L'Usine Energie

Pour Alstom, le rachat s'accélère

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Bouygues est sorti de son mutisme pour s’opposer aux visées de MHI sur Alstom. General Electric présentera la dernière mouture de son offre demain, jeudi 19 juin. Le comité ad hoc d’Alstom donnera sa recommandation au conseil d’administration vendredi... Le sprint final pour le rachat d’Alstom est lancé.

Pour Alstom, le rachat s'accélère © Eric Lamperti - Alstom

Sommaire du dossier

L’offre de Siemens, finalement MHI-Siemens, était attendue depuis fin avril et les premiers signes d’agacement du gouvernement français face aux visées de General Electric sur Alstom. Sa présentation, mardi 17 juin, a lancé le sprint final pour le rachat de l’industriel français. L’arrivée est toujours prévue au plus tard le 23 juin, date d’expiration de l’offre de GE.

Bouygues a été le premier à démarrer en annonçant mardi en fin de soirée qu’il souhaitait "rester un actionnaire de long terme d’Alstom, à hauteur de 29,3%", soit le niveau actuel de sa participation. Le premier actionnaire d’Alstom claque ainsi la porte au japonais MHI, qui a proposé de reprendre une partie des actions de Bouygues pour monter jusqu’à 10% du capital d’Alstom. Et par là même à Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie, qui envisageait une montée symétrique de l’Etat au capital.

MHI face au refus de Bouygues

"D’une certaine façon, l’offre Siemens-MHI est morte", estime une source proche du dossier. MHI pourrait peut-être se passer de prendre 10% d’Alstom et maintenir sa proposition de prises de participations minoritaires dans les activités vapeur, hydro et réseaux. Mais la réaction de Bouygues augure bien mal de l’accueil que pourraient réserver les actionnaires d’Alstom à l’offre germano-nipponne.

General Electric a pris la roue du bétonneur ce mercredi 18 juin dans la matinée en annonçant qu’il présenterait la nouvelle mouture de son offre demain jeudi. Le PDG de GE, Jeff Immelt, devrait être reçu par le gouvernement en milieu de journée. Il rencontrerait les syndicats d’Alstom dans l’après-midi.

L’américain devrait préciser les pistes qu’il avait proposées le 29 avril au président de la République pour répondre aux préoccupations du gouvernement : sur l’emploi, sur la formation d’alliances à propos de certaines activités du groupe français, sur son implication du fabricant des Arabelle dans la filière nucléaire française et sur le renforcement de la branche Transport. GE envisagerait même de céder son activité dans la signalisation ferroviaire à Alstom.

Satisfecit prévisible du gouvernement

Après s’être imposé dans le dossier par la voix de son ministre de l’Economie, le gouvernement ne pourra pas se passer, demain, d’un avis sur l’offre de l’américain. Un beau numéro d’équilibriste en perspective : si le satisfecit est prévisible afin de créditer Arnaud Montebourg d’une amélioration de cette offre, celle-ci ne devrait guère avoir évolué sur le fond. Sans compter qu’il faudra bien ménager Siemens.

Le comité d’administrateurs ad hoc nommé par Alstom pour examiner les offres de rachat n’aura pas les mêmes contraintes. Il devrait faire ses recommandations au conseil d’administration vendredi après-midi. Il restera tout de même à trancher...

Manuel Moragues

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1 commentaire

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18/06/2014 - 22h11 -

C'est bête d'avoir un projet qui pourrait sans doute sauver cette entreprise et dans le même temps devoir vendre celle ci à nos concurrents qui pourront ainsi, faute d'avoir pu trouver dans le pays les compétences administratives capables d'orienter correctement ce projet, bénéficier du savoir faire de l'entreprise et d'un projet de développement international ? Il faudra quand même bien un jour, se poser la question de la compétence de ceux qui veulent nous gouverner !
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