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Pour EDF, les diesels de secours du parc nucléaire sont fiables

Ludovic Dupin ,

Publié le

Dans une note interne d’EDF, les groupes électrogènes d’ultime secours sont jugés en mauvais état. Face à la polémique, l’électricien assure que ces outils sont testés chaque mois avec des taux de démarrage très satisfaisant.


Un moteur diesel d’ultime secours dit "SBO" en cours d'installation à l'EPR de Flamanville - EDF

Le Journal de l’énergie révélait le 11 mars un document interne à EDF portant sur les groupes électrogènes de secours. Selon cette note, aucun diesel du parc nucléaire français n’est dans un état correct, leur état est jugé selon les cas "à surveiller", "dégradé", voire "inacceptable".

Inquiétant quand on sait que ces outils, de la taille d’un bâtiment, sont censés assurer l’approvisionnement en électricité d’une centrale en cas d’accident afin de maintenir le refroidissement des combustibles. C’est l’indisponibilité de ces diesels de secours, noyés par le tsunami, qui a entraîné la catastrophe de Fukushima au Japon.

Du côté de l’électricien, on cherche à calmer les esprits appelant à ne pas lire cette note interne sans recul. A l’occasion d’un déjeuner de la Société Française d’Energie Nucléaire avec quelques journalistes, Dominique Minière, directeur exécutif en charge du parc nucléaire chez EDF, assure que les groupes électrogènes sont surveillés de très près.

L’ASN ne lance pas d’alerte

Chacun est démarré une fois par mois. "Nos diesels sont très disponibles. Leur taux de disponibilité est dix fois supérieur à la moyenne internationale", assure-t-il. Interrogé sur France Info, Philippe Sasseigne, directeur de la production nucléaire d’EDF, explique que le terme "dégradé" recouvre des écarts faibles par rapport à un état "correct" comme un suintement sur un réseau d’huile ou un manque de quelques dizaines de litres sur un réservoir de 90 000 litres.

L’autorité de Sûreté nucléaire (ASN), qui n’a pas pour l’habitude d’être laxiste avec l’électricien national, n’a pas tiré de signal d’alarme sur ce sujet. Mais cette nouvelle affaire est un nouveau couac pour l’entreprise qui connaît un mois de mars agité entre la démission de son directeur financier Thomas Piquemal en désaccord avec la stratégie du groupe, les attaques des voisins européens sur les centrales frontalières ou encore le manque de visibilité donné par le gouvernement sur l’avenir du parc nucléaire.

Ludovic Dupin

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