendre du retard selon les inquiétudes émises par Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France mobilités, lors du baptême d’un tunnelier destiné à creuser le prolongement du RER E sous la Défense.

Pour le RER NG, Alstom et Bombardier ne seront peut-être pas à l’heure
Le futur RER NG produit par Alstom et Bombardier.
© Alstom/Bombardier

La SNCF, qui a passé commande en janvier 2017 de rames RER NG, et Île-de-France Mobilités qui finance "ce contrat du siècle"   commencent à déchanter. Le consortium Alstom (70 %) Bombardier (30 %) risque de ne pas être en mesure de livrer les premiers trains comme prévu début 2021.  

"Je le dis du fond du cœur à Alstom et Bombardier, quand on a la chance d’avoir un contrat de 3 milliards d’euros, on doit être à l’heure dans la livraison", a lancé Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France mobilités mercredi 28 novembre dans son discours pour le baptême d’un tunnelier destiné à creuser le prolongement du RER E sous la Défense.

Dans une conversation avec Alain Krakowitch, le directeur de SNCF Transilien, Valérie Pécresse s’est ensuite inquiétée des signes envoyés par le groupement de fournisseurs. "Chaque semaine, le planning que nous transmet Alstom prend du retard qui, au final, se compte en mois", ont-ils constaté ensemble.

Les trains doivent être à l’heure

Après coup, le patron de SNCF Transilien a cherché à minimiser : "Il y a des dérives sur certaines phases du planning que les deux industriels doivent être en mesure de rattraper sur d’autres", espère-t-il. 

En juin dernier, la sortie la première rame d’essai de ce matériel baptisé X’Trapolis Cityduplex était programmée pour mai 2019. Elle sera assemblée à l’usine Alstom de Petite-Forêt, près de Valenciennes (Nord). Les livraisons doivent s’étaler au rythme de trois rames par mois à partir de 2021.

Valérie Pécresse refuse d’envisager le moindre retard. "Certes, le contrat prévoit des clauses de pénalités, mais je m’en fiche, je veux dire que ce n’est pas la question aujourd’hui. Les trains doivent être à l’heure !"

Interrogé, Alstom répond que "les équipes du Groupement sont mobilisées sur ce projet d’envergure afin de respecter le planning de construction et être au rendez-vous pour le déploiement de ces trains". 

Un contrat qui peut atteindre 3,75 milliards d'euros

L’autorité organisatrice et la SNCF ont choisi d’affecter les premières trains sur la ligne D du RER, avant qu’ils n’équipent ensuite la ligne E dont la mise en service du prolongement ouest est programmée pour 2024 jusqu’à Nanterre.

Le contrat signé avec Alstom-Bombardier, début 2017, peut aller jusqu’à 3,75 milliards d’euros et 255 rames. Il comprend une première tranche ferme de 1,55 milliard d’euros pour 71 rames. Son attribution avait donné lieu à de multiples rebondissements.

Après avoir relancé deux fois le processus, la SNCF et l’autorité organisatrice avaient choisi Alstom-Bombardier au détriment de CAF France réputé moins cher. L’exploitant et le financeur avaient assumé un choix "multicritères" intégrant la capacité industrielle. Ils estimaient le français Alstom et Bombardier avec son usine de Crespin (Valenciennes) les mieux armés pour réaliser dans les temps et sur la durée ce contrat géant. On verra s’ils avaient raison. 

Marc Fressoz 

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