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L'Usine Aéro

Pour Éric Trappier, "l'Inde a besoin du Rafale"

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Entretien Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, précise les priorités du groupe en matière militaire, notamment la vente du Rafale à l’Inde qu’il espère conclure au cours des prochains mois.

Pour Éric Trappier, l'Inde a besoin du Rafale © Dassault Aviation - P. Sagnes

L'Usine Nouvelle - Lancement du Falcon 5X, le Rafale presque vendu à l’export... Le groupe Dassault est-il à un moment charnière de son existence ?

Éric Trappier - Le groupe vit un moment très important. Le lancement d’un avion représente toujours un événement exceptionnel pour un avionneur. Ceci traduit notre forte implication dans le secteur civil où nous réalisons, depuis quatorze ans, en moyenne 70 % de notre chiffre d’affaires. L’arrivée du Falcon 5X n’a pas vocation à modifier cet équilibre, mais à mieux adresser le marché civil. Outre fidéliser les clients, on espère profiter de la reprise du marché et en gagner de nouveaux grâce aux atouts du 5X en termes de consommation, d’autonomie, de taille, de confort et de design cabine, de sécurité...

Et dans le domaine militaire, quelles sont vos priorités ?

Gagner un premier contrat à l’export pour le Rafale. Le contrat indien, qui porte sur la vente de 126 avions, est dimensionnant pour l’entreprise, mais aussi nos partenaires et les 500 PME sous-traitantes du Rafale. Il y aura probablement d’autres tranches de livraison. L’avion répond parfaitement aux besoins opérationnels de l’armée indienne. 

Le numéro deux de l’armée de l’air indienne a annoncé la possible signature du contrat Rafale avant mars 2014. Quelle est votre réaction ?

L’armée de l’air indienne a toujours confirmé son choix et son besoin du Rafale. Nous nous en réjouissons. Il nous reste encore du travail pour conclure le contrat. Nous restons optimistes pour une signature dans les prochains mois. 

Où en sont les négociations ?

Les discussions de définition technique sont acquises, les discussions de partage industriel battent leur plein, que ce soit entre les parties française et indienne ou entre les sociétés indiennes elles-mêmes. On a un partenaire imposé par l’appel d’offres, Hindustan Aeronatics Ltd [HAL], chargé de l’assemblage. On entre dans tous les détails. Cela prend du temps. Cela va jusqu’à la vis de 5, qui est fabriquée localement ! La gestation d’un programme de ce type prend plusieurs années et, vu mon expérience de l’Inde, je peux vous dire que c’est un programme qui se déroule rapidement. Les négociations sont intenses. Les équipes mobilisées des deux côtés ont des journées de travail très chargées et intenses.

"Les contraintes budgétaires pèsent sur la loi de programmation militaire. L’arrivée du premier contrat export sera une bonne nouvelle pour la France, pour Dassault et pour ses partenaires."

Éric Trappier

 

Quelles conséquences aura la signature du contrat sur les usines françaises de Dassault et ses partenaires ?

Alors que les contraintes budgétaires pèsent sur la loi de programmation militaire, l’arrivée du premier contrat export sera une bonne nouvelle pour tous, pour la France ainsi que pour Dassault Aviation et ses partenaires.

Quel sera l’agenda des livraisons ?

Les Rafale seront livrés environ trois ans après la signature du contrat. Les 18 premiers seront produits en France. Les suivants seront assemblés en Inde avec une montée en puissance progressive du pourcentage d’éléments fabriqués sur place.

Votre contrat pour la modernisation des avions Atlantique 2 avec Thales et DNCS préfigure-t-il un rapprochement plus important entre vos sociétés ?

Il n’y a pas de réalité de ce genre. C’est trop tôt. Cette alliance traduit simplement qu’il y a une logique industrielle à travailler ensemble dans le domaine de la maîtrise des systèmes complexes, à développer des méthodes communes. Il n’est pas nécessaire de fusionner pour être efficace.

Vous détenez 26 % de Thales, qui a des parts dans DCNS...

Pour l’instant nous ne discutons pas d’augmentation de notre participation dans Thales et nous sommes très satisfaits de notre partenariat avec l’État, avec lequel nous sommes liés par un pacte d’actionnaires.

Sur les drones, quelle est la stratégie de Dassault Aviation ?

C’est un enjeu majeur pour notre société. Nous voyons un avenir certain pour les drones en Europe. Cela répond à un besoin opérationnel. Dans le domaine des drones de combat, nous ne sommes pas en retard. Nous avons réalisé le démonstrateur nEUROn dans un partenariat entre six pays européens. C’est une réussite. La France et le Royaume-Uni ont confié une étude à Dassault et BAE Systems dans le cadre des accords de Lancaster House pour travailler sur ce sujet. Nous préparons la phase de définition pour ensuite permettre aux États de lancer un programme.

Dans le domaine des drones de surveillance, le retard est criant...

Pourtant, il y a eu des projets européens. Et beaucoup : Drone proposition Euromale, Héron TP de Dassault, Telemos avec Dassault et BAE, Talarion d’EADS... Mais il n’y a pas eu d’adéquation entre l’offre des industriels, la demande des armées et les décisions des États. C’est un fait ! Il y a quelques mois, le ministre de la Défense a décidé d’acheter le Reaper américain pour répondre à un besoin immédiat. Cela ne me fait pas plaisir, mais j’en prends acte. Les industriels ne s’avouent pas vaincus. Avec EADS et Finmeccanica, nous avons décidé de faire une proposition commune aux États.

Avec quelle approche ?

Nous comptons proposer un drone de moyenne altitude-longue endurance (Male) opérationnel après 2020. Aucun budget n’existe pour le moment, mais le projet est très tangible. Avec le démonstrateur nEUROn, les industriels prouvent qu’ils disposent de l’ensemble des technologies. Il ne manque que la volonté des États pour que ce programme se concrétise.

Le prochain avion de combat français naîtra d’une coopération européenne. Qu’est ce que Dassault est prêt à partager ?

Tout ! Sur le nEUROn, nous étions maîtres d’œuvre mais quasiment tout a été fabriqué chez nos partenaires. Certes, le bureau d’études était principalement ici à Saint-Cloud [Hauts-de-Seine], mais des ingénieurs suédois, français, italiens, espagnols, suisses et grecs travaillaient sur ce projet. Notre souci est de conserver notre cohérence de bureau d’études et notre savoir-faire, mais nous sommes prêts à coopérer.

Propos recueillis par Thibaut de Jaegher, Olivier James et Hassan Meddah

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