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L'Usine de l'Energie

Pour la transition énergétique, le plus dur commence

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Ce mercredi 18 juillet, le Débat national sur la transition énergétique (DNTE) finalise les propositions qu’il remettra au gouvernement. Mais les nombreux désaccords laissent penser que le gouvernement prendra seul ses décisions pour élaborer la loi de programmation énergétique à venir.

Pour la transition énergétique, le plus dur commence © James Wheeler - Flickr - C.C.

Ca y est ! Le Débat national sur la transition énergétique se réunit pour la neuvième et dernière fois ce jeudi 18 juillet. Malgré les remous consécutifs au renvoi de sa chef d’orchestre, l’ex-Ministre Delphine Batho, le "parlement" finalise les 15 recommandations, chiffrées à 2 000 milliards d’euros d’investissements. Elles seront officiellement remises au gouvernement en septembre prochain lors de la conférence environnementale. Alors, le nouveau ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Philippe Martin,  devra les transformer en une proposition de loi de programmation énergétique au printemps 2014.

Désaccord sur la diminution de consommation

Et la tâche s’annonce difficile tant les 15 recommandations sont généralistes et font état de nombreux désaccords. Le principal porte sur la notion d’économie d’énergie, dont le principe général est validé par tous. Pour atteindre le fameux facteur 4 [diminuer par 4 des émissions de CO2 d’ici 2050], les ONG souhaitent que la France s’engage sur une réduction de 50 % de sa consommation d’énergie primaire d’ici 2050. Un cap extrêmement ambitieux qui imposerait à tous, une modification importante des modes de vie, d’autant plus que la démographie française sera durablement croissante.

Mais les représentants des entreprises jugent cet objectif "excessif car contraire à la compétitivité à court terme. Ils proposent de le ramener à un rythme moins élevé, avec une réduction  minimale de -20%", explique le rapport. Un argument qui s’appuie, entre autres, sur le fait que depuis le début de la crise de 2008 la consommation d’électricité par les industriels s’est effondrée de 15 TWh en 2008. Depuis, elle n’a regagné que 3 TWh. Pour les industriels, la diminution de moitié de la consommation d’électricité est synonyme de décroissance.

L’objectif présidentiel remis en cause

L’ex-ministre Delphine Batho avait annoncé que le débat excluait d’entrée deux questions : la diminution à 50 % la part du nucléaire d’ici 2025 et le gaz de schiste. Sur ces deux sujets, les recommandations font  montre de dissensus. Le rapport préconise ainsi de « lancer une étude pluraliste de faisabilité pour préciser les trajectoires permettant d’atteindre les engagements du Président de la République ». Pour Greenpeace, qui a décidé de ne pas participer au débat, c’est une manière déguisée de remettre en cause l’objectif présidentiel.

Sur le gaz de schiste, le rapport s’autorise un contre-sens. Il rappelle que les uns sont pour des recherches sur une possible exploitation et que les autres considèrent que le gaz de schiste retarderait la transition énergétique… Rien de nouveau sous le soleil !  Mais il conclut : "L’ensemble des acteurs s’accorde sur la nécessité de réaliser une étude de l’impact socio-économique (tourisme, emploi, prix de l’énergie) de l’exploitation des gaz de schiste". Réaliser ce scénario sans avoir une approximation du potentiel français et de la localisation des gisements exploitables sera fatalement faux. Pour cela, il faudrait explorer, ce à quoi le gouvernement est formellement opposé afin de respecter son accord avec les Verts. 

Tout le monde repart fâché

Les organisations environnementales sont mécontentes de ces conclusions. Plusieurs jugent qu’il y a des reculs en matière d’éco-fiscalité, sur le diesel, sur le nucléaire… De leur côté, les entreprises sont méfiantes et attendent, sans grand espoir, de voir comment le gouvernement prendra en compte les notions de compétitivité, de sécurité ou d’indépendance. Le Medef affirme même que, sans changement majeur, il refusera d’endosser ce texte. Une exigence qui n’aboutira pas puisque dès l’ouverture du dernier débat le ministre a affirmé que "dans ce texte, rien ne sera retiré, quelle que soit la façon dont la journée se déroule"… Puis il ajoute : "un débat ne remplace pas le gouvernement", manière de dire que l’exécutif ne se contraint en rien par les conclusions du DNTE.

Ludovic Dupin

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2 commentaires

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19/07/2013 - 10h31 -

Si la cause du réchauffement climatique est bien d’origine humaine, elle adviendra, c’est inéluctable : 1,2 milliards d’indiens et 1,3 milliards de chinois ont d’autres urgences que la réduction des gaz à effet de serre… Sans compter l’Afrique émergente et son presque milliard d’habitants… Allez dans ces pays, et pas en touriste s’il vous plait, en confrontation avec la réalité économique et la mentalité locale. Vous vous rendrez compte de l’impossibilité d’une convergence « écologique » et de l’ampleur du potentiel d’émissions au regard du niveau de vie et de la masse de la population. La réalité est la suivante : des milliards de parents vont privilégier d’abord les conditions de vie de leurs enfants et de toute façon il n’y a aucune conscience des enjeux environnementaux… Quand vous ne pouvez pas nourrir correctement vos enfants, les habiller ou les loger le réchauffement climatique est un concept inaccessible a votre niveau de conscience. Ce n’est pas l’Europe, avec 7% de la population mondiale, et encore moins la France, avec moins de 1% qui vont y changer quelque chose. Les positions actuelles sont déraisonnables : Ruiner notre économie pour un résultat global plus que marginal, c’est du suicide.
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18/07/2013 - 11h25 -

Il serait peut-être important de rappeler que la "transition énergétique" a lieu actuellement : cela s'appelle la crise économique.
La crise mondiale actuelle est en effet aussi, si ce n'est avant tout, un monstrueux choc pétrolier qui hélas ne fait que commencer, celui du pic mondial de production (maximum de flux, de débit):
http://blogs.mediapart.fr/blog/yt75/030713/transition-energetique
Et ne pas ou plus être capable de le dire n'y change rien.
Les montagnes de dettes ?
Oui c'est en plus (et accumulées depuis les deux premiers chocs).
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