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L'Usine de l'Energie

Pour la CGT, Engie gère ses infrastructures gazières "comme un Monopoly"

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Publié le , mis à jour le 01/02/2019 À 07H51

Le 31 janvier, le syndicat CGT d'Engie a alerté sur la pression financière "extrême" placée par le groupe sur ses filiales en charge des infrastructures gazières françaises. Engie a réfuté cet argumentaire qui arrive quelques semaines après une explosion de gaz meurtrière à Paris.

Pour la CGT, Engie gère ses infrastructures gazières comme un Monopoly
Le syndicat CGT d'Engie a alerté sur la pression financière "extrême" placée par le groupe sur ses filiales en charge des infrastructures gazières françaises.
© GRDF - Grégory Brandel

Engie exerce sur ses filiales en charge des infrastructures gazières françaises une pression financière "extrême" qui met à mal leurs missions de service public, a estimé jeudi 31 janvier la CGT, développant un argumentaire réfuté par l'entreprise.

Le syndicat fait valoir que les sociétés concernées, à savoir GRTgaz (réseau de transport de gaz) Storengy (stockage), GRDF (distribution) mais aussi Elengy (terminaux méthaniers, filiale de GRTgaz) versent annuellement entre 1 milliard et 1,5 milliard d'euros de dividendes à leur maison mère, soit plus de 100% de leur résultat net.

Engie "gère ses infrastructures comme un 'Monopoly' "

Engie "gère ses infrastructures comme un 'Monopoly', au gré de ses intérêts financiers uniquement basés sur une vision de court terme pour un profit maximum rapide", avec "une mise en contrainte financière extrême des filiales régulées françaises pour compenser les cessions massives d'activités", a estimé la CGT dans un document remis lors d'une conférence de presse.

Le premier syndicat d'Engie, qui fait ainsi référence au plan de cession de 15 milliards d'euros du groupe sur la période 2016-2018, évoque un allongement des délais d'intervention de sécurité chez GRDF, des investissements insuffisants chez Storengy ces dernières années, la nécessité pour GRTgaz de financer les siens par la dette ou encore les baisses d'effectifs chez Elengy.

Engie réagit

Un porte-parole d'Engie a réagi en soulignant que le groupe exerçait son rôle d'actionnaire "dans le strict respect du principe d'indépendance" des sociétés concernées établi dans le cadre de l'ouverture des marchés de l'énergie, et que ces sociétés définissaient librement leur politique d'investissement, suivant ainsi un code de bonne conduite établi par la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Un porte-parole de GRDF a pour sa part déclaré que, dans le cadre de son contrat de service public, le délai de référence fixé pour l'entreprise était de 95% d'interventions en moins d'une heure, cet objectif étant dépassé avec un taux de 99% actuellement.

Il a aussi souligné que les investissements de la société dans la modernisation et la sécurisation du réseau étaient en constante augmentation (de 302 millions d'euros en 2015 à 320 millions en 2017) et que les dépenses de maintenance, auparavant autour de 100 millions par an, progressaient chaque année depuis 2008 (150 millions en 2018).

Crainte d'ouverture du capital des sociétés

La CGT craint par ailleurs une ouverture du capital de certaines des sociétés en charge des infrastructures gazières, le projet de loi Pacte prévoyant en particulier la possibilité de faire entrer des investisseurs privés au tour de table de GRTgaz (contrôlé à 75% par Engie et à 25% par un consortium composé de CNP Assurances, CDC Infrastructure et la Caisse des dépôts).

La loi Pacte autorisera également l'État à céder sa participation de 24% au capital d'Engie, une éventualité elle aussi redoutée par le syndicat.

Les critiques de la CGT interviennent quelques semaines après l'explosion de gaz meurtrière survenue le 12 janvier rue de Trévise, à Paris, qui a fait quatre morts. Une information judiciaire contre X pour homicides involontaires, notamment, a été ouverte après l'explosion de la rue de Trévise.

Alors qu'Alexandre Vesperini, élu divers droite du VIe arrondissement, a jugé que le réseau de gaz de la capitale était "dans un état de vétusté avancé", GRDF a réfuté ces propos en faisant valoir que la surveillance du réseau se traduisait par plus de 50 millions d'euros investis et 40 km de réseaux renouvelés annuellement "pour assurer son exploitation dans des conditions de sécurité optimale".

Avec Reuters (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)

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