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« Pour Facebook, la conversation et la logique de flux doivent remplacer l'e-mail »

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Le réseau social américain a confirmé hier soir son intention de se lancer prochainement sur le marché de la messagerie unifiée, et d'affronter bille en tête Google, qui l'a devancé sur ce terrain. C'est un « pari risqué », selon Arnaud Rayrole, directeur général d'Useo, pour qui cette technologie devrait avoir des répercussions en entreprise en cas de succès.

« Pour Facebook, la conversation et la logique de flux doivent remplacer l'e-mail »

L'e-mail bientôt « has been » ? C'est en tout cas le souhait de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, qui a martelé hier soir devant un parterre de journalistes américains que le nouveau « système moderne de messagerie » présenté par sa société n'est pas un énième webmail, comparable à Gmail (Google), Hotmail (Microsoft) ou Yahoo! Mail... Si l'on en croit le fondateur de ce réseau social, le nouveau service Facebook Message, c'est son nom, prendra en compte les e-mails, mais aussi les SMS et les messages envoyés par messagerie instantanée ou ceux qui sont publiés sur le « mur » des utilisateurs.

Loin du « formalisme » des mails tels qu'on les connaît (Facebook Message ne proposera pas aux utilisateurs, par exemple, de préciser des objets dans leurs messages ou d'ajouter des destinataires en copie), toutes les communications seront agrégées en temps réel dans une grande « conversation » unique (la « social inbox », dans le jargon maison »). Chaque message pourra être diffusé en pressant simplement la touche « Entrée » de son ordinateur, comme c'est déjà le cas sur les « chats ». Et, comme sur Gmail, les utilisateurs pourront visualiser l'historique de leurs conversation avec un interlocuteur avant de répondre.

La logique de flux privilégiée

Pour Arnaud Rayrole, directeur général d'Useo, un cabinet de conseil français spécialisé dans le management des projets ayant trait aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, « Facebook espère faire évoluer notre notion de la communication, qui a jusqu'à présent beaucoup été dictée par l'e-mail ». La différence ? « Tandis que l'e-mail s'inscrit dans une logistique de stock (une personne qui vous adresse un e-mail a la quasi-certitude que vous le lirez un jour), Facebook s'inscrit dans une logique de flux (impossible à lire de façon exhaustive) et fait le pari que la conversation va prendre le dessus sur le mail », estime-t-il.

C'est une « évolution prévisible », selon ce consultant. Il rappelle que « les clients de messagerie actuels, à commencer par Outlook, agrègent déjà les messages, les calendriers, et désormais aussi les fils RSS de réseaux sociaux tels que Linkedin ou Viadeo » et que les dernières années ont été marquées par « l'émergence de nombreux agrégateurs de flux sociaux, comme Tweetdeck et Seesmic ». D'après lui, Facebook Message « est une nouvelle étape dans l'évolution de la communication vers un mode de conversation, qui aura forcément des répercussions sur la façon dont les professionnels interagissent ». Et ce d'autant plus facilement que les salariés sont de plus en plus nombreux à privilégier les réseaux sociaux au détriment des messageries « traditionnelles » : selon les dernières prévisions du Gartner, 20% des échanges entre les professionnels devraient se faire par l'intermédiaire des médias sociaux d'ici 2014.

Des « ruptures » possibles

Reste que Facebook pourrait (comme Google avant lui, avec Google Wave) se heurter à plusieurs difficultés avant de parvenir à imposer une telle évolution des usages. « C'est un pari risqué que de mélanger les conversations avec les vrais messages et on peut se demander comment cette possibilité sera vécue par les utilisateurs, qui se sentent déjà débordés avec les systèmes actuels », relève Arnaud Rayrole.

De plus, si Facebook a prévu d'aider ses membres à prioriser automatiquement les messages provenant d'expéditeurs jugés importants, « on peut se demander s'ils vont accepter de voir Facebook analyser à cette fin le graph social de leurs interactions », conclut-il, en rappelant qu'IBM propose lui aussi depuis peu une fonctionnalité de ce type dans Lotus Connections 3.0. N'oublions pas que le réseau américain (qui revendique 500 millions de membres) « a un passif assez lourd à gérer en ce qui concerne l'utilisation des données privées ».

Christophe Dutheil


 

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