Pour Le Maire, la réforme des retraites est un débat de la présidentielle

PARIS (Reuters) - La réforme des retraites doit faire partie du débat de la campagne pour l'élection présidentielle du printemps prochain en France et le gouvernement ne doit pas se "précipiter à contre-temps", la priorité actuelle restant la lutte contre l'épidémie de COVID-19 alimentée par le variant Delta du coronavirus, a déclaré mardi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

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Pour Le Maire, la réforme des retraites est un débat de la présidentielle
Interrogé sur France 2, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a pour sa part jugé que cette réforme des retraites avait été "clairement renvoyée" après l'élection présidentielle par Emmanuel Macron. /Photo prise le 8 juillet 2021/REUTERS/Benoit Tessier

Dans son allocution télévisée lundi soir, Emmanuel Macron a déclaré que cette refonte du système des retraites, l'une des promesses phares de sa campagne de 2017, devrait être relancée mais uniquement lorsque les conditions sanitaires seraient réunies.

Interrogé sur Franceinfo, Bruno Le Maire s'est lui aussi dit "attaché" à ce projet "totalement pertinent".

"La réforme des retraites est une priorité absolue", a déclaré le ministre de l'Economie. "En revanche, priorité absolue ne veut pas dire se précipiter à contre-temps, alors même que nous avons un combat à livrer, qui est le combat contre la pandémie et contre le variant Delta."

"Il faut savoir en politique faire les choses étape par étape, (...) au bon moment, là le bon moment c'est la lutte contre la pandémie", a-t-il ajouté.

A la question de savoir si les propos d'Emmanuel Macron signifiaient que cette réforme ne pourrait pas être lancée avant l'élection présidentielle du printemps 2022, Bruno Le Maire a répondu: "Il me paraît légitime que sur un sujet qui engage notre avenir collectif, ça fasse partie du débat de la campagne présidentielle."

SE DONNER LE TEMPS NÉCESSAIRE

Jugeant, comme le chef de l'Etat la veille, qu'il faudrait travailler plus longtemps et repousser l'âge de départ à la retraite, Bruno Le Maire a aussi estimé que le gouvernement devait "réfléchir et se donner le temps nécessaire (...) à avoir un système de retraites par points qui soit plus clair, plus simple, plus lisible". "Ayons l'humilité de reconnaître que nous avons échoué à le faire au cours des années passées", a-t-il dit.

Interrogé sur France 2, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a pour sa part jugé que cette réforme des retraites avait été "clairement renvoyée" après l'élection présidentielle par Emmanuel Macron.

"C'est une réforme qui est clairement renvoyée à après la présidentielle et c'est une position de sagesse", a commenté Laurent Berger, favorable à un système de retraites par points mais opposé à une simple mesure de report de l'âge de départ. "On va pouvoir dire ce qu'on pense à l'ensemble des candidats potentiels. Il n'y a aucune voie de passage à l'automne pour une réforme sur les retraites."

Le secrétaire général de la CFDT a également réitéré son opposition à la réforme de l'assurance-chômage, que le président de la République a promis de mettre en oeuvre le 1er octobre.

"Je rappelle que le Conseil d'Etat doit encore se prononcer au fond de cette réforme pour voir si elle est conforme", a dit Laurent Berger, en dénonçant un texte "injuste" et "un petit brin de populisme" dans les propos du président de la République au sujet des chômeurs.

(Reportage Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)

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