Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Pour la SNCF, le train de la réforme est au départ

Olivier Cognasse , ,

Publié le

Pour la SNCF, le train de la réforme est au départ

Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe, le 26 février, pour réformer la SNCF ont été entendues d’une oreille attentive par la direction de l’entreprise. À l’instar de son patron Guillaume Pepy, qui déclarait le 28 février sur CNews : « Si on ne change rien, c’est le déclin. » Le gouvernement, inspiré par le rapport Spinetta, a chargé la barque : abandon du statut des cheminots pour les nouvelles embauches, demande d’un nouveau plan stratégique à la SNCF, transformation de SNCF Mobilités en société anonyme, vote d’une loi au pas de charge et à coup d’ordonnances avant l’été. Par contre, la prise en charge de la dette par l’État demeure beaucoup plus nébuleuse, alors qu’elle dépasse 54,5 milliards d’euros dont 46,6 milliards pour SNCF Réseau.

Du côté des syndicats, c’est la soupe à la grimace. Ils sont prêts à engager le bras de fer contre le gouvernement et évoquent déjà « une grève dure ». Sur fonds de bons résultats 2017 – un chiffre d’affaires de 33,4 milliards d’euros en progression de 4,2 %, une marge opérationnelle en hausse de 16 % et 830 millions d’euros d’économies réalisées avec le plan de performance –, le tableau noir dressé par le gouvernement sur la situation de la SNCF a encore plus de mal à passer. Mais sa capacité d’autofinancement reste désespérément faible (55 % en 2017) et la qualité de service largement insuffisante (90 % de taux de ponctualité), notamment en raison du manque d’investissements pour entretenir et régénérer le réseau, durant les Trente glorieuses du tout TGV. Alors jeter en pâture à l’opinion publique le statut des cheminots semble quelque peu déplacé. L’État doit faire face à ses responsabilités, car il est le premier responsable des décisions qui ont été prises (ou non) dans le passé. Pour ne pas ouvrir un second front avec les élus, il n’a pas souhaité inclure le sort des 9 000 kilomètres de petites lignes, mais leur sort n’est pas résolu pour autant.

Au final, le statut de la SNCF a vécu face à la future concurrence, dont les coûts sont souvent inférieurs de 20 à 30 %. Au lieu de passer en force, la concertation doit permettre de définir un nouveau cadre social qui respecte les spécificités et les difficultés de ces métiers (astreintes, horaires décalés…) et éviter un conflit dur qui n’épargnera personne.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle