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Pour l'ONG à l'origine du dieselgate, les Etats européens sont trop laxistes

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Transport & Environment, ONG à l'origine des révélations sur les moteurs diesel truqués de Volkswagen, a publié une liste de 30 véhicules récents et homologués malgré de mauvais résultats aux tests d'émission. L'ONG dénonce un laxisme des pays européens, au moment où les ministres de Transport se réunissent justement à Luxembourg  pour tirer les conséquences du dieselgate. 

Pour l'ONG à l'origine du dieselgate, les Etats européens sont trop laxistes
Test pollution à l'Utac Ceram
© Jena Franois Preveraud

Les Etats européens en font-ils assez pour limiter les émissions polluantes des véhicules ? C'est la question que pose le dernier rapport de Transport & Environment (T&E), l'ONG à l'origine des révélations qui ont débouché sur le scandale des moteurs truqués de Volkswagen en septembre 2015. Le document présente les "dirty 30", trente véhicules diesel parmi les plus polluants et qui ont pourtant été homologués par les autorités nationales. 

"Les 30 voitures sur la liste ont des émissions de NOx (monoxyde d'azote) supérieures à ce qui est autorisé en conditions rélles", indique l'ONG, soulignant que les systèmes de dépollution ne s'activent que dans les conditions réunies lors des tests en vigueur dans l'UE. T&E montrait ainsi récemment que ces dispositifs ne fonctionnent pas en-dessous d'une certaine température (souvent bien au-dessus des 9°C de température moyenne dans l'UE), lors d'un redémarrage à chaud du moteur ou d'un trajet d'une durée supérieure à 20 minutes (la durée actuelle du standard de test européen NEDC).

Avec ce nouveau document, l'ONG met davantage en cause les Etats membres de l'UE que les constructeurs. Il est d'ailleurs précisé qu'il ne s'agit pas d'un classement des trente véhicules diesel récents les plus polluants actuellement en circulation mais de ceux pour lesquels les autorités ont accordé l'homologuation alors que leurs émissions en conditions réelles étaient polluantes. Dans cette sélection, on retrouve notamment sept véhicules français : quatre modèles de Renault (Captur, Espace V, Mégane III et Kadjar), la Dacia Sandero, le Peugeot 3008 et le Citroën C4 Picasso.

Selon T&E, afin de protéger l'industrie locale, les régulateurs se montreraient ainsi plus cléments avec les marques nationales ou les constructeurs installés sur place (comme Nissan au Royaume-Uni).

"Les constructeurs automobiles choisissent de jouer à domicile avec un arbitre acquis à leur cause, leur garantissant la victoire mais aussi que les voitures continuent de polluer et que des gens meurent", déplore ainsi Greg Archer, spécialiste des véhicules propres pour T&E. Dans ces conditions, "comment s'attendre à autre chose qu'un Dieselgate quand l'Allemagne certifie Mercedes, la France Renault, le Royaume-Uni Jaguar et l'Italie Fiat ?", s'interroge-t-il.

La sortie de ce rapport intervient au moment où s'ouvre une importante réunion des 28 ministres des Transports ce mardi 7 juin à Luxembourg afin d'évoquer cette question des émissions polluantes et des mesures à prendre. L'Allemagne a ainsi proposé de réfléchir à un système de rotation au niveau des Etats membres pour l'homologation des véhicules. Une solution évoquée par T&E pour sortir de cette situation de favoritisme des régulateurs nationaux envers les marques installées sur leur territoire. 

Le rapport "Dirty Thirty" de Transport & Environment (T&E)

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