Pour la pharmacie, réunion sans grand espoir sur le Pacte de responsabilité

Ce 24 septembre se tient la deuxième réunion de la branche pharmacie sur le Pacte de responsabilité. Mais côté patronal, aucun engagement chiffré ne sera pris tant que le gouvernement n’aura pas dévoilé son nouveau budget pour la Sécurité sociale et les économies attendues sur le médicament.

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Pour la pharmacie, réunion sans grand espoir sur le Pacte de responsabilité

Le 10 septembre dernier, le ministre du Travail, François Rebsamen, se félicitait que "trente-trois branches" soient déjà engagées sur des négociations dans le cadre du Pacte de responsabilité. Parmi elles, la pharmacie. Généralement proche de la chimie, un secteur cité en exemple par le ministre pour avoir été le premier - et toujours un des deux seuls, avec la métallurgie - à boucler un accord (lire l’encadré), l’industrie pharmaceutique traîne pourtant des pieds sur ce dossier.

Un pacte contesté par le Leem dès le mois de mai

Dès le mois de mai, les choses avaient mal commencé. Le syndicat des entreprises du médicament, le Leem, avait alors émis ses "plus vives réserves sur l’issue des négociations du Pacte de responsabilité pour la branche". La raison ? Les économies de 3,5 milliards d’euros sur trois ans sur le médicament - dans le cadre d’un plan de 10 milliards d’euros pour l’Assurance Maladie - annoncées fin avril par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Traduction pour les industriels : des baisses de prix et des déremboursements de leurs produits… Donc une érosion de leur chiffre d'affaires. Une mesure de trop pour Philippe Lamoureux, le directeur général du Leem, qui rappelle que le budget 2014 pour la Sécurité sociale économisait déja un milliard d’euros sur le médicament. Or, pointe Philippe Lamoureux : le médicament ne représente que 15% des dépenses de santé et tous les rapports (Gallois, Lauvergeon, Attali…) s’accordent à dire que la pharmacie est une des rares branches dans laquelle la France a encore une carte à jouer.

240 millions d’euros de baisses de charges attendues d’ici 2016

Face à cette évolution de l’activité, "je ne vois pas comment on pourrait s’engager sur l’emploi, alors que l’impact des mesures de baisses de charges et du CICE d’ici 2016 ne devrait pas excéder 240 millions d’euros pour notre secteur", calcule-t-il. La position du Leem avait choqué la FCE-CFDT. Pour cette dernière, "indiquer d’emblée la forte probabilité que ces négociations n’aboutiront sur aucun accord est une aberration au vu de l’enjeu qu’elles représentent, mais aussi une remise en cause de la capacité des partenaires sociaux à négocier. (…) Alors que l’emploi est en baisse, la FCE-CFDT exige du Leem une attitude responsable. Sa stratégie de pression sur le gouvernement concernant les contributions touchant les médicaments ne doit pas être un objet de chantage sur le pacte de responsabilité."

Quatre mois après, les discussions sont au point mort. Lors de la première réunion sur le Pacte, organisée le 18 juin, la chambre patronale s’est contentée d’un état des lieux de la situation économique. Une nouvelle rencontre est prévue ce mercredi 24 septembre. Mais "vu la situation économique du secteur, je ne vois pas ce qu’on va pouvoir négocier", reconnaît un responsable syndical. La situation, ce sont deux années consécutives de recul du marché français du médicament et des plans sociaux qui s’enchaînent dans les laboratoires.

Marier politique industrielle et maîtrise des dépenses de santé

Du côté du Leem, on se dit prêt à échanger sur l’aspect "qualitatif". Alternance, contrat de génération, formations pour assurer de la mobilité professionnelle dans des bassins d’emplois en souffrance ou sur d’autres segments (biotechnologies…) ou filières (agroalimentaire, cosmétique)… "Nous avons des pistes de travail que nous allons soumettre aux organisations syndicales, assure Pascal Le Guyader, directeur des affaires générales, industrielles et sociales du Leem. Mais nous n’allons pas nous engager quantitativement tant que nous n’aurons pas le retour du gouvernement."

Ce qu’attend le syndicat pharmaceutique ? Le budget 2015 pour la Sécurité sociale et les nouvelles mesures d’économies envisagées, prévu début octobre en Conseil des ministres. "Nous avons engagé des discussions et des négociations avec les ministères de la Santé, de l’Industrie, de la Recherche et du Budget, précise Philippe Lamoureux. Ce que nous demandons, c’est de savoir ce qui nous attend sur deux ou trois ans. S’ils marient les enjeux de politique industrielle et de maîtrise des dépenses de santé, ce sont seulement à ces conditions que nous pourrons avancer sur le pacte." Du côté des représentants de salariés, il faudra donc se montrer encore patient.

Gaëlle Fleitour

Beauté et chimie ont déjà dit "oui"

A l’issue d’une réunion paritaire organisée le 9 juillet, la branche chimie a été la première à entériner un accord sur le Pacte de responsabilité. Quatre industries sont concernées : la chimie avec l’UIC, les peintures et colles avec la Fipec, les corps gras avec la FNCG, et la beauté avec la Febea. En contrepartie de baisse du coût du travail, de réductions d’impôts et de simplification de la vie des entreprises, les fédérations disent s’être engagées à recruter 47 000 salariés en CDD-CDI sur 2015-2017, à accueillir 5 000 jeunes par an en alternance d’ici 2017 et à mettre en place le contrat de génération. Un accord signé par la CFDT et la CFTC, mais dénoncé par la CGT, FO et la CFE-CGC, qui contestent les chiffres mis en avant par les signataires.

 

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