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Pour CGG, il n'y a aucune synergie possible avec Technip

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Si CGG n’a pas pris la parole depuis l’offre de rachat de Technip, le groupe continue à justifier le refus du rapprochement des deux sociétés. Il juge qu’il s’agit plus d’un raid financier que d’un véritable plan industriel.

Pour CGG, il n'y a aucune synergie possible avec Technip © Lionel Allorge - Wikimedia

Le 20 novembre, Technip révélait avoir proposé de racheter son compatriote CGG, spécialiste de la géophysique, pour 1,5 milliard d’euros. Immédiatement après, ce dernier rédigeait un communiqué : "CGG confirme avoir été approché de manière non sollicitée par Technip en vue d'un rapprochement potentiel. CGG  a considéré que les conditions n'étaient pas réunies pour y donner suite". Depuis ni Jean-Georges Malcor, directeur général de CGG, ni aucun dirigeant du groupe n’a pris la parole.

Une agression

"Nous avons été agressés", justifie un proche du dossier. De son côté, Technip nie le caractère hostile de sa démarche rappelant que Thierry Pilenko a appelé la direction de CGG dès le 10 novembre pour expliquer sa démarche et est venu porter son offre en personne, le 12 novembre.

"Il y a un monde entre Technip et nous. Aucun appel d’offres n’a jamais concerné en même temps nos deux sociétés", explique un responsable de CGG. "Nous ne voyons aucune synergie à court terme. Technip est intéressé par nos deux bijoux". A savoir, Sercel, la filiale de fabrication d’équipements techniques qui affiche 65 % de parts de marché mondiale et la branche d’imagerie et de géologie qui affiche des marges supérieures à 20 %. Quant à la troisième activité, celle d’acquisition à terre et en mer, qui compte en particulier une large flotte de bateaux, Technip explique vouloir s’en séparer après l’avoir consolidée.

Une ambiance de consolidation

"Le projet de Technip est de démanteler CGG pour garder ses deux perles et se débarrasser de l’activité acquisition", regrette-t-on chez le spécialiste de la sismique. Technip affirme, pour sa part, que son projet est de "de créer un acteur mondial de premier rang dans les services parapétroliers (…) Ce projet porte sur l’intégration et le développement au sein de Technip des activités de réservoir et de traitement de données, ainsi que d’équipements sismiques de CGG".

L’ambiance de consolidation du secteur parapétrolier mondial, illustré aux Etats-Unis avec le rachat de Baker Hughes par le géant Halliburton, donnerait plutôt raison à Technip. Rapprocher des sociétés pour atteindre une taille suffisante est indispensable afin de répondre à l’exigence croissante des grands groupes en matière d’économies sur leurs grands projets.

A la recherche d’un groupe intégré

D’ailleurs l’Etat, actionnaire significatif des deux groupes, s’est dit favorable à ce rapprochement dans la mesure où il donne naissance à un nouveau champion tricolore. Mais dans un second temps, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, interrogé par Bloomberg, s’est montré plus réservé parlant d’un sujet sensible et appelant les deux acteurs à discuter. Chez CGG, on veut y voir un souci du ministre concernant les questions d’emplois.

A Massy (Essone), "dans la circonscription de Manuel Valls" rappelle-t-on chez CGG, environ 400 salariés travaillent sur la branche acquisition dont Technip voudrait se séparer. "A court terme, il y aura de la destruction de valeur et un risque pour l’emploi de 300 à 400 personnes. Le deal nous apparaît comme un raid financier et pas comme une stratégie industrielle", affirme un membre de la direction. De son côté, Technip y voit une véritable possibilité de créer un vaste groupe intégré qui irait du réservoir géologique jusqu’à la transformation de la molécule carbonée dans des raffineries ou des sites pétrochimiques.   

Ludovic Dupin

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